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Le récit de la folle journée qui a conduit les partisans de Donald Trump à envahir le Congrès

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Le récit de la folle journée qui a conduit les partisans de Donald Trump à envahir le Congrès
Donald Trump avait rejeté la victoire de Joe Biden dans un discours le midi. © Kyodo News via Getty Images
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C'est un funeste jour pour la démocratie américaine. Le mercredi 6 janvier devait être marqué par ce qui n'est habituellement qu'une formalité : la confirmation par le Congrès de la victoire du futur président américain, élu en novembre. Mais Donald Trump, arc-bouté sur la contestation de sa défaite face à Joe Biden, et les milliers de ses partisans venus à Washington pour le soutenir, ont fait dérailler le processus. Des violences ont éclaté au sein même de l'enceinte du Capitole, provoquant la mise sous couvre-feu de la capitale fédérale. Voici le film des événements.

Tout d'abord, des dizaines de milliers de supporteurs du président républicain, munis de drapeaux "Trump 2020" et coiffés de casquettes rouges "Make America Great Again", affluent à Washington. Venus de tous les Etats-Unis, parfois par cars entiers, ils traversent la capitale, une ville profondément démocrate, où les vitrines de la plupart des magasins et immeubles du centre-ville ont été barricadés, par crainte de débordements. Ils convergent vers une esplanade proche de la Maison Blanche, où Donald Trump doit s'exprimer en milieu de journée.

Discours virulent de Donald Trump le midi

Le républicain a prévenu, la journée sera "folle". Vers midi, Donald Trump arrive sur scène et prononce un long discours très virulent, sous un ciel chargé de lourds nuages. "Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais", lance-t-il. "Nous ne reprendrons jamais notre pays en étant faibles. (...) Vous devez être forts."

Le milliardaire républicain s'en remet à son vice-président, qu'il appelle à ne pas entériner la victoire de Joe Biden lors de la session extraordinaire du Congrès, que ce fidèle parmi les fidèles doit présider. "Je sais que tout le monde ici marchera bientôt vers le Capitole, pour pacifiquement, patriotiquement faire entendre vos voix", ajoute Donald Trump.

Début de session tendu au Congrès

Vers 13h, les parlementaires des deux chambres entament la procédure de certification des résultats de l'élection présidentielle. Juste avant le début de la séance, Mike Pence déclare dans une lettre qu'il ne s'y opposera pas, ce droit revenant selon lui aux élus. Le chef des sénateurs républicains, Mitch McConnell, pourtant soutien de Donald Trump durant son mandat, met en garde ses collègues, évoquant un risque "mortel" pour la démocratie.

Mais dès le début de la session, des républicains émettent des objections aux résultats de l'élection dans l'Etat d'Arizona. Conformément à un processus ultra-codifié, les deux chambres se sont alors séparées pour en débattre. Au même moment, les manifestants pro-Trump affluent vers le Capitole. Des bâtiments annexes sont évacués alors que certains forcent les barrages des forces de l'ordre. La séance est interrompue et les deux chambres sont placées en confinement.

Les manifestants envahissent le Capitole

Le chaos s'installe : du gaz lacrymogène est tiré dans la rotonde du Capitole, des policiers dégainent leurs armes. Des images stupéfiantes de manifestants dans les couloirs du Congrès, posant à la tribune de la chambre basse ou encore dans le bureau de sa présidente, Nancy Pelosi, circulent partout. Une femme est blessée par balle dans le Capitole, la police annonçant plus tard qu'elle est décédée. Partisane du président sortant, elle a été abattue par la police.

Trois autres personnes sont également décédées aux alentours du bâtiment "d'urgence médicale distincte", a annoncé le chef de la police de Washington lors d'une conférence de presse. Par ailleurs, 52 personnes ont été interpellées.

Couvre-feu et retour au calme

La maire de Washington décrète un couvre-feu pour 18h, et la Garde nationale est appelée en renfort. Donald Trump tweete à plusieurs reprises pour appeler au calme, en rappelant sa devise : "la loi et l'ordre". Il demande finalement à ses partisans de rentrer chez eux, dans une vidéo où il déclare dans le même temps les "aimer", et où il martèle toujours que l'élection lui a été "volée". La vidéo sera finalement retirée par Twitter et Facebook peu après.

Dans une brève allocution depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware, Joe Biden dénonce une "insurrection". Des élus parlent eux d'une tentative de "coup d'Etat".

Après l'entrée en vigueur du couvre-feu, les manifestants encore sur place sont dispersés par les forces de l'ordre. Vers 18h30, un responsable annonce que le Capitole est de nouveau sécurisé. Peu après 20h, la session parlementaire reprend en vue de la certification de la victoire de Joe Biden.

Pour parer à d'éventuelles nouvelles manifestations, la maire de Washington Muriel Bowser a décidé d'étendre l'état d'urgence dans la capitale fédérale pour 15 jours, soit jusqu'à la fin du mandat de Donald Trump.

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