Le rover Curiosity de la NASA a découvert des traces d'un ancien oasis sur Mars

Le rover Curiosity de la NASA. NASA/JPL-Caltech/MSSS

Mars telle qu'on la connaît aujourd'hui — désertique et froide — n'a rien à voir avec la planète qu'elle était autrefois. Il y a 3,5 milliards d'années, la planète rouge abritait de l'eau en abondance sous forme de lacs, rivières, étangs etc. Mais comme nous l'avait expliqué Laura Kerber, chercheuse au sein du "Jet Propulsion Laboratory" de la NASA, spécialiste de géomorphologie de la planète Mars, quelque chose s'est passé, Mars s'est radicalement transformée et l'eau liquide à sa surface s'est évaporée. 

Les données récoltées par le rover Curiosity de la NASA au fond du cratère Gale qu'il explore actuellement ont mis "en évidence la présence intermittente de dépôts de sels dans la roche sédimentaire", suggérant l'existence de périodes de forte évaporation de l'eau il y a 3,5 milliards d'années, selon une étude publiée dans la revue Nature Geoscience ce lundi 7 octobre 2019. Son auteur principal, William Rapin du California Institute of Technology aux États-Unis, a expliqué à l'AFP : "nous découvrons une réalité faite de fluctuations climatiques, entre des périodes humides et sèches, qui nous informe à la fois sur les types d'ions disponibles dans l'eau liquide qui s'écoulaient à la surface, et aussi sur le type de changements environnementaux que la vie aurait dû affronter si elle existait sur Mars en ces temps."

Il s'agit pour les chercheurs "d'un moment crucial de l'histoire de Mars", car "durant cette période, l'environnement de Mars était en train de changer radicalement. Son atmosphère était activement érodée par le vent solaire. Nous sommes convaincus que cela a profondément altéré son climat", a précisé à l'AFP William Rapin. A cette époque, Mars a donc connu des moments où les cours d'eau ont débordé, puis l'eau s'est asséchée, un cycle qui se serait répété à plusieurs reprises au cours de millions d'années, ce qui expliquerait la présence de roches enrichies en sels minéraux au fond du cratère d'impact.

Le plateau salé de Quisquiro, dans l'Altiplano sud-américain. Maksym Bocharov

L'équipe de chercheurs a baptisé "Sutton Island" (île de Sutton) la section de roches sédimentaires de 150 mètres de haut du cratère Gale. Dans le communiqué de presse diffusé par la NASA, William Rapin a émis l'hypothèse que l'île de Sutton ressemblait peut-être à certains des lacs salés qu'on trouve dans la région de l'Altiplano en Amérique du Sud. "Les cours d'eau et les rivières qui s'écoulent des chaînes de montagnes vers ce plateau aride de haute altitude mènent à des bassins fermés semblables à l'ancien cratère Gale sur Mars. De plus, Les lacs de l'Altiplano sont fortement influencés par le climat au même titre que le cratère Gale", peut-on lire. 

"Pendant les périodes plus sèches, les lacs de l'Altiplano deviennent moins profonds et certains peuvent s'assécher complètement", a ajouté William Rapin. "Le fait qu'ils ne sont pas couverts de végétation les fait même ressembler un peu à Mars."

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Mais il reste encore des questions qui doivent être élucidées : "nous sommes allés au cratère Gale car c'est un endroit qui préserve ce témoignage unique d'un Mars qui a évolué. Comprendre quand et comment le climat de la planète a commencé à évoluer est une pièce d'un autre casse-tête : quand et combien de temps Mars a-t-elle été capable de supporter la vie microbienne à la surface ?", a déclaré William Rapin. 

Le rover Curiosity va désormais examiner les structures rocheuses des couches plus inclinées du cratère Gale pour en savoir plus sur l'évolution de la vie sur Mars au cours de son histoire. 

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