Le sommet ChangeNow met en avant 4 initiatives pour réduire les déchets alimentaires

De gauche à droite : Clara Duchalet, fondatrice de Vépluche, Jean Moreau, président de Phenix et la princesse de Senlagor, la Malaisienne Zatashah Tengku, ont eu l'occasion de mettre en avant leurs initiatives respectives de réduction des déchets alimentaires lors du sommet ChangeNow, qui se tient à Paris du 30 janvier au 1er février. Vadim Rubinstein/Business Insider France

Aux grands enjeux les grands lieux. Alors que les deux premières éditions du sommet ChangeNow s'étaient tenues au sein de la Station F à Paris, ses organisateurs ont décidé de voir grand en 2020 en investissant le Grand Palais. Depuis le 30 janvier et jusqu'au 1er février, les acteurs de l'innovation environnementale se succèdent sous la nef de l'édifice afin de présenter leurs solutions pour lutter contre le changement climatique. Une conférence sur la ville de demain se tiendra par exemple vendredi, alors que l'importance d'étudier l'espace pour trouver des solutions sur Terre sera abordée samedi (conférence animée par Chisato Goya, journaliste de Business Insider France).

Organisée lors de la première journée du rassemblement, la conférence "Changing food system : Food waste" a ainsi mis en avant quatre initiatives oeuvrant pour la réduction des déchets alimentaires. De la startup israélienne Wasteless à la jeune pousse boulonnaise Vépluche, tour d'horizon des initiatives mises en avant par ChangeNow, un événement dont Business Insider France est partenaire. 

Wasteless : un prix 'dynamique' pour lutter contre les invendus dans les supermarchés

David Kat, vice-président de Wasteless, s'exprime lors du sommet ChangeNow, le 30 janvier 2020. Vadim Rubinstein/Business Insider France

"Notre système alimentaire est cassé". Le constat tiré par David Kat, vice-président de Wasteless, est sans ambiguïté. Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont jetées ou perdues chaque année — ce qui représente environ un tiers des denrées produites annuellement dans le monde. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, l'entreprise fondée à Tel Aviv en 2017 a décidé de s'attaquer aux invendus des supermarchés. Sa solution ? La mise en place de prix "dynamiques" qui s'ajustent en fonction de la date de péremption des produits : des yaourts périmant dans deux jours sont ainsi vendus moins chers que ceux encore consommables deux semaines — le prix étant automatiquement réduit sur une étiquette électronique. Le système informatique de Wasteless suit l'état des stocks des supermarchés en temps réel, avertissant par exemple les employés en cas de rupture d'approvisionnement. "Cela permet ainsi aux supermarchés d'améliorer leurs revenus de 45% tout en réduisant leurs déchets de 40%", pointe David Kat.  

La campagne #ZeroFoodWastage : la princesse et les sans-abri

La princesse de Selangor, Zatashah Tengku, s'exprime au sujet de sa campagne #zerofoodwastage lors du sommet ChangeNow, le 30 janvier 2020. Vadim Rubinstein/Business Insider

"Nous devons faire quelque chose". Voilà ce que s'est dit Zatashah Tengku lorsqu'elle a appris que, chaque année en Malaisie, 270 000 tonnes d'aliments finissaient aux ordures durant le mois de Ramadan. En 2016, la princesse issue de la famille royale du Selangor décide de lancer la campagne #ZeroFoodWastage. "J'ai commencé à écrire à des hôtels pour leur demander de récupérer les restes de leurs buffets de Ramadan. À ma grande surprise, ils ont accepté", se rappelle-t-elle. Avec la participation de volontaires et d'ONG locales, la nourriture est récupérée puis redistribuée aux sans-abri ainsi qu'aux classes défavorisées. Après avoir récupéré trois tonnes de denrées en 2016, le mouvement en a redistribué huit de plus lors du ramadan 2019, venant ainsi en aide à 23 000 personnes. "Je ne suis pas une ONG", tient à préciser Zatashah Tengku. "J'agis par passion et par croyance envers les gens."

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Phenix : objectif 'zéro déchet' dans les supermarchés

Jean Moreau, cofondateur et président de Phenix, lors du sommet ChangeNow, le 30 janvier 2020. Vadim Rubinstein/Business Insider France

"À la fin de la journée, nous visons le zéro déchet", indique Jean Moreau, cofondateur et président de Phenix. Cette entreprise française, fondée en 2014, a été créée afin de mettre en relation les acteurs de la grande distribution et les associations pour les dons alimentaires. 2016, année d'entrée en vigueur de la loi Garot, est arrivée à point nommé pour l'entreprise. Depuis lors, la législation interdit aux grandes surfaces de plus de 400 mètres carré de jeter leurs invendus. Et des acteurs de la grande distribution, tels que E.Leclerc, Carrefour ou Intermarché collaborent désormais avec la startup. En tant qu'entremetteur, Phenix s'arroge une commission sur les déductions d'impôts obtenus par les distributeurs après leurs dons. L'entreprise a également développé une application mobile permettant aux particuliers d'acheter les invendus des commerçants à un prix réduit. Une initiative qui, selon Jean Moreau, a permis de "sauver 120 000 repas par jour en 2019."

Vépluche : la seconde vie des épluchures

Clara Duchalet détaille le concept de sa startup Vépluche lors du sommet ChangeNow, le 30 janvier 2020. Vadim Rubinstein/Business Insider France

En arrivant à Paris, à l'âge de 18 ans, Clara Duchalet fut "surprise par le manque de solutions autour des déchets alimentaires." Durant ses études à Sciences Po, elle réfléchit à un moyen de remédier à cela. Le fruit de sa réflexion deviendra Vépluche, qu'elle a lancé en 2018 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Son idée ? Récupérer les épluchures des petits restaurants pour les transformer en compost, lequel servira de terreau à de futurs légumes. "Vos déchets organiques ont de la valeur !", lance-t-elle aux commerçants. Depuis, elle sillonne les rues de la ville au guidon d'un vélo triporteur — baptisé "Cocotte" — pour récupérer gratuitement sa matière première auprès d'une cinquantaine de restaurants partenaires. Ces derniers s'engagent de leur côté à lui acheter ses légumes. Les "Cocotte" de Vépluche, qui compte aujourd'hui quatre salariés, devraient faire leur apparition dans les rues de Paris courant 2020.

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