Le patron de Nissan s'est excusé pour avoir touché trop d'argent

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, lors d'une conférence de presse au Japon le 25 juillet 2019. REUTERS/Issei Kato/File Photo

"Je suis profondément désolé de l'inquiétude que j'ai causée". Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, a admis jeudi un trop-perçu dans sa rémunération en violation des procédures internes à Nissan, dans le cadre d'un stratagème mis en place selon lui par le président déchu Carlos Ghosn. Une enquête interne à Nissan a établi que le directeur général ainsi que d'autres dirigeants du constructeur japonais ont reçu une rétribution inappropriée, rapporte  Reuters qui cite une source bien informée.

S'exprimant jeudi matin devant des journalistes, le directeur général de Nissan a demandé pardon et promis de restituer le trop-perçu lié au régime de droits à la plus-value d'actions du constructeur, a indiqué l'agence de presse Jiji. Dans d'autres commentaires rapportés par l'agence de presse Kyodo, Hiroto Saikawa a nié avoir eu un rôle direct dans la mise en oeuvre de ce stratagème, déclarant qu'il pensait que les "procédures appropriées" avaient été respectées.

Cette rétribution indue, qui s'élèverait à plusieurs dizaines de millions de yens (plusieurs centaines de milliers d'euros), a été révélée lors d'une réunion de la commission d'audit de Nissan mercredi, a déclaré la source. Une réunion à venir du conseil d'administration permettra de discuter de mesures disciplinaires, a-t-elle ajouté. Nissan a indiqué dans un communiqué que les résultats de l'enquête interne seraient soumis au conseil d'administration le 9 septembre.

Ces révélations jettent une ombre sur la promesse de Hiroto Saikawa

Une enquête interne a été lancée après que l'ancien administrateur de Nissan, Greg Kelly, a déclaré en juin dans le magazine Bungei Shunju que Hiroto Saikawa avait été autorisé en 2013 à rééchelonner un bonus lié à ses actions pour obtenir un gain supplémentaire de 47 millions de yens (400.475 euros environ). Carlos Ghosn et Greg Kelly ont été arrêtés par les autorités japonaises en novembre dernier pour des accusations de malversations financières, qu'ils nient tous les deux. Le procès de Ghosn doit débuter en mars 2020, selon une information de l'agence Kyodo. 

Ces révélations jettent une ombre sur la promesse de Hiroto Saikawa d'améliorer la structure de gouvernance de la firme japonaise après l'arrestation de Carlos Ghosn en novembre dernier sur des accusations de malversations financières. Dans une lettre interne que Les Echos avait consulté en novembre dernier, Hiroto Saikawa écrivait à propos de l'affaire qui secouait le groupe, sans citer directement le nom Carlos Ghosn dont il était proche  : "ce que nous avons trouvé dans notre enquête interne est intolérable (...). Les experts sollicités nous ont dit que les conclusions de l'audit sont largement suffisantes pour justifier l'éviction". "L'image de Nissan ne doit jamais être détruite", ajoutait-il.

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