Le gratin de l'univers de la blockchain et des crypto-monnaies est convié à Paris la semaine prochaine, à l'occasion du Paris Blockchain Week Summit, qui se tiendra les 16 et 17 avril à Station F. Pas moins de 1 500 professionnels français et étrangers sont ainsi attendus. Cet événement est "une opportunité inédite de faire de Paris la capitale européenne des levées de fonds en crypto-actifs et des technologies blockchain", estime Kat Borlongan, directrice de la Mission French Tech, l'un des organisateurs de l'événement. Autrement dit, l'objectif est de "dérouler le tapis pour les grands acteurs internationaux du secteur", explique à Business Insider France Michaël Amar, également organisateur, et co-fondateur de Chain Accelerator, un accélérateur pour les startups de la blockchain.

Selon lui, "2019 est une année charnière", celle où les mastodontes de la blockchain et du monde des crypto, comme la plateforme d'échanges d'origine chinoise Binance, vont chercher à développer les usages autour de leur technologie. A cet égard, la loi Pacte, adoptée ce jeudi 11 avril, offre enfin un cadre juridique aux levées de fonds en crypto-monnaies (ICO) ou via des tokens (jetons) échangeables en crypto-monnaies, ce qui signifie une reconnaissance officielle de cette nouvelle économie.

"Si la France légalise les tokens, c'est un passeport pour toute l'Europe", estime, optimiste, Michaël Amar. "Les entreprises étrangères du secteur ont tendance à se tourner plutôt vers Malte ou d'autres capitales européennes comme Amsterdam pour leurs projets en Europe", note-t-il. Ce sommet est donc une façon d'envoyer des signaux au reste du monde pour montrer que Paris et la France sont prêts à accueillir les grands acteurs de la blockchain.

L'écosystème n'est toutefois pas au meilleur de sa forme. En effet, la société américaine Consensys, fondée par l'un des créateurs de la blockchain Ethereum, a annoncé début décembre le licenciement de 13% de ses effectifs. De même, Bitmain, le géant chinois du minage de crypto-monnaies, compterait diminuer d'au moins 50% le nombre de ses salariés. 

La chute vertigineuse des crypto-monnaies, dont la première d'entre elle, le bitcoin, qui avait atteint un sommet fin 2017, a considérablement réduit les moyens financiers dont dispose le secteur. Beaucoup d'entreprises restent toutefois intéressées par la blockchain en elle-même, loin de la spéculation entourant les crypto-actifs. 

Plusieurs sociétés du CAC 40, à l'image de Carrefour ou d'Axa, ont déjà recours à cette technologie, en raison notamment de ce qu'elle apporte sur la traçabilité des produits et des transactions. Les débouchés pourraient donc se multiplier pour les acteurs du secteur dans les mois et années à venir. "D'ici l'an prochain, on devrait voir des chief blockchain officers dans toutes les grandes sociétés du CAC 40", prédit Michael Amar.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Un rapport remis à Bruno Le Maire préconise de ne pas réguler les crypto-monnaies en raison d'un triple danger

VIDEO: Une chercheuse spécialiste du sport déconseille l'exercice le plus répandu pour travailler ses abdos