Leclerc a refusé de s'allier avec Amazon car son patron a eu peur de se faire voler son image de marque

Leclerc a refusé de s'allier avec Amazon car son patron a eu peur de se faire voler son image de marque

Le PDG du Groupe E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, en 2015. Wikimedia Commons/ActuaLitté

Leclerc est devenu en 2017 le premier distributeur alimentaire en France devant Carrefour grâce à des prix très bas. Il entend bien capitaliser sur cette image de marque pour se faire une place à Paris avec un nouveau service de livraison à domicile.

Le service sera lancé le 26 mars dans les arrondissements du nord de Paris et à partir de la mi-mai dans ceux du sud, pratiquera des prix qui seront 15% à 20% inférieurs à ceux de la concurrence, a confié Michel-Edouard Leclerc, à Reuters.

Face à lui, il trouvera des habitués des centre-villes: Carrefour, Casino et désormais Amazon.

Le géant américain du e-commerce a lancé son service de livraison express "Amazon Prime" à Paris en 2016 et envisage de lancer Amazon Fresh. Mais l'Américain a besoin de trouver des accords d'approvisionnement, et ses manœuvres d'approche obligent les distributeurs à accélérer leur transformation digitale.

Système U, cinquième du secteur, a dit discuter d'une éventuelle alliance avec lui mais qu'un accord était encore loin d'être finalisé.

En retard sur le numérique, Leclerc aurait pu être ce partenaire. Mais il a préféré abandonner une alliance avec Amazon, envisagée à l'automne 2017.

Son PDG Michel-Edouard Leclerc a précisé n'avoir finalement pas donné suite et avoir préféré développer sa propre distribution pour une raison marketing:

"Nous préférons être distribués par nous-mêmes plutôt que de laisser Amazon s'approprier note image commerciale", a-t-il dit.

Leclerc se donne trois ans pour réussir son pari.

"Leclerc va s'installer à Paris de façon omnicanale. Il nous faudra trois ans pour devenir un acteur important sur le marché parisien", a déclaré Michel-Edouard Leclerc, dans une interview accordée à Reuters, qui table sur 200 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021 avec cette activité.

Pour Michel-Edouard Leclerc, les visées d'Amazon constituent une opportunité pour les distributeurs français:

"Amazon nous force à réagir. Il faut apprendre à être bon en logistique et la différence ne se fera pas sur la rapidité mais sur la qualité des produits", a-t-il dit, estimant qu'il "n'est pas du tout acquis qu'Amazon vienne bousculer le marché français pendant longtemps".

Le groupement Leclerc compte 774 magasins, dont 681 en France, pour une chiffre d'affaires de 37,2 milliards d'euros.

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Lire aussi : Amazon va bientôt vous livrer de la nourriture — et ça pourrait être aussi dramatique pour le secteur que le piratage dans la musique

J'ai quitté les réseaux sociaux pendant un mois — et c'est la meilleure décision que j'ai pu prendre

  1. Mathilde

    L'un comme l'autre sont des poisons du commerces, capables de vendre leur mère pour toujours plus de fric.

  2. Benjelloun

    Et il est ou le problème?

  3. martine

    Mais les services de livraisons à domicile du frais existent depuis des dizaines d'année au Japon, aux USa, en Angleterre. Il faut que l'on se réveille . Pensez aux personnes âgées, aux personnes sans véhicules (de plus en plus de personnes sans voiture habitant les villes ), aux personnes qui travaillent...

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