Le gouverneur de la Banque de France assure que les prix n'ont pas augmenté à cause de l'euro

Le gouverneur de la Banque de France assure que les prix n'ont pas augmenté à cause de l'euro

Francois Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, en novembre 2018. REUTERS/Toru Hanai

Pour le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, il n'y a pas de doute : l'introduction de l'euro n'a pas affecté le pouvoir d'achat des Français. Il a même permis de l'améliorer, selon lui. "L’euro a contribué à protéger le pouvoir d’achat des Français. Depuis 20 ans, le pouvoir d’achat a en moyenne augmenté de 20%", a-t-il assuré le 2 avril au micro de France Inter. Dans le cadre de sa lettre annuelle adressée au président de la République, que 20 Minutes a pu consulter, il dresse le même constat et vante les mérites de la monnaie unique, qui fête ses 20 ans.

"Dans la perception des Français, le passage à l’euro s’est accompagné d’une hausse des prix significative", remarque-t-il, avant d'ajouter : "depuis 1999, les prix augmentent nettement moins vite en France (…), seulement 1,4 % par an en moyenne". Une assertion confirmée par l'Insee, qui précise que l'inflation était supérieure lors des 15 années précédant l'adoption de l'euro, de "2,1% en moyenne entre 1986 et 2001".

Capture d'écran d 'un graphique de l'Insee montrant l'évolution des prix à la consommation depuis les années 1950. Insee

François Villeroy de Galhau estime ainsi que les objectifs de l'euro, concernant une plus grand stabilité des prix et des changes, "ont été atteints". La perception erronée de l'inflation s'explique selon lui notamment par le fait que "les consommateurs accorderaient plus d’importance aux prix en hausse qu’aux prix en baisse ou stables".

L'Insee estimait déjà en mai 2017 que "la divergence accrue entre mesure et perception pourrait résulter de ce que les ménages ont gardé ancré dans leur mémoire le dernier prix connu en francs". L'Institut national de la statistique et des études économiques prend l'exemple de la baguette de pain : les Français "auraient tendance à comparer son prix actuel à son dernier prix de 2001, d’en moyenne un peu plus de 4,30 francs (0,66 euro)", sans prendre en considération la hausse globale des prix. Ce qui n'empêche pas la baguette d'avoir effectivement légèrement plus augmenté que l'inflation depuis l'arrivée de l'euro.

Capture d'écran d 'un graphique de l'Insee. Insee

Le sentiment que l'euro a pénalisé le pouvoir d'achat pourrait aussi s'expliquer par la hausse des dépenses "contraintes" des ménages, qui ont beaucoup augmenté depuis les années 60 en raison notamment de la hausse du coût du logement et de la multiplication des factures à payer (électricité, téléphonie, assurance, mutuelle...), pour atteindre près de 30% du revenu disponible aujourd'hui.

Mais François Villeroy de Galhau relève que le pouvoir d’achat par unité de consommation, qui intègre la composition des foyers, "a progressé en cumulé de 16 %" depuis 1999, rapporte 20 Minutes. Toutefois, depuis 2008 et la crise financière, cette progression est presque nulle, de 0,1% seulement, précise le magazine LSA.

Le gouverneur de la Banque de France n'en démord pas, toujours sur France Inter : "L’euro est un vrai succès populaire. Il est soutenu par 72% des Français qui veulent le garder comme leur monnaie."

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  1. arnold

    Encore un qui ne doit pas faire souvent les courses !!!

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