Le 'Prime Day' d'Amazon, une semaine avant les soldes, rend furieux les commerçants

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Le 'Prime Day' d'Amazon, une semaine avant les soldes, rend furieux les commerçants
Amazon lance une opération promotionnelle juste avant les soldes. © Stock Catalog/Flickr

Amazon fait de nouveau grincer des dents en France. En dépit des critiques, le groupe d'e-commerce américain poursuit sa marche en avant dans l'Hexagone avec un argument puissant : son programme de fidélisation Prime. Lundi et mardi, soit une semaine avant le coup d'envoi des soldes d'été dans le pays, c'est le "Prime Day" d'Amazon. L'opération promotionnelle à destination des membres du programme de fidélité du géant américain "se déroule simultanément dans 20 pays", rappelle-t-il.

Mais certains commerçants français y ont vu malice. "Amazon, tout de A à Z, en passant bien par le C de cynisme et le P de prédation. Sans oublier le O d'optimisation", a taclé sur Twitter le patron de Carrefour Alexandre Bompard. "En captant un maximum de clientèle et de pouvoir d'achat avant que les consommateurs ne soient autorisés à profiter des soldes chez leurs commerçants, Amazon brise ce moment attendu par les commerces physiques", avait auparavant plaidé le collectif "sauvons nos commerçants", rassemblant plusieurs associations de commerces.

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Le gouvernement impuissant

Le ministre délégué aux PME Alain Griset a jugé l'opération d'Amazon "moralement plus que contestable". Mais les opérations de vente privée hors période de soldes sont autorisées. Et si son cabinet a assuré à l'AFP que "des contrôles renforcés avaient été demandés à la DGCCRF pour débusquer d'éventuelles ventes à perte", les commerçants ont fustigé l'"impuissance du gouvernement".

De son côté, Amazon s'est borné à affirmer que l'opération permettrait "aux PME d'accéder à plus de 200 millions de membres Amazon Prime dans le monde", et que "ce sont des milliers de PME qui participent à Prime Day" en France.

Le programme de fidélité, qui offre pour une cinquantaine d'euros par an divers avantages dont la livraison offerte ou l'accès à sa plateforme de vidéos en streaming, est un rouage essentiel de l'activité e-commerce d'Amazon.

Le géant américain poursuit son offensive en France

Foxintelligence, qui mesure les achats en ligne d'un panel de consommateurs européens (dans lequel les moins de 40 ans sont sur-représentés), explique ainsi à l'AFP que les membres du programme Amazon Prime commandent et dépensent deux fois plus que les non-membres, pour un total annuel moyen de 360 euros en France.

La formule "Prime" a convaincu quelque 50 millions de personnes pendant l'année 2020. Et Amazon étend ses services pour en recruter davantage : en France, il vient par exemple d'annoncer un service de commande de courses en ligne, à retirer dans un supermarché Casino. Aux États-Unis, il propose depuis fin 2020 de commander sur internet des médicaments sur ordonnance.

Le groupe de Jeff Bezos apparaît de plus en plus tentaculaire et s'attaque à tous les domaines, jusqu'à acquérir récemment les droits de la Ligue 1 dans l'Hexagone.

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