Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Le Kremlin a investi des 'centaines de millions' dans Twitter et Facebook à travers Yuri Milner

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Le Kremlin a investi des 'centaines de millions' dans Twitter et Facebook à travers Yuri Milner
© Getty
  • Les "Paradise Papers" montrent que le Kremlin a investi des millions dans Twitter et Facebook via deux grandes entreprises publiques.
  • L'argent a été investi à travers Yuri Milner, un investisseur tech milliardaire, Russo-Américain, également associé avec le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.
  • Milner a vendu ses parts dans les deux entreprises il y a plusieurs années et n'a pas de connection apparente à la propagande russe durant la campagne électorale américaine de 2016.
  • Pourtant les révélations ont leur importance, puisque comme un expert le dit, "les institutions liées au Kremlin font des investissements avec des intérêts stratégiques en tête."

Une nouvelle fuite de documents révèle que le Kremlin a investi des millions de dollars dans Twitter et Facebook à travers un associé du conseiller et gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner.

D'après les "Paradise Papers" — une mine de plus de 13 millions de documents internes exposés ce 5 novembre qui montrent comment les plus riches utilisent des paradis fiscaux offshore — deux entreprises publiques russes proches de Vladimir Poutine ont investi de l'argent dans Facebook et Twitter à travers l'investisseur tech russo-américain, Yuri Milner.

Milner possède actuellement une part dans un projet immobilier qui a été fondé et est en partie détenu par Kushner. Lorsque Kushner a rejoint l'administration Trump, il avait omis de révéler ses parts dans le projet.

La banque publique russe VTB a donné à Milner 191 millions de dollars (164 millions d'euros) pour investir dans Twitter, d'après l'International Consortium of Investigative Journalists, qui a obtenu les Paradise Papers. La banque, d'après le New York Times, a fréquemment fait des "accords politiques stratégiques."

Des documents montrent aussi que Gazprom Investholding, la branche financière de l'entreprise d'énergie Gazprom détenue par l'État, a soutenu une entreprise affiliée à Milner qui possédait une participation d'environ 1 milliard de dollars dans les actions de Facebook, peu avant que l'entreprise entre en bourse en 2012.

Gazprom est une des plus grandes entreprises d'énergie en Russie et Poutine aurait une influence significative sur la firme remplie d'alliés et associés du leader Russe.

Après ces opérations, Milner contrôlait près de 8% de Facebook et 5% de Twitter, d'après le Times. Il a vendu ses parts dans les deux réseaux sociaux, il y a quelques années, et il n'y a pas de preuves qu'il soit impliqué dans l'immense campagne de propagande de la Russie sur les deux plateformes pendant l'élection présidentielle américaine de 2016. Il a aussi dit à l'ICIJ qu'il n'était pas au courant de l'implication de Gazprom Investholding dans ses investissements, et qu'aucune de ses transactions n'était liée à la politique.

Les intérêts commerciaux et les intérêts de l'État 'vont de pair' en Russie

Vladimir Poutine. Mikhail Klimentyev/Pool Photo via AP, File

Malgré cela, les révélations que deux entités majeures, détenue par l'État russe, ont cherché à avoir des participations financières dans Facebook et Twitter ont leur importance.

"Les institutions liées au Kremlin investissent avec des intérêts stratégiques à l'esprit — pas seulement des intérêts commerciaux mais des intérêts pour l'Etat aussi," a confié Michael Carpenter, qui a été directeur russe du Conseil de Sécurité National pendant l'administration Obama, au Times hier. "Ils vont de pair."

Carpenter a ajouté que les oligarchies russes qui reçoivent un soutien financier des banques russes doivent être au dessus d'un certain "seuil politique, ce qui veut dire qu'un tel soutien requiert l'approbation explicite ou tacite de ceux à la tête du système capitaliste de connivence russe."

Facebook et Twitter sont au cœur du débat public aux Etats-Unis ces dernières semaines, après avoir révélé en septembre que des "trolls" russes avaient utilisé la plateforme pour organiser des rassemblements clivants et faire de la désinformation dans le but de semer la discorde au sein du public américain avant les élections. La semaine dernière, les conseillers juridiques représentant les deux entreprises et Google ont témoigné devant les commissions du Congrès américain à propos de l'ingérence de la Russie durant les élections.

Dans le cadre de leurs enquêtes sur l'ingérence de la Russie, les commissions du Congrès et le FBI cherchent aussi à savoir si les Russes ont reçu l'aide de membres de la campagne de Trump. Brad Parscale, qui a été le directeur digital de sa campagne, a témoigné devant la commission dans une session privée fin octobre.

Kushner, qui a piloté les activités data avec Parscale pendant la campagne, intéresse aussi la commission et le conseiller spécial Robert Mueller.

Version originale: Sonam Sheth/Business Insider