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Le trio Capton-Niel-Pigasse rachète Lagardère Studios

Le trio Capton-Niel-Pigasse rachète Lagardère Studios
Le producteur de télévision Pierre-Antoine Capton, en juin 2019. © Eric Fougere/Corbis via Getty Images

Le rachat de Lagardère Studios va contribuer à faire de Mediawan un champion européen. La société de production audiovisuelle du trio Capton-Niel-Pigasse change de dimension : ses fondateurs ont annoncé lundi 22 juin plusieurs opérations, dont le lancement d'une OPA pour obtenir le contrôle du groupe, et une série d'acquisitions dont les studios du groupe Lagardère. Dans le cadre de son recentrage stratégique sur Lagardère Publishing et Lagardère Travel Retail, le groupe dirigé par Arnaud Lagardère a reçu une offre d'achat ferme et définitive de Mediawan portant sur 100% du capital de Lagardère Studios.

Ce projet de cession valorise Lagardère Studios à une valeur d'entreprise estimée à 100 millions d'euros. En 2019, le chiffre d'affaires consolidé de Lagardère Studios s'est élevé à 218 millions d'euros. Cette filiale, présente dans 4 pays (France, Finlande, Espagne et Pays-Bas), bénéficie d'un riche catalogue, qui va de la série "Joséphine Ange Gardien", sur TF1, à "The Eddy", la dernière création de Damien Chazelle, et le documentaire "Grégory", tous deux sortis sur Netflix.

Le rapprochement avec Mediawan renforce le positionnement du nouvel ensemble en tant qu'acteur européen de référence dans la production audiovisuelle. "L'objectif de ce big bang est très simple, créer le leader européen des contenus en faisant une succession d'opérations très importantes", a déclaré à l'AFP Matthieu Pigasse, qui a fondé Mediawan en 2015 avec le trublion des télécoms Xavier Niel et le producteur de télévision Pierre-Antoine Capton.

Pour commencer, le trio explique avoir créé une nouvelle structure, baptisée Mediawan Alliance. Soutenue par la mutuelle MACSF et le fonds d'investissement KKR, cette nouvelle société va lancer une OPA (offre publique d'achat) sur le groupe Mediawan, et va par ailleurs obtenir, via KKR, une participation de 25% dans le producteur allemand Leonine. L'OPA devrait être lancée en juillet, au prix de 12 euros par action, soit une prime de 42% par rapport à la clôture de vendredi, ce qui valorise l'entreprise autour de 400 millions d'euros. Le seuil de réussite est fixé à 55% du capital, sachant que les fondateurs et MACSF contrôlent déjà ensemble 27% des parts.

"Jusqu'à présent nous (les trois fondateurs, NDLR) avions 20% des parts de Mediawan et pas de contrôle exclusif. Si l'offre publique aboutit, ce sera le cas", fait valoir Xavier Niel.

Série d'acquisitions

Mais cette OPA n'est qu'une entrée en matière pour les trois partenaires, qui ont déjà fait de Mediawan un champion de la production de fiction télé en France à coup d'acquisitions, dont celle du groupe AB en 2017, puis de certaines activités d'Europacorp (le groupe de Luc Besson) et du producteur des "Bracelets rouges" en 2018, avant de mettre un pied en Italie début 2019 en rachetant Palomar, le producteur de "Commissaire Montalbano" et de la série "Le nom de la rose".

En effet, ils annoncent lundi plusieurs nouvelles acquisitions. En plus de Lagardère Studios, Mediawan Alliance va racheter à Pierre-Antoine Capton sa propre société de production, baptisée Troisième Oeil, qui fabrique des émissions dites de flux, comme le magazine de France 5 "C à vous", "Le grand Echiquier" (France 2) ou "Zemmour et Naulleau" (Paris Première).

Enfin, Mediawan a "acquis une participation majoritaire dans Good Mood", un producteur de télévision espagnol, surtout présent dans les séries, pour une somme non précisée.

Des ambitions que la crise ne remet pas en cause

Ces différentes opérations, qui devraient être bouclées d'ici septembre-octobre, et dont certaines nécessitent le feu vert des autorités de la concurrence, vont permettre à Mediawan de doubler de taille et de tracer de nouveaux axes de croissance : "Mediawan s'ouvre à une nouvelle activité, la production d'émissions de flux, et nous allons pouvoir développer des coproductions à l'échelle européenne", fait valoir Pierre-Antoine Capton.

Le groupe "va pouvoir créer depuis Paris des contenus à forte valeur ajoutée et accompagner les talents dans leurs développements internationaux", ajoute-t-il. Avec ces grandes manoeuvre, la course à la consolidation s'accélère dans le secteur de la production de télé, après l'annonce fin 2019 du rachat d'Endemol Shine par un autre champion français, Banijay, le groupe de Stéphane Courbit.

Et la crise du Covid-19 ne semble pas avoir freiné les ambitions des trois fondateurs de Mediawan. "Nous avons fait plus de 20 acquisitions depuis la création de Mediawan, notre volonté c'est de continuer dans ce sens. On est porté par la demande des plateformes et notre taille nous permet de leur fournir des contenus pour l'ensemble de leurs pays", résume Xavier Niel.

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Business Insider (avec AFP)
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