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Le variant Delta est-il vraiment la pire version que le coronavirus puisse présenter ?

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Le Covid-19 n'aurait pas encore atteint son apogée. © John Paraskevas/Newsday via Getty Images
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Aucun variant de coronavirus repéré à ce jour n'est plus préoccupant que Delta, la souche identifiée pour la première fois en Inde en février. Lundi 21 juin, des responsables de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont déclaré que Delta était le variant le plus "performant" à ce jour, car il se propage encore plus facilement que les autres variants et peut entraîner des cas plus graves chez les personnes non vaccinées. "Le variant Delta se propage beaucoup, la pire version du virus que nous ayons vue", a tweeté la semaine dernière Eric Topol, directeur du Scripps Research Translational Institute à San Diego, en Californie. Mais il est possible que le variant Delta soit la pire version que le coronavirus puisse nous présenter — en d'autres termes, que le virus ait atteint ce que les épidémiologistes appellent le "pic de forme".

Eric Topol et le virologue italien Roberto Burioni explorent ce scénario dans une lettre publiée lundi 21 juin dans la revue Nature. Le virus, écrivent-ils, est susceptible d'atteindre un point après lequel il ne mute plus, pour devenir plus infectieux. Dans ce cas, disent-ils, "un variant "final" prévaudra et deviendra la souche dominante, ne connaissant que des variations occasionnelles et minimes". Il est trop tôt pour savoir si cela s'est produit, puisque le variant Delta n'est pas encore dominant dans le monde. Mais il est probable qu'il le sera bientôt — Delta a été détecté dans plus de 80 pays à ce jour et est déjà dominant en Inde et au Royaume-Uni.

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"Je pense qu'il est très difficile de dire si il a atteint son pic tant que nous n'aurons pas constaté d'autres changements", a déclaré à Insider Andrew Read, qui étudie l'évolution des maladies infectieuses à la Pennsylvania State University. "Si Delta s'empare du monde et que rien ne change, a-t-il ajouté, nous saurons dans quelque temps — un an ou deux — qu'il est le plus apte."

Les variants les plus forts sont les plus aptes à se propager

Une grand-mère s'apprête à prendre sa petite-fille dans les bras, à Los Angeles, en novembre 2020. Allen J. Schaben/Los Angeles Times/Getty Images

Le coronavirus subit constamment des mutations relativement inoffensives, mais de temps en temps, une mutation transforme le virus en une menace plus alarmante. Un nouveau variant se développe, capable d'échapper aux anticorps produits en réponse à un vaccin ou à une infection antérieure, d'entraîner une maladie plus grave ou de se propager plus facilement. De nouvelles recherches indiquent que le variant Delta remplit au moins deux de ces conditions.

Le Public Health England a constaté que Delta est associé à un risque accru de 60% de transmission du coronavirus à domicile par rapport à Alpha, le variant découvert au Royaume-Uni. Alpha est déjà environ 50% plus transmissible que la souche originale, selon les centres de prévention et de contrôle des maladies américains (CDC — Center for Disease Control and Prevention). Les chercheurs écossais ont également constaté que l'infection par le variant Delta double le risque d'hospitalisation par rapport à Alpha. (Des études antérieures ont suggéré qu'Alpha pourrait être de 30 à 70% plus mortel que la souche originale.)

Qui plus est, de nouvelles recherches indiquent qu'une seule dose de vaccin ne résiste pas aussi bien à Delta qu'aux autres souches de coronavirus. Des analyses récentes du Public Health England ont révélé que deux doses du vaccin Pfizer étaient efficaces à 88% pour prévenir les formes symptomatiques du variant Delta, alors qu'une seule dose n'était efficace qu'à 33%. En comparaison, l'efficacité contre la souche originale était de 95%, de 52% après une seule injection.

Selon Eric Topol et Roberto Burioni, la meilleure façon pour le coronavirus d'atteindre une forme optimale est de devenir plus contagieux. Si un variant se propage déjà rapidement, il n'est pas urgent qu'il échappe à la réponse immunitaire de l'organisme : elle peut simplement passer à une autre personne.

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Le taux maximal de transmission n'a pas encore été atteint

"Ce que nous recherchons, c'est une augmentation du taux de transmission d'une personne à l'autre", a annoncé Andrew Read. Jusqu'à présent, Delta est de loin le variant le plus transmissible. Les cas de variant Delta aux États-Unis semblent avoir triplé en 11 jours seulement, passant de 10% de tous les cas séquencés début juin à 31% la semaine dernière, selon une estimation récente du Financial Times. À ce rythme, les experts prévoient que le variant Delta deviendra la souche dominante du pays en quelques semaines.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que le coronavirus a atteint sa transmission maximale. Selon Andrew Read, Delta pourrait encore acquérir des combinaisons de mutations qui le rendent encore plus apte à se propager (ce qu'il appelle un variant "Delta-plus"). Il est également possible que deux variants distincts — Delta et Alpha, par exemple — combinent des mutations pour produire une souche encore plus infectieuse. Selon un troisième scénario, une lignée entièrement nouvelle pourrait remplacer Delta comme variant dominant.

"La plus grande préoccupation à l'heure actuelle est le nombre de personnes qui ont le virus et donc le nombre de variants qui sont générés", a déclaré Andrew Read. "Certains d'entre eux pourraient être encore plus adaptés que le variant Delta."

Quoi qu'il en soit, les vaccins offriront probablement au moins une certaine protection contre la souche qui représente le pic de forme du coronavirus. "Aucun vaccin humain n'a jamais été miné par un variant au point d'être complètement inutile", a déclaré Andrew Read.

Version originale : Aria Bendix/Insider

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