Le patron d'Arianespace estime qu'Elon Musk veut coloniser l'orbite basse avec sa méga-constellation de satellites Starlink

Stéphane Israël, PDG d'Arianespace. Tayama Tatsuyuki via Getty Images

Avec son projet de méga-constellation Starlink, qui devrait à terme être composée de 42 000 micro-satellites, Elon Musk et SpaceX seraient en train de coloniser l'orbite basse terrestre située entre 500 et 2 000 kilomètres d'altitude, d'après Stéphane Israël, PDG d'Arianespace interrogé au micro de France Inter ce vendredi 22 novembre 2019. Le patron du constructeur aéronautique européen a déclaré : "Son projet, c'est d'être le constructeur, le lanceur et l'opérateur de 40 000 satellites et donc c'est un projet de monopolisation du secteur et de colonisation de l'orbite basse."

Stéphane Israël a ainsi ajouté : "nous refusons que l'orbite basse soit accaparée par un seul acteur qui finalement nuirait à tous les autres". En effet, ce dernier a estimé que le projet Starlink de SpaceX, censé fournir un accès Internet rapide et bon marché, représentait "un espace far west" et non "un espace durable", comme défendu par Arianespace. "Entre l'espace sanctuaire et l'espace far west, il y a de la place pour des constellations. Mais nous refusons qu'on fasse n'importe quoi ; ces satellites devront ensuite se désintégrer dans l'atmosphère proprement et c'est notre mobilisation. Donc oui à des constellations qui vont permettre de connecter de plus en plus de Terriens, mais non à un espace qui deviendrait une sorte de loi de la jungle", a-t-il indiqué.

SpaceX a commencé à travailler sur la désorbitation d'une poignée de ses satellites expérimentaux Starlink, par l'intermédiaire d'un moteur embarqué appelé propulseur à effet Hall. L'objectif à terme serait de pouvoir rediriger les satellites vers l'atmosphère terrestre pour qu'ils s'y désintègrent totalement sans devenir ou causer des débris spatiaux. Ces expériences ne sont toutefois pas sans risque : le satellite Starlink numéro 44 a failli entrer en collision avec un satellite Aeolus de l'Agence spatiale européenne (ESA) en septembre dernier.

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Faire en sorte que les Européens restent dans la course

Le nombre de satellites en orbite n'a cessé d'augmenter au fil des années. D'après les données compilées par l'astrophysicien Jonathan McDowell et mises en forme par Statista, 2181 satellites actifs tournent actuellement autour de la Terre. Et ce nombre devrait croître sachant que SpaceX n'est pas la seule entreprise spatiale à vouloir créer une méga-constellation de satellites dans les années à venir. Amazon, OneWeb ou encore TeleSat travaillent également sur des projets similaires. 

Au micro de France Inter, le patron d'Arianespace Stéphane Israël a enfin affirmé que "la question qui se pose à nous, les Européens, c'est effectivement la façon dont nous allons réagir pour rester dans la course". Un rapport de la Cour des Comptes, publié en février 2019 a avancé que la France et l'Europe devaient rapidement faire évoluer le lanceur européen Ariane 6 pour qu'il reste compétitif face à la concurrence de l'Américain SpaceX. L'un des défis à relever serait de faire évoluer la fusée Ariane 6 vers le renouvelable comme la Falcon 9 de SpaceX.

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