Le seuil des 5 000 cas de Covid-19 par jour fixé par le gouvernement ne devrait pas être atteint le 15 décembre

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Le seuil des 5 000 cas de Covid-19 par jour fixé par le gouvernement ne devrait pas être atteint le 15 décembre
Après avoir atteint un pic en octobre, le taux de contamination en France avait bien baissé fin novembre. Aujourd'hui, il stagne. © Getty images

Le cap des 5 000 contaminations par jour du Covid-19, fixé par Emmanuel Macron au 15 décembre comme condition pour lever le confinement, ne sera probablement pas atteint, mettant le gouvernement face à un nouveau dilemme à quelques jours des fêtes de fin d'année. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, fera le point sur la situation à 18 heures, alors que le Premier ministre Jean Castex et celui de la Santé Olivier Véran ont réuni dans la matinée les chefs de groupes parlementaires.

Selon le député UDI Jean-Christophe Lagarde, Olivier Véran a évoqué une "décélération du recul". "On ne sera pas à l'objectif au 15 décembre, d'où des doutes sur les nouvelles mesures", a-t-il ajouté. Selon le député centriste, "Olivier Véran a évoqué le risque d'un troisième confinement". "On est un peu inquiet, aujourd'hui. C'est vrai que ça avait bien baissé, et puis là il y a une stagnation", a aussi constaté sur RMC/BFMTV Odile Launay, infectiologue à l'hôpital Cochin à Paris et membre du Comité vaccin Covid-19, qui conseille le gouvernement.

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Après avoir atteint un pic à plus de 50 000, voir 60 000 cas positifs certains jours fin octobre, ce niveau avait diminué sensiblement et avec régularité, jusqu'à atteindre 10 à 11.000 cas par jour en moyenne fin novembre. Mais la semaine dernière, la baisse des cas comptabilisés a ralenti, stagné, en se maintenant autour des 10.000 cas par jour, selon les données de Santé publique France.

Pour Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier, il est trop tôt pour dire qu'on doit cette stagnation à la réouverture des commerces, le 28 novembre. "Neuf jours après, c'est très difficile de voir une conséquence sur les entrées à l'hôpital que nous considérons toujours comme les plus fiables", explique-t-il à l'AFP. Dimanche, 26 262 patients Covid-19 étaient hospitalisés dans toute la France, un chiffre qui baisse un peu moins vite depuis quelques jours.

'Des décisions à prendre'

Ce qui est sûr, selon Mircea Sofonea, c'est que le seuil des 5 000 nouveaux cas par jour "ne sera pas atteint le 15 décembre". Même si "ce n'est pas un chiffre magique", "c'est le seuil où il est possible de maîtriser l'épidémie: les ARS (agences régionales de santé), les caisses d'assurance maladie ne sont pas débordées pour tracer les cas contacts, les clusters ne sont pas trop nombreux, on peut remonter les chaînes de contamination", précise l'épidémiologiste.

"Si on n'arrive pas à descendre au-dessous, on aura beaucoup de mal à faire la stratégie 'tester, tracer, isoler'", a averti de son côté, sur BFMTV, Agnès Ricard-Hibon, directrice du Samu 95. Le 24 novembre, Emmanuel Macron avait fixé ce nouveau cap pour lever le confinement avant les fêtes de Noël, dans ce qui doit être un plan en trois actes avant un retour à une vie quasi-normale le 20 janvier.

"Le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2 500 à 3 000 personnes en réanimation, alors le confinement pourra être levé", avait-il annoncé durant son allocution. En conséquence, "nous pourrons donc à nouveau nous déplacer, sans autorisation, y compris entre régions, et passer Noël en famille. Les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront reprendre leur activité" avec des protocoles sanitaires, avait développé le chef de l'Etat.

Mais que faire si l'objectif n'est pas atteint ? Selon Jean-Christophe Lagarde, Jean Castex a assuré qu'il y aurait "des décisions à prendre" et qu'il serait "cohérent et constant", même s'"il sait que ce n'est pas très populaire".

Difficile cependant d'imaginer un revirement total, "sauf si un vrai rebond se dessine", suppose Mircea Sofonea. "Le gouvernement a pris tellement d'engagements au niveau des fêtes, il y a un plan qui a été bien établi pour laisser les Français se réunir en famille", argumente-t-il. "Mais ça peut jouer sur des restrictions après, avec éventuellement des restrictions locales", selon l'épidémiologiste.

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