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Le Royaume-Uni approuve le vaccin d'AstraZeneca, moins cher et plus pratique

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Le Royaume-Uni approuve le vaccin d'AstraZeneca, moins cher et plus pratique
Le siège d'AstraZeneca à Cambridge, au Royaume-Uni. © D Wells/Wikimedia Commons

Le Royaume-Uni était déjà le premier pays à autoriser le vaccin de Pfizer-BioNTech sur son territoire, près de trois semaines avant l'Union européenne. L'agence britannique du médicament (MHRA) donne ce mercredi 30 décembre son feu vert à son vaccin anti-Covid maison, développé par le groupe britannique AstraZeneca avec l'université d'Oxford. Moins cher et posant moins de problèmes logistiques, les autorités comptent ainsi accélérer la campagne de vaccination lancée début décembre.

Le Royaume-Uni devient donc le premier pays à approuver ce vaccin, très attendu pour des raisons pratiques. Il est bien moins cher que celui déjà distribué et peut être conservé à la température d'un réfrigérateur, soit entre deux et huit degrés Celsius, ce qui facilite une vaccination à grande échelle. "Le gouvernement a accepté aujourd'hui la recommandation de l'Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) d'autoriser l'utilisation du vaccin Covid-19 de l'université d'Oxford/AstraZeneca", a annoncé mercredi matin un porte-parole du ministère de la Santé.

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Ce feu vert "fait suite à des essais cliniques rigoureux et à une analyse approfondie des données par des experts de la MHRA, qui a conclu que le vaccin répondait à ses normes strictes de sécurité, de qualité et d'efficacité", a ajouté ce porte-parole dans un communiqué. Le Premier ministre Boris Johnson a salué une nouvelle "vraiment fantastique" et un "triomphe pour la science britannique". "Nous allons maintenant vacciner autant de gens possible le plus rapidement possible", a-t-il déclaré sur Twitter.

Le vaccin sera utilisé dès le 4 janvier au Royaume-Uni qui en a commandé 100 millions de doses. C'est le deuxième vaccin approuvé par la MHRA, après celui de Pfizer/BioNTech inoculé à plus de 600 000 personnes depuis le 8 décembre.

Pas de vaccin d'AstraZeneca dans l'UE en janvier

Dans l'Union européenne, une autorisation dès janvier du vaccin développé par AstraZeneca avec l'université d'Oxford semble peu probable, a estimé l'Agence européenne des médicaments (EMA). "Aucune autorisation de mise sur le marché formelle n'a encore été soumise à l'EMA" pour ce vaccin, signifiant qu'un calendrier n'a pas pu être établi pour le moment, a indiqué à l'AFP l'agence basée à Amsterdam.

Le directeur exécutif adjoint de l'EMA, Noël Wathion, avait déclaré mardi au quotidien belge Het Nieuwsblad qu'une éventuelle autorisation au cours du mois prochain est "improbable", des propos confirmés mardi soir par l'agence.

Le vaccin AstraZeneca/Oxford est actuellement soumis à un "examen continu", qui permet à l'EMA d'examiner les données de sécurité et d'efficacité des vaccins au fur et à mesure de leur parution, avant même qu'une demande formelle d'autorisation soit déposée par le fabricant. Cette procédure permet d'accélérer l'évaluation d'une demande d'autorisation de mise sur le marché une fois que celle-ci est formulée.

L'EMA a autorisé le 21 décembre le vaccin contre le Covid-19 Pfizer/BioNTech, pour lequel la Commission européenne a aussitôt donné son feu vert, et doit se prononcer le 6 janvier sur celui de Moderna.

'C'est fantastique de terminer 2020 avec un tel moment d'espoir'

Le Royaume-Uni, un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie avec plus de 71 000 morts, est confronté à une envolée des contaminations attribuée à un variant du virus, présentant selon une étude britannique une contagiosité supérieure de 50% à 74%. Ce phénomène a poussé les autorités à reconfiner une grande partie de la population — 40% de la population en Angleterre, Ecosse continentale, Pays de Galles et Irlande du Nord.

Depuis Margaret Keenan, 91 ans, première personne vaccinée à l'aube du 8 décembre à Coventry, plus de 600 000 personnes ont reçu une première dose du vaccin Pfizer/BioNTech. "C'est fantastique de terminer 2020 avec un tel moment d'espoir", s'est félicité sur Twitter le ministre de la Santé Matt Hancock. "Le vaccin contre le coronavirus est notre moyen de sortir de la pandémie — maintenant, nous devons tenir bon pendant que nous traversons cela ensemble."

La campagne de vaccination britannique est centrée sur neuf catégories à risques représentant 99% des décès : résidents de maisons de retraites, soignants, personnes âgées de plus de 50 ans et personnes à risque.

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'Formule gagnante'

L'enjeu est majeur pour le gouvernement de Boris Johnson, très critiqué pour les ratés de sa gestion de la pandémie. Face à la forte contagiosité du nouveau variant du coronavirus, il n'a pas caché que la vaccination représentait son principal espoir pour sortir des confinements locaux épuisants pour la population et dévastateurs pour l'économie.

Le vaccin Oxford/AstraZeneca se base sur une version affaiblie d'un virus commun chez les chimpanzés, génétiquement modifié. La manière qu'il a de délivrer du matériel génétique dans les cellules, leur ordonnant d'attaquer le SARS-CoV-2, a été présentée comme un "cheval de Troie". Dans les résultats intermédiaires d'essais cliniques, le laboratoire britannique avait annoncé en novembre que son vaccin était en moyenne efficace à 70% contre plus de 90% pour ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna.

Cette moyenne cachait en fait de grands écarts entre deux protocoles : l'efficacité est de 90% pour les volontaires qui ont d'abord reçu une demi-dose, puis une dose complète un mois plus tard, mais de seulement de 62% pour un autre groupe vacciné avec deux doses complètes. Ces résultats avaient été critiqués car l'injection d'une demi-dose était due à une erreur et seul un groupe réduit avait suivi le deuxième protocole, poussant l'entreprise à promettre des recherches supplémentaires.

"Nous pensons que nous avons trouvé la formule gagnante et comment arriver à une efficacité qui, avec deux doses, est élevée comme celle des autres", a assuré le directeur général d'AstraZeneca, Pascal Soriot, dans le Sunday Times, promettant une "protection de 100%" contre les formes sévères du Covid-19.

Contre le variant du virus, "nous pensons pour l'instant que le vaccin devrait rester efficace", a indiqué Pascal Soriot. "Mais on ne peut pas en être sûr donc nous allons faire des essais." La mutation du virus serait en effet trop légère pour que la réaction immunitaire provoquée par le vaccin ne s'attaque pas également à la nouvelle souche.

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