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Le reconfinement devrait faire chuter l'activité économique de 12% en novembre, contre 31% en avril

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Le reconfinement devrait faire chuter l'activité économique de 12% en novembre, contre 31% en avril
Un restaurant resté portes closes à Paris, pendant le confinement. © Mikani/Wikimedia Commons

C'est moins pire que prévu. Le reconfinement devrait amputer l'activité de l'économie française de 12% en novembre, contre 31% en avril, a estimé lundi 9 novembre la Banque de France, qui revoit en baisse sa prévision de chute du PIB pour l'année 2020. La banque centrale avait évalué la récession à 8,7% en septembre, avant la deuxième vague de Covid-19. "Nous pensons aujourd'hui que sur l'ensemble de l'année 2020 on sera entre -9% et -10%" de contraction du PIB, a déclaré sur RTL le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau.

Cette prévision reste néanmoins plus optimiste que la récession de 11% prévue par le gouvernement. Alors que la durée du reconfinement n'est pas encore connue, la BdF doit préciser sa prévision à la mi-décembre. Le plongeon est cette fois concentré sur la restauration, le commerce non alimentaire et les activités récréatives, alors que les autres secteurs résistent mieux.

"La perte de PIB pour une semaine-type d'activité (par rapport au niveau normal d'avant la pandémie) serait de -12% en novembre, contre -4% en octobre mais -31% en avril", soit au moment du premier confinement dans l'Hexagone, précise la BdF dans son enquête mensuelle de conjoncture menée auprès de 8 500 entreprises.

Les secteurs de la restauration et de l'hébergement encore durement touchés

"Nous avons appris collectivement à travailler tout en protégeant les salariés", estime François Villeroy de Galhau. Certains secteurs risquent néanmoins de connaître un sort proche du confinement printanier. C'est le cas du commerce non alimentaire, de la restauration traditionnelle et des activités récréatives, où "les perspectives se dégradent fortement".

Sous l'effet des fermetures de commerces sur le territoire et des restrictions de déplacements, les activités de restauration devraient fonctionner à moins de 10% de leur activité normale, et à moins de 20% concernant l'hébergement, prévoit la Banque de France. Ces activités sont les plus touchées, devant celles de location (matériel, automobile...), les loisirs et services à la personne (dont les activités récréatives) qui tourneront à moins de 60% de leur activité habituelle, contre cependant seulement moins du tiers en avril.

D'autres secteurs en revanche connaîtront un repli plus modéré, grâce notamment aux nouveautés du confinement automnal : les déplacements sont plus souples qu'au printemps et la BdF constate un effet d'accoutumance à l'égard du confinement qui permet de réduire son impact économique négatif. C'est le cas de l'industrie, dont l'activité a été "globalement stable" en octobre.

L'automobile, l'aéronautique et le bâtiment moins pénalisés

Plombée au printemps, et encore mal en point en octobre, l'aéronautique devrait connaître une activité proche de 75% de son rythme habituel et l'automobile autour de 90%, après un mieux en octobre. L'industrie chimique devrait tourner à 93% de ses capacités et l'habillement, textile, chaussures à 81%.

L'agroalimentaire et la pharmacie ont pour leur part connu en octobre un rythme proche des niveaux d'avant crise, et pourraient évoluer à plus de 90% de leur activité "normale" en novembre, après avoir déjà été relativement épargnés par la première vague. Le bâtiment lui-aussi est revenu en octobre "proche de la normale", les chefs d'entreprises voyant d'un bon oeil la flexibilité offerte sur les dérogations de sortie, et l'adaptation du cadre de travail aux mesures sanitaires.

"Les chantiers ne se sont pas arrêtés et d'une manière générale, les entreprises bénéficient de l'effet d'apprentissage", souligne la Banque de France, au moment où les gestes barrières font partie du quotidien des entreprises et des Français depuis plus de huit mois. Enfin, les services aux entreprises sont pour leur part rompus au télétravail, largement répandu désormais.

Mais au moment où l'Hexagone bat des records de contamination au Covid-19, les dépenses de Noël pourraient être fortement perturbées. François Villeroy de Galhau a aussi expliqué que les incertitudes au niveau international pesaient sur le redémarrage de l'activité qui a besoin que "le brouillard dans cette traversée se dissipe un peu autour de nous".

Il a qualifié à cet égard de "bonne nouvelle" l'élection du démocrate Joe Biden à la présidence des Etats-Unis. "Les Etats-Unis devraient devenir plus prévisibles et contribuer à la diminution des incertitudes qui pèsent très négativement" sur l'économie, selon lui.

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