Le patron d'Airbus Tom Enders quitte le groupe avec un joli parachute doré

Le patron d'Airbus Tom Enders, les pouces levés lors de la livraison du premier A380 d'All Nippon Airways (ANA), à Colomiers près de Toulouse, le 20 mars 2019. REUTERS/Regis Duvignau

Le patron d'Airbus, Tom Enders, n'a guère de souci à se faire pour ses vieux jours. Le président exécutif du constructeur aéronautique va empocher un parachute doré de 36,8 millions d'euros, selon les chiffres dévoilés par Le Monde ce mercredi 2 avril 2019, sur la base de calculs réalisés par l'agence française de gouvernance Proxinvest. Agé de 60 ans, il doit quitter son poste le 10 avril, à l'issue de l'assemblée générale du groupe à Amsterdam. Plusieurs sommes additionnées permettent d'atteindre ce montant impressionnant.

Les plans d'attribution d'actions devraient y participer pour 7,3 millions d'euros, selon Proxinvest, échelonné entre juin 2019 et mai 2022. Selon l'évolution du cours de Bourse, ce montant pourrait atteindre jusqu'à 10 millions d'euros, ou bien tomber à 5 millions, précise Le Monde. A cela s'ajoute une clause de non concurrence de 3,2 millions d'euros, s'étalant sur un an et payable en mensualités de 266 854 euros. Enfin, Tom Enders percevra une retraite chapeau de 26,3 millions d'euros, provisionnée fin 2018 dans les comptes d'Airbus, équivalant à une rente annuelle d'environ 1,3 million d'euros dans l'hypothèse où le patron allemand vivrait jusqu'à 80 ans. 

Tom Enders aurait pu toucher encore plus d'argent. Il ne bénéficiera effectivement pas de sa prime d'indemnités de départ, dont le montant prévu s'élevait à 4,5 millions d'euros. Et il n'a pas eu droit à un nouveau plan d'attribution d'actions au titre des exercices 2018 et 2019.

Les près de 37 millions d'euros qu'il percevra ne devraient toutefois pas manquer de faire polémique. D'autant que son parachute doré ne pourra pas être soumis au vote des actionnaires lors de l'AG du 10 avril, puisque l'entreprise est de droit néerlandais. Si les comptes d'Airbus sont dans le vert à l'issue de l'année 2018, Tom Enders, qui siège depuis 2000 aux comités exécutifs, a toutefois connu des déboires. Le programme de l'A380 est notamment un échec, faute d'une demande suffisante. Il doit être arrêté en 2021 et pourrait entraîner la suppression de 3 000 à 3 500 postes.

En outre, Airbus, détenu à hauteur de 11,06% par l'Etat français et 11,04% par l'Etat allemand, est dans le viseur de la justice. Des investigations au Royaume-Uni, en France et aux Etats-Unis sur des faits de corruption pourraient déboucher sur une amende de plusieurs milliards d'euros.

Tom Enders rejoint la liste des patrons dont la rémunération ou le parachute doré ont déjà fait les gros titres en ce début d'année, à l'image du président exécutif de TechnipFMC, Thierry Pilenko, qui va empocher 14 millions d'euros au total à l'occasion de son départ de la société.

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