Boris Johnson a remporté ce mardi 23 juillet la course à la succession de Theresa May à la tête du parti conservateur. Il va donc devenir le nouveau chef du gouvernement britannique. Mais il pourrait vite déchanter. Son plan visant à forcer la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne d'ici fin octobre, avec ou sans l'accord du parlement britannique, pourrait bientôt être déclaré illégal par une cour écossaise. Boris Johnson avait insisté pour que la Grande-Bretagne quitte l'UE le 31 octobre, avec ou sans accord, et n'avait pas écarté la possibilité de suspendre le Parlement pour cela.

Cependant, un groupe de parlementaires et d'avocats a écrit lundi au représentant légal du gouvernement britannique en Ecosse pour l'informer qu'après sept jours, il demanderait une "garantie judiciaire" qui pourrait sanctionner tout plan visant à suspendre le Parlement dans l'optique de forcer le Brexit. L'affaire pourrait être entendue en quelques semaines, et le projet de Boris Johnson pourrait être déclaré illégal avant le retour des députés de leurs vacances d'été.

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Des affaires similaires ont été dénoncées ces derniers mois par la militante Gina Miller et l'ancien premier ministre conservateur John Major. Toutefois, les personnes impliquées dans ce cas estiment qu'il est essentiel d'obtenir une décision de justice avant toute tentative de suspension du Parlement. En vertu de ce plan et en cas de succès, les avocats du gouvernement pourraient conseiller à Boris Johnson de ne pas demander à la Reine de suspendre le Parlement pour forcer le "no deal" mais plutôt d'obtenir une ordonnance s'il souhaite continuer sur cette voie.

La Reine pourrait être confrontée à un "choix impossible"

Des députés du parti national écossais, du parti libéral démocrate, du parti travailliste et du parti national gallois se sont joints à cette procédure, aux côtés de Jolyon Maugham du Good Law Project, avocat conseiller de la Reine (QC). "Si le Premier ministre demande à la Reine de suspendre le Parlement, elle est confrontée à un choix impossible", a déclaré Jolyon Maugham. "Soit elle ignore ses conseils et rompt avec les conventions, soit elle destitue le Parlement pour que le Premier ministre puisse user de sa prérogative pour imposer un Brexit sans accord".

"Ces deux options font voler en éclats l'idée que le Royaume-Uni est une démocratie moderne et fonctionnelle. Nous demanderons aux tribunaux d'aider Sa Majesté en tranchant sur ce choix."

Jo Swinson, qui a été élu chef de file du parti libéral-démocrate lundi en s'engageant à "faire tout ce qu'il faut pour arrêter Brexit", a déclaré que cette procédure était essentielle pour protéger l'économie britannique. "Les libéraux-démocrates feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher le prochain Premier ministre conservateur de pousser le Royaume-Uni hors de l'UE", a-t-elle déclaré. "C'est pourquoi j'ajoute mon nom en tant que pétitionnaire à ce dossier capital. Suspendre le Parlement de manière à faire pousser le Royaume-Uni vers la sortie, sans un accord, serait catastrophique pour notre système de santé, nos emplois et notre environnement".

La députée écossaise Joanna Cherry, qui a également rejoint cette cause, a déclaré qu'il était "inconcevable que le nouveau Premier ministre supprime simplement le Parlement de Westminster, tout cela pour aller droit dans le mur". Elle a ajouté : "nous devons prendre toutes les mesures possibles pour empêcher la prorogation".

Version originale : Business Insider / Adam Bienkov

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