"A mon avis, Pluton est une planète", a déclaré l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine, lors d'une visite du bâtiment des sciences de l'ingénierie aérospatiale de l'Université du Colorado à Boulder, rapporte le site Science Alert. "Vous pouvez écrire que l'administrateur de la NASA a déclaré que Pluton est une planète une fois de plus. Je m'y tiens, c'est comme ça que je l'ai appris, et j'y suis attaché", a-t-il ajouté. Contrairement à ses prédécesseurs, Jim Bridenstine, nommé à ce poste par le président Donald Trump en 2017, n'a aucune formation scientifique ou de grande expérience militaire ou scientifique. 

Cette déclaration du numéro 1 de la NASA, qui intervient 13 ans jour pour jour après que l'Union astronomique internationale (UAI) a déclassé Pluton comme une des planètes du Système solaire, relance les discussions sur le statut de Pluton. L'UAI avait déclaré en août 2006 que Pluton était une planète naine et non une planète à part entière comme Mars, Mercure ou encore la Terre, car elle ne remplit pas l'une des conditions nécessaires pour entrer dans cette catégorie selon la définition de l'UAI. 

Certes, Pluton est un corps céleste qui orbite autour du Soleil et "a une masse suffisante pour que sa gravité l'emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique, sous une forme presque sphérique", mais elle n'a pas "éliminé tout corps susceptible de se déplacer sur une orbite proche". Autrement dit, sa force gravitationnelle n'est pas assez importante pour repousser au loin les corps autour ou au contraire les agglomérer.

Pluton était la seule 'planète' découverte par un Américain

A l'époque, cette déclassification de Pluton avait fait l'objet d'une forte opposition au sein de la communauté des scientifiques, avec comme chef de file Alan Stern, responsable de la mission New Horizons de la NASA, dont l'objectif est l'étude de Pluton et de ses satellites. Des centaines de chercheurs en planétologie avaient ainsi signé une pétition pour que l'UAI revienne sur sa décision et redonne le statut de planète à Pluton. 

Les défenseurs de Pluton comme planète ont fait remarquer que seuls 424 sur près de 9 000 membres de l'Union astronomique internationale ont voté sur la résolution, que Pluton a beaucoup d'autres caractéristiques la définissant comme une planète à part entière (une atmosphère propre à plusieurs couches, des composés organiques, un climat, des lunes etc.) et enfin, qu'il existe d'autres planètes qui n'ont pas totalement nettoyé leur environnement des corps qui sont sur une orbite voisine (on retrouve notamment de nombreux astéroïdes situés près des orbites de la Terre ou de Jupiter).

Interrogé sur la déclaration de l'administrateur de l'agence spatiale américaine, Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du Système solaire au Centre national d'études spatiales (CNES), a estimé qu'il s'agissait "d'un sujet hypersensible aux Etats-Unis", car Pluton était la seule 'planète' du Système solaire découverte par un Américain, Clyde William Tombaugh, en 1930. Ceci explique pourquoi cette histoire "a une forte résonance aux Etats-Unis".

L'expert du CNES a indiqué que la définition votée en assemblée générale par l'UAI en 2006 avait "permis de clarifier les choses, puisqu'avant, tout ce qui tournait autour du Soleil pouvait être assimilé à une planète". Et d'ajouter : "ce qui s'est passé en 2006 rappelle un problème qui s'était déjà posé en 1800, où tous ces objets situés entre Mars et Jupiter [ndlr : une région aujourd'hui connue sous le nom de ceinture d'astéroïdes] étaient appelés 'petites planètes' et vers 1850, le nom d'astéroïde a été créé pour justement les distinguer des planètes." 

Hormis Pluton, on compte aujourd'hui quatre autres planètes naines : Cérès, Éris, Makémaké et Hauméa.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Les incendies en Amazonie sont si importants qu'on voit la fumée depuis l'espace