Le PDG de la SNCF promet 'une tarification plus accessible' pour sortir de la crise

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Le PDG de la SNCF promet 'une tarification plus accessible' pour sortir de la crise
Le groupe public estime la perte de recettes due au Covid-19 à 5 milliards d'euros © Erich Westendarp/Pixabay

Anémiée par la crise sanitaire, la SNCF est dans l'obligation de se réinventer pour reconquérir ses voyageurs, l'aide de l'Etat tout juste annoncée étant exclusivement destinée à la rénovation du réseau. Pour y parvenir, la compagnie ferroviaire va agir sur les prix. SNCF Voyageurs fait déjà le dos rond, faisant circuler ses trains autant que possible, avec force petits prix, en attendant un retour à la normale. "Nous devons nous réinventer pour retrouver nos voyageurs", avance son PDG Christophe Fanichet.

Il va notamment lui falloir reconquérir la clientèle affaires que restriction des déplacements et essor des visioconférences ont fait déserter les trains. Et fidéliser la clientèle loisirs qui avait commencé à revenir cet été. Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, a promis "une tarification plus lisible, plus simple et plus accessible". "En sortie de crise, tout le monde va avoir des problèmes de pouvoir d'achat. Nous voulons retrouver des voyageurs en nombre et nous devons leur offrir des prix accessibles", a-t-il expliqué au Figaro.

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Le groupe public estime en effet la perte de recettes due au Covid-19 à 5 milliards d'euros. C'est surtout le TGV qui pose problème. Contrairement aux autres types de trains — Intercités, TER et Transilien —, il n'est pas subventionné et sa fréquentation s'est effondrée avec la pandémie, bien au-dessous du seuil de rentabilité.

Au plus dur du premier confinement, seuls 6 à 7% des TGV circulaient, avec 1% des passagers. Après un été plutôt satisfaisant, l'automne a été décevant et le reconfinement a conduit la SNCF a annuler 70% de ses trains. Elle ne transporte actuellement que 10% des voyageurs habituels.

"Je l'ai dit à plusieurs reprises, l'Etat sera à côté de la SNCF", a récemment assuré le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari. De fait, le gouvernement a débloqué 4,7 milliards d'euros pour le secteur ferroviaire dans le plan de relance, dont 4,05 milliards vont permettre de recapitaliser le groupe public (le reste allant notamment aux petites lignes, au fret et aux trains de nuit).

L'aide de l'Etat réservée à la rénovation du réseau

Dans une lettre envoyée à la mi-novembre au PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou — que l'AFP s'est procurée —, les ministres de l'Economie Bruno Le Maire, des Comptes publics Olivier Dussopt, de la Transition écologique Barbara Pompili et des Transports Jean-Baptiste Djebbari détaillent ce qu'ils comptent faire de cet argent et ce qu'ils attendent de l'entreprise.

Les 4,05 milliards sont destinés au réseau, avec en particulier 2,3 milliards permettant de poursuivre les travaux prévus. 1,5 milliard sera affecté à des dépenses qui n'avaient pas encore été financées, comme la sortie du glyphosate, et 250 millions permettront à SNCF Réseau de reprendre certaines petites lignes dans son réseau structurant. "Ce financement de 4,7 milliards d'euros sera complété dans une moindre mesure par une partie du produit des cessions des filiales les moins stratégiques pour le groupe SNCF", écrivent aussi les ministres.

Ils destinent déjà 600 millions d'euros à des travaux destinés au fret, l'amélioration de l'accessibilité des gares, la lutte contre les nuisances sonores, la sécurisation des passages à niveau et ajouter au pot pour les petites lignes. Ainsi, SNCF Voyageurs, la filiale qui fait circuler les trains — et en particulier les TGV —, n'est pas directement aidée par l'Etat. Il n'y a pas de compensation des pertes d'exploitation.

Le gouvernement a concentré ses efforts sur le réseau, compensant notamment les dividendes que SNCF Voyageurs ne pourra pas verser cette année pour contribuer à la rénovation des voies ferrées, faute de bénéfices. Le groupe public a serré les vis, pour dégager 1,8 milliard d'euros d'économies sur l'année. La formule magique est attendue au printemps.

Toujours tenue de respecter ses objectifs d'équilibre financier d'ici 2024 et encouragée par le gouvernement à céder des actifs, la SNCF a commencé par mettre en vente le loueur de wagons Ermewa. Mais il n'est pas question pour autant de dépecer le groupe public, indique-t-on à la direction. Celle-ci a défini son périmètre stratégique: le "coeur ferroviaire" français, les activités voyageurs et fret en Europe, le logisticien Geodis et l'opérateur de transports publics Keolis

Un changement de la politique tarifaire à la SNCF avait déjà été évoqué en mi-septembre. Le PDG de la compagnie ferroviaire avait admis un problème concernant le TGV, perçu comme un moyen de transport "cher", dans une interview accordée le 17 septembre aux Echos.

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