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Le seul fabricant français habilité à produire de la chloroquine est en redressement judiciaire


Production de chloroquine en Chine. © Barcroft Media/Getty Images

Les recherches pour trouver un traitement efficace contre le Covid-19 battent leur plein. Plusieurs multinationales de l'industrie pharmaceutique, dont Sanofi, se sont engagées à fournir un vaccin contre ce nouveau coronavirus "partout dans le monde", dans un délai estimé de 12 à 18 mois minimum, précisait jeudi l'AFP. En France, et plus précisément à l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, un espoir de traitement est porté par le spécialiste des maladies infectieuses Didier Raoult.

Pour lutter contre le Covid-19, il préconise le recours à la chloroquine. Sur la base de ses propres essais, le professeur administre déjà cette molécule à des patients en l'associant à un antibiotique appelé azithromycine. Un essai clinique européen, incluant notamment la chloroquine, a aussi été lancé en France le 22 mars, a annoncé l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il permettra de savoir si ce traitement est efficace alors qu'il ne fait pas consensus parmi les scientifiques.

Cette molécule, utilisée contre le paludisme et plus connue sous le nom du médicament de Sanofi la Nivaquine, est produite par une seule entreprise en France, selon Le Progrès. Or, ce fabricant baptisé Famar et situé à Saint-Genis-Laval, dans la banlieue de Lyon, se trouve être en redressement judiciaire, précise le quotidien. Lâché par le fonds d'investissement américain KKR, ce seul site de production habilité par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à produire pour le marché français la Nivaquine n'a pas retrouvé preneur.

L'entreprise peut poursuivre ses activités

Mais pour le moment, l'entreprise a le droit de poursuivre ses activités. "Les laboratoires ont accepté de relever le prix d'achat des médicaments qui sortent de nos lignes de fabrication. Ils n'ont pas de stock et pour l'instant, nous sommes les seuls à pouvoir honorer les commandes. C'est un peu surréaliste, mais l'entreprise fonctionne à pleine charge alors que nous sommes en redressement judiciaire", a déclaré au Progrès Yannig Donius, délégué CGT du site industriel.

Le syndicaliste a déjà contacté le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, pour l'alerter sur la situation, tandis que l'audience devant le tribunal de commerce pour statuer sur l'avenir de Famar a été reportée en raison justement de l'épidémie de Covid-19. Un laboratoire libanais serait potentiellement intéressé pour reprendre l'entreprise. L'Etat français, dans cette période trouble, pourrait aussi être tenté de venir à son chevet. D'autant que le manque de masques et la gestion de la crise actuelle par le gouvernement font déjà polémique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a de son côté condamné ce lundi 23 mars l'administration de médicaments aux patients infectés par le nouveau coronavirus, tant que la communauté scientifique ne s'est pas accordée sur leur efficacité. "Des études réduites et non randomisées, réalisées à partir d'observations, ne nous apporteront pas les réponses dont nous avons besoin", a averti le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse virtuelle depuis Genève, rapporte l'AFP.

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