Le vaisseau Crew Dragon de SpaceX a rencontré une 'anomalie' lors d'un test, ce qui pourrait repousser son premier vol habité

Une illustration de la capsule Crew Dragon de SpaceX en train de s'amarrer à l'ISS. SpaceX

Le test au sol de la capsule Crew Dragon de SpaceX, censée transporter des astronautes de la NASA depuis et vers la Station spatiale internationale (ISS) d'ici la fin de l'année, ne s'est pas bien passé ce week-end. Selon des témoins, un gros nuage de fumée aurait émané de la zone d'atterrissage de Cape Canaveral en Floride (Etats-Unis), laissant penser à une explosion du vaisseau d'essai de sept places, rapporte le site Spacenews.com. Selon une source citée par Ars Technica, "le panache de fumée orange était le résultat de la combustion d'une à deux tonnes de tétroxydes d'azote — l'oxydant utilisé par les moteurs SuperDraco de la Crew Dragon — à cet endroit." La société spatiale d'Elon Musk n'a pas donné les détails de l'incident et s'est contentée de dire : "plus tôt dans la journée, SpaceX a effectué une série d'essais moteurs sur un véhicule d'essai Crew Dragon sur le banc d'essai de la zone d'atterrissage 1 à Cape Canaveral, en Floride. Les tests initiaux ont été réussis, mais le test final a donné lieu à une anomalie sur le banc d'essai." Aucune personne n'a été blessée lors de l'incident. 

SpaceX a ensuite ajouté dans son communiqué : "s'assurer que nos systèmes répondent à des normes de sécurité rigoureuses et détecter de telles anomalies avant le vol sont les principales raisons pour lesquelles nous effectuons des essais. Nos équipes enquêtent et travaillent en étroite collaboration avec nos partenaires de la NASA." La capsule Crew Dragon avait réussi sa mission de démonstration appelée "Demo-1" — aucun humain n'était à bord, seulement un mannequin vêtu d'une combinaison spatiale appelé "Ripley" et un jouet en peluche baptisé "Earth" — en mars dernier et avait alors annoncé que la première mission habitée "Demo-2", qui transportera les astronautes chevronnés Bob Behnken et Doug Hurley jusqu'à l'ISS, devrait se faire cet automne.

Il est fort probable que l'incident survenu ce week-end repousse de quelques mois le vol habité prévu pour le mois d'octobre, car SpaceX a perdu sa capsule — celle-ci même qui avait réussi la mission "Demo-1" — et devra donc trouver un vaisseau de substitution pour un test d'interruption de vol programmé cet été, durant lequel la Crew Dragon serait placée sur un propulseur d'une fusée Falcon 9 et enclencherait ses puissants moteurs SuperDraco pour voir si elle est capable de s'éloigner en toute sécurité de la fusée en cas d'anomalie avant ou pendant le vol (le même type de système qui a permis à deux astronautes de revenir sur Terre après l'incident sur le Soyouz en octobre 2018), rapporte Ars Technica.

Avant l'incident, Boeing, l'autre société privée qui travaille sur un vaisseau qui va permettre à la NASA d'amener des astronautes dans l'espace, était en retard par rapport à SpaceX en termes de développement de sa navette appelée "CST-100 Starliner". Désormais, Boeing et SpaceX devraient tous deux effectuer leur premier vol habité début 2020.

Dimanche, une vidéo non authentifiée a circulé sur Twitter et semblait montrer une explosion lors du vol test au sol de la Crew Dragon — la vidéo a depuis été supprimée. SpaceX n'a pas voulu commenter la vidéo et a renvoyé vers son communiqué officiel. Eric Berger, responsable des sujets espace chez Ars Technica, a estimé, dans un tweet, que la vidéo était "légitime", d'après les témoignages qu'il avait recueillis concernant l'incident :


Selon la vidéo, l'anomalie s'est produite pendant les 10 secondes du countdown final. 

En mars dernier, la NASA avait déclaré que la mission "Demo-1" de la Crew Dragon de SpaceX était essentielle parce que l'agence spatiale n'a plus de véhicule propre pour transporter les astronautes en direction et en provenance de l'ISS depuis près de huit ans. "Il s'agit d'un événement d'une importance capitale dans l'histoire américaine", avait estimé Jim Bridenstine, administrateur de la NASA. "Nous sommes sur le point de lancer des astronautes américains sur des fusées américaines à partir du sol américain pour la première fois depuis la retraite des navettes spatiales en 2011."

L'agence spatiale américaine compte ainsi sur SpaceX et Boeing pour y parvenir mais a tout de même assuré ses arrières en signant un contrat avec la Russie pour l'achat de deux sièges supplémentaires sur les capsules Soyouz afin d'assurer une présence américaine sur l'ISS en 2020, a rappelé Ars Technica.

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