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Le lancement du très attendu télescope spatial James Webb est encore retardé

Le lancement du très attendu télescope spatial James Webb est encore retardé
Le miroir principal du très attendu télescope spatial James Webb de la NASA. © NASA

Le lancement du très attendu télescope spatial James Webb de la NASA était prévu pour mars 2021, mais il devra finalement se faire plus tard. Mercredi 10 juin 2020, à l'occasion d'une visioconférence du National Academies' Space Studies Board, Thomas Zurbuchen, administrateur associé de la Direction des missions scientifiques de la NASA, a déclaré : "nous ne lancerons absolument pas en mars. [...] Ce n'est pas parce que quelque chose s'est mal passé. Ce n'est la faute de personne ou d'une quelconque mauvaise gestion". Comme de nombreux autres projets, le développement du puissant télescope a pris du retard en raison de l'épidémie mondiale due au coronavirus, entraînant une perte de temps de travail supplémentaire.

Thomas Zurbuchen a ainsi ajouté : "cette équipe est restée sur ses gardes et a poussé le développement du télescope à la vitesse maximale possible. Mais nous avons perdu du temps." En raison de cas positifs au Covid-19 autour du site — mais "pas sur le site", a-t-il précisé —, tout le personnel dédié n'était pas disponible. Au lieu d'avoir deux équipes complètes travaillant sur le télescope, "peut-être que nous n'avions qu'une seule équipe" complète, a-t-il indiqué.

Mais les préparatifs pour le lancement de James Webb, censé remplacé le télescope spatial Hubble en orbite depuis déjà 30 ans, avaient déjà pris du retard avant même la crise sanitaire. Et ce, depuis le début du projet. En effet, le James Webb devait initialement être lancé il y a déjà dix ans, avec un coût de développement avoisinant le milliard de dollars. Mais d'après un rapport gouvernemental publié en janvier 2020, les estimations actuelles portent le coût de développement de James Webb à 9,7 milliards de dollars et il pourrait être en réalité supérieur à ce montant. Ce même rapport indiquait également qu'il n'y avait que 12% de chances que le puissant télescope de la NASA soit réellement lancé comme prévu en mars 2021.

Une des raisons techniques expliquant ce retard trouve son origine dans la complexité même du miroir de 6,5 mètres du télescope — ce dernier ne peut être déployé qu'une fois que l'engin a atteint une orbite d'environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. La NASA a eu des difficultés pour effectuer des tests de fiabilité et de sécurité sur Terre, dans des conditions (température, pression, microgravité) semblables à celles de l'espace.

Le télescope James Webb balayera le ciel dans des longueurs d'onde plus longues et un peu différentes de son prédécesseur Hubble, allant du visible au mi-infrarouge, tandis que Hubble pouvait voir de l'ultraviolet à l'infrarouge proche. Il devrait pouvoir regarder plus loin, y compris des galaxies du début de l'Univers, qui demeurent invisibles pour Hubble. Cela devrait lui permettre d'étudier chaque phase de l'histoire de l'univers pour apprendre comment les premières étoiles et galaxies se sont formées, comment les planètes naissent et où il pourrait y avoir des formes de vie dans l'univers. Il s'agit d'un instrument scientifique très attendu, car il pourrait faire avancer de nombreux domaines de l'astronomie, comme par exemple la recherche sur les exoplanètes.

Dans un post de blog, la NASA explique que le télescope James "Webb aura la capacité d'observer ses cibles dans l'infrarouge moyen, qui est invisible pour l'œil humain, mais avec une sensibilité largement supérieure à celle de tout autre observatoire jamais construit. Cela signifie que Webb sera sensible à une classe de planètes qui n'a pas encore été détectée. Plus précisément, des planètes semblables à Saturne, avec une très grande séparation orbitale de leur étoile hôte, pourraient être à la portée de Webb."

L'administrateur associé de la Direction des missions scientifiques de la NASA Thomas Zurbuchen reste tout de même confiant quant à un lancement en 2021, à bord d'une fusée Ariane 5 depuis le site de Kourou, en Guyane française. Il a ainsi conclu : "je suis très optimiste quant à un lancement en 2021".

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