Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Le secteur du luxe va être encore plus impacté par le coronavirus avec l'Italie en quarantaine

Le secteur du luxe va être encore plus impacté par le coronavirus avec l'Italie en quarantaine

L'industrie de la mode de luxe est toujours impactée par le coronavirus. Bien que plus de 80 % des centres commerciaux et des supermarchés aient rouvert dans les grandes villes chinoises (dont Pékin, Shanghai et Guangzhou), comme le rapporte Vogue Business, l'Italie se prépare à l'impact que l'épidémie aura sur son économie et ses 60 millions d'habitants. Ce lundi 9 mars, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé que le pays tout entier serait mis en quarantaine, à cause de l'augmentation du nombre de cas de coronavirus. L'Italie est le pays le plus touché par la pandémie en dehors de la Chine, selon CNN.

Les actions du secteur du luxe ont été durement touchées par l'épidémie initiale. En deux semaines environ, du 17 au 31 janvier, le MSCI Europe Textiles, Apparel & Luxury Goods Index a chuté de 23% et près de 54 milliards de dollars (48, 3 milliards d'euros) de valeur de marché ont disparu. Plusieurs sociétés de conseil, dont le Boston Consulting Group et Bernstein, avaient prédit en février que le secteur du luxe pourrait perdre 30 à 40 milliards d'euros de ventes cette année, selon Business Of Fashion.

Mais c'était avant que l'industrie italienne de la mode et du textile — qui vaut à elle seule 107,9 milliards de dollars (96,7 milliards d'euros), selon le Wall Street Journal (WSJ), ne soit mise en quarantaine.

La région nord de l'Italie abrite 60 % des fabricants de textile et de vêtements du pays

La région du nord de l'Italie est en quarantaine depuis dimanche. Une situation qui a d'ores et déjà eu un impact sur le secteur du luxe. En effet, les sièges sociaux de Prada, Armani et Versace sont situés à Milan, au nord du pays. De même, de nombreuses marques internationales, telles que Louis Vuitton et Stella McCartney, dépendent d'usines situées dans la région nord du pays pour fabriquer leurs vêtements.

Le pays tout entier étant désormais en quarantaine, les marques devront non seulement faire face à un coup dur dans la production située dans le nord du pays, mais aussi dans celle du sud. Puisque le sud compte encore plus de fabricants d'articles en cuir et de bijoux. Or, les articles en cuir sont souvent l'un des secteurs les plus performants pour une marque de luxe, et un sac à main populaire a la capacité de stabiliser financièrement une entreprise.

Estrop / Getty Images

Aujourd'hui, soumises à une mise en quarantaine totale, les usines italiennes s'inquiètent non seulement au sujet de leurs productions mais également de savoir si elles pourront les vendre. Selon le Wall Street Journal, les acheteurs étrangers du monde entier annulent les commandes de textiles et de produits italiens, ce qui a un impact sur toute la chaîne d'approvisionnement en vêtements — des entreprises qui produisent les tissus à celles qui créent les vêtements et les accessoires.

Cela ne pouvait pas arriver à un pire moment pour une industrie qui vient de terminer un mois de présentation de collections printemps/été. Les marques doivent maintenant s'inquiéter de savoir si elles pourront expédier et vendre le stock qui leur a coûté des milliers de dollars à produire — sans compter le coût souvent à six chiffres de la présentation d'un défilé durant la Fashion Week.

Xinhua/Alberto Lingria via Getty Images

Bien que les collections printemps/été aient été présentées avec hésitation pendant la Fashion Week de Milan, avant que l'ampleur de l'épidémie de coronavirus ne soit mieux connue, le WSJ rapporte que des milliers d'acheteurs, de prescripteurs et de journalistes ont maintenant décidé d'éviter les défilés de la capitale. En conséquence, de nombreuses marques de luxe italiennes ont décidé d'annuler les prochaines collections de croisière (ndlr, des collections qui sont présentées au quatre coins du monde par les marques entre mai et juin), selon Business of Fashion.

Le défilé de croisière de Giorgio Armani, qui devait avoir lieu du 19 au 20 avril à Dubaï, a déjà été déplacé au mois d'octobre et ne comprendra plus sa collection initiale de croisière. De même, Versace et Gucci ont annulé les shows américains prévus en mai, tandis que Prada a annulé son défilé de mai à Tokyo.

Fin du mois de la mode — et début d'une période d'auto-quarantaine de deux semaines

Après avoir assisté à la Fashion Week de Milan (qui s'est déroulée du 18 au 24 février), de nombreux journalistes, influenceurs, mannequins et acheteurs américains se sont vu imposer une période de mise en quarantaine par leurs employeurs, une fois de retour aux États-Unis. Hearst Magazines, qui publie Harper's Bazaar, Marie Claire et Elle, a envoyé un mémo à son personnel indiquant que toute personne ayant été en Iran, en Chine, au Japon, en Corée du Sud ou en Italie au cours des 30 derniers jours devait travailler à domicile pendant au moins deux semaines, selon Women's Wear Daily (WWD).

À lire aussi — Une riche héritière testée positive au coronavirus après avoir assisté aux Fashion Week de Milan et Paris

Dow Jones, qui publie le Wall Street Journal, a envoyé une note similaire, demandant à toute personne ayant été en Italie depuis le 6 février — ou qui vit avec une personne ayant été en Italie pendant cette période — de se mettre en quarantaine. Penske Media, propriétaire de WWD, Variety et Rolling Stone, a conseillé aux employés de rester en télétravail pendant au moins 14 jours après leur retour s'ils ont voyagé dans une zone touchée par le coronavirus, tandis que Meredith Corp, propriétaire de InStyle and People, a recommandé une quarantaine volontaire de deux semaines pour ceux qui reviennent de Milan. Condé Nast, cependant, qui possède Vogue, Glamour et GQ, n'a pas émis de recommandation de travail à distance pour son personnel.

Version originale : Dominic-Madori Davis / Business Insider US. Traduit de l'anglais par Mégan Bourdon.

Découvrir plus d'articles sur :