Le Soukhoï Superjet-100, un avion russe qui ne faisait déjà pas l'unanimité

Un avion de ligne de la compagnie aérienne russe Aeroflot a dû atterrir d'urgence moins d'une demi-heure après son décollage, dimanche 5 mai, à l'aéroport de Moscou-Cheremetievo. Cet atterrissage chaotique de l'appareil, qui a subi un incendie, a entraîné la mort de 41 personnes sur les 73 passagers et cinq membres de l'équipage à bord. Denis Evdokimov, le commandant de bord, a précisé aux médias russes que le Soukhoï Superjet-100 d'Aeroflot avait été frappé par la foudre.

"A cause de la foudre, nous avons perdu le contact radio et sommes passés en régime de pilotage minimal (...) C'est-à-dire sans ordinateur comme à l'ordinaire, mais de manière directe. En régime d'urgence", a-t-il raconté au tabloïd russe Komsomolskaïa Pravda, rapporte France Info. Selon lui, c'est à cause du violent atterrissage que l'avion aurait ensuite pris feu : "la raison est sûrement la suivante : les réservoirs étaient pleins". Le ministre russe des Transports, Yevgeny Ditrikh, a indiqué qu'il n'y avait pas de raison pour le moment de clouer au sol les Soukhoï Superjet-100 (SSJ100), rapporte Reuters.

L'appareil qui devait se rendre à Mourmansk, dans le nord de la Russie, a volé pour la première fois en juin 2017, selon le site spécialisé Flight radar 24.

 

Mis en service en 2011, le Soukhoï Superjet-100 (SSJ100) est le premier avion civil conçu par la Russie post-soviétique.

Aéroport de Moscou avec le Soukhoï Superjet-100 accidenté, Russie, le 6 mai 2019. REUTERS/Tatyana Makeyeva

Il est notamment le concurrent des appareils destinés au marché des avions régionaux des constructeurs brésilien Embraer et canadien Bombardier. Il peut transporter entre 75 et une centaine de passagers selon les versions. 

Plusieurs équipementiers d'envergure internationale ont contribué à sa conception, dont les groupes français Thalès et Safran, via sa société Snecma (rebaptisée Safran Aircraft Engines), pour la mise au point du moteur de l'appareil.

Mais le Soukhoï Superjet-100 peine à convaincre en Europe. La seule compagnie qui exploitait des SSJ10, le transporteur régional irlandais CityJet, a pris la décision de se séparer des 7 appareils qu'elle utilisait.

Appareil Cityjet BAE-146 de la compagnie CityJet. Wikimedia Commons/ Adrian Pingstone

En février, CityJet a pris cette décision en raison d'un manque de pièces de rechange provoquant des périodes d'inactivité des avions, selon le quotidien russe Vedomosti, rapporte l'AFP. Quatre mois auparavant, le quotidien belge L’Écho précisait que la compagnie Brussels Airlines avait aussi décidé de se débarrasser des quatre SSJ100 intégrés dans sa flotte dans le cadre d'un accord de prêt (leasing) avec CityJet, suite à des "pannes régulières" de ces appareils.

Finalement, les SSJ100 seraient essentiellement utilisés en Russie. Sur les près de 140 appareils actuellement exploités, seuls 33 serviraient à des compagnies étrangères, notamment au Kazakhstan et au Mexique via la compagnie Interjet, selon le site spécialisé Aerotime News.

Sukhoï Superjet-100 à Campeche, au Mexique. Wikimedia Commons/ Ralf Roletschek

Le SSJ100 a déjà connu un crash, en mai 2012 lors d'un vol de démonstration en Indonésie, qui avait fait 45 morts dont un Français.

Mont Salak vu depuis Rainbow Hills, Bogor, Indonésie. Wikimedia Commons/ Hiroshi sanjuro

Le contact radio avec le Soukhoï avait été perdu lors de ce vol et l’avion avait disparu des écrans de contrôle, rappelle Capital. Sa carcasse avait finalement été retrouvée sur un flanc du mont Salak, à 50 km au sud de Jakarta, à 1.676 m d'altitude.

Avant ce crash, le SSJ100 avait déjà connu des soucis techniques. En mars 2012, un appareil de la compagnie Aeroflot avait dû faire demi-tour lors d'un vol intérieur russe, en raison d'un problème avec le train d'atterrissage, précise l'AFP.

Enfin, le 10 octobre dernier, un SSJ100 de la compagnie russe Yakutia Airlines a fait une sortie de piste de 250 mètres, lors d'un atterrissage à l'aéroport de Iakoutsk, en Russie. Le train d'atterrissage principal s'était cassé, sur une piste gelée par endroits.

Lundi 6 mai, le transporteur régional russe Yamal Airlines a annoncé l'annulation de son projet d'achat de 10 Sukhoï Superjet-100 supplémentaires, officiellement en raison de coûts de maintenance trop élevés, selon l'agence russe TASS citée par Reuters.

Sukhoï Superjet-100 de la Yamal Airlines. Wikimedia Commons/ Anna Zvereva

Yamal exploite actuellement 15 appareils de ce type, ce qui en fait le deuxième opérateur russe du Superjet après Aeroflot.


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  1. jean

    à cause de la foudre ! : à noter néanmoins que la compréhension des graves accidents dans les grands systèmes complexes de transport (aérien, ferroviaire …) ne peut se résumer à la recherche d’une cause unique : « L’accident provient toujours d’une succession de défaillances du système… » (J.Reason) voir “La sécurité dans les systèmes complexes” : http://www.officiel-prevention.com/formation/formation-continue-a-la-securite/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=139&dossid=519

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