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Le Huawei P40 utilisera par défaut le moteur de recherche français Qwant... mais seulement en France

Le Huawei P40 utilisera par défaut le moteur de recherche français Qwant... mais seulement en France
Richard Yu, le PDg de Huawei, lors de la présentation en ligne du nouveau P40 de Huawei, qui intégrera par défaut le moteur de recherche Qwant en France. © Capture d'écran YouTube/Huawei

Qwant, le moteur de recherche français, sera disponible par défaut sur le nouveau smartphone P40 de Huawei, a annoncé l'entreprise ce jeudi 26 mars, à l'occasion de la présentation en ligne sur YouTube du nouveau produit de la marque chinoise. Mais cet accord ne concerne que la France. En Italie et en Allemagne, l'application Qwant sera pré-installée sur le produit — comme en France — mais "le navigateur préconisera aux utilisateurs de choisir Qwant parmi d'autres moteurs de recherche proposés à la première ouverture", sans cette fois l'imposer par défaut, nous a précisé l'entreprise française dans un tweet. Les différents modèles de la gamme Huawei P40 seront disponibles dès le 21 avril prochain.

Cet accord commercial demeure une excellente nouvelle pour l'entreprise française fondée en 2013, qui a reçu de nombreux fonds publics, mais sans parvenir à obtenir des résultats commerciaux probants. En début d'année, une aide est venue de l'administration française qui a décidé d'installer par défaut le moteur de recherche français Qwant sur ses postes de travail. Cette décision a d'ailleurs d'abord été prise pour aider l'entreprise à augmenter sa part de marché qui reste très faible. Il faut dire que Qwant a réalisé moins de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019, alors que l'entreprise emploie 150 salariés. Le moteur de recherche a toujours essayé de se démarquer des géants de la tech en défendant une position de respect de la vie privée en Europe, en n'installant aucun cookie sur le navigateur de l'internaute, et en ne conservant pas d'historique des requêtes effectuées.

Une page définitivement tournée chez Qwant

Pour l'instant, cette stratégie ne paie pas. Le marché des moteurs de recherche est dominé à plus de 90% par le géant Google. Qwant estime sa part à plus de 4%, mais les sites Statscounter et Similar Web lui attribuent des parts de marché inférieures, autour de 1%. Qwant est donc à la recherche de tout débouché commercial, son talon d'Achille depuis sa création en 2013.

Le nouveau président du moteur de recherche français Qwant, Jean-Claude Ghinozzi, juge "prioritaire" la recherche de l'indépendance vis-à-vis de Microsoft, qui fournit encore une partie des résultats des requêtes des internautes sur Qwant. Jean-Claude Ghinozzi revendiquait en début d'année "délivrer plus de 70% de résultats" de recherche sur la base de ses propres index et algorithmes, si l'on inclut à la fois les recherches sur le web (les sites internet), les réseaux sociaux, les images, les vidéos et les actualités. Si l'on ne considère que les recherches sur le web, Qwant "a aujourd'hui dépassé la barre des 50%" et la proportion continue de monter, selon lui. En effet, Bing, le moteur de recherche de Microsoft, fournit encore les résultats que Qwant ne peut encore apporter. Il ne peut toutefois tracer les utilisateurs de Qwant, puisque le moteur de recherche français ne garde pas les données de ses utilisateurs.

Qwant a été fondé en 2013 par son dirigeant historique Eric Leandri et des partenaires privés, rejoints plus tard par le groupe de médias allemand Axel Springer puis la Caisse des dépôts. Ces deux groupes ont accepté de remettre au pot, environ une dizaine de millions d'euros mais Eric Leandri, qui reste un des principaux actionnaires, a dû accepter de céder les commandes à Jean-Claude Ghinozzi. Tristan Nitot, VP Advocacy puis directeur général par intérim pendant quelques mois, vient également de quitter l'entreprise, a-t-il indiqué dans un message. "Le cœur n’y était plus". Une page s'est définitivement tournée chez Qwant.

Business Insider
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