Le patron de HSBC quitte la banque seulement 18 mois après avoir été nommé directeur général

John Flint, le désormais ex-patron de HSBC, lors du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 24 janvier 2019. REUTERS/Arnd Wiegmann

Après 30 ans de carrière chez HSBC, John Flint, nommé il y a seulement 18 mois au poste de directeur général, quitte l'établissement financier britannique. La banque a annoncé lundi 5 août qu'il avait démissionné, une décision prise "d'un commun accord" avec le conseil d'administration, selon son communiqué. Cette démission surprise est justifiée par la nécessité d'accélérer la mise en oeuvre des priorités stratégiques.

"Dans l'environnement mondial de plus en plus complexe et difficile dans lequel la banque exerce ses activités, le conseil estime qu'un changement s'impose pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés et saisir les opportunités très importantes qui se présentent à nous", assure le président de HSBC Mark Tucker, cité dans ce même communiqué. Le départ de John Flint, qui, selon une source contactée par Reuters, s'explique par des divergences de points de vue sur le tempo de la stratégie de la banque, a été annoncé en même temps que les résultats du premier semestre, publiés lundi matin.

La démission de John Flint mal accueillie par les marchés

"J'ai convenu avec le conseil que les bons résultats intermédiaires d'aujourd'hui montrent que c'est le bon moment pour un changement", a déclaré le désormais ex-directeur général. "C'est le bon moment pour changer, c'est très important de le faire en étant dans une position de force", a renchéri Mark Tucker, notant que la quête d'un nouveau directeur général pouvait prendre jusqu'à un an.

Les investisseurs ne semblent toutefois pas rassurés par cette démission, le titre HSBC reculant de 1,21% à la Bourse de Londres à 12h, en dépit d'un bénéfice imposable en progression de 15,8% à 12,4 milliards de dollars, porté par les revenus de la banque de détail en Asie. Mark Tucker a dit à Reuters qu'un changement de directeur général était nécessaire pour passer à la vitesse supérieure dans les priorités majeures de la banque, dont le redressement des activités américaines.

Le changement à la tête de la première banque européenne en termes de capitalisation boursière intervient alors que l'établissement doit faire face à une série de défis, dont la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, les remous politiques à Hong Kong, les incertitudes liées au Brexit et un cycle d'assouplissement monétaire.

HSBC, qui compte 238 000 employés dans le monde, a en outre annoncé la suppression de 2% de ses effectifs et de 4% de sa masse salariale face aux risques pesant sur les perspectives de croissance en Asie et la baisse des taux à venir aux Etats-Unis.

Un fin connaisseur de la banque 

La nomination de John Flint, qui avait dirigé les activités banque de détail et gestion de fortune de HSBC avant de prendre les rênes de la banque en février 2018, avait été la première décision majeure de Mark Tucker, premier président de l'établissement venu de l'extérieur. La promotion de John Flint, qui avait rejoint HSBC en 1989 et en connaissait toutes les activités, avait à l'époque été vue comme un choix sûr par l'ensemble des dirigeants de la banque.

En juin 2018, il avait présenté un plan d'investissement de 15 à 17 milliards de dollars (13,5 à 15,3 milliards d'euros) d'ici 2020, notamment dans la technologie et les principaux marchés asiatiques de HSBC. John Flint avait alors affiché son ambition de renouer avec une stratégie d'expansion après des années de compression des coûts. Il avait à l'époque énoncé en tout huit priorités stratégiques, parmi lesquelles le développement de la banque en Asie et à l'international, le renforcement de ses capacités digitales et une poursuite de son expansion sur le marché britannique du crédit immobilier.

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