Ce qui se passe en juin est plus important qu’on ne le pense — la France pourrait revenir 60 ans en arrière

Une femme passe devant les affiches des deux finalistes à Béthune. REUTERS/Pascal Rossignol

Les élections législatives des 11 et 18 juin prochains pourraient être un bouleversement dans l'histoire de la France.

Depuis 1958 et la Constitution de la Ve République, les présidents français tout juste élus ont toujours eu une majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat. 

Précisons qu'en cours de mandat, deux d'entre eux — François Mitterand (1986-1988 puis 1993-1995) et Jacques Chirac (1997-2002) — ont dû cohabiter.

Les profils des deux finalistes de 2017 laissent beaucoup d'incertitudes sur leur capacité à pouvoir gouverner.

  • Si Marine Le Pen l'emporte, sa chance d'obtenir une majorité paraît faible, ce qui rendrait plausible l'hypothèse d'une cohabitation.
  • Si Emmanuel Macron sort vainqueur, il s'est engagé à présenter 50% de nouvelles têtes aux législatives: cette proposition pourrait le contraindre de bâtir une coalition allant de la droite de la gauche à la gauche de la droite.

Or, sans majorité absolue ou relative à l'Assemblée nationale — avec l'appui de formations politiques — Marine Le Pen ou Emmanuel Macron auront bien des difficultés à faire approuver un grand projet de loi.

Le maire de Lyon Gérard Collomb (PS), soutien d'Emmanuel Macron, semble déjà paré à cette éventualité.

"J’ai écouté ce que disait Alain Juppé, sur l’école, sur la reconnaissance du travail, sur la refondation de la protection sociale. Et je me disais que sur des thématiques comme celles-là, il peut effectivement se construire des majorités de projet", a-t-il déclaré le 24 avril sur BFMTV-RMC.

En employant l'expression de "majorités de projet", Gérard Collomb sous-entend que le Gouvernement n'aura pas de majorité et trouverait des appuis au sein des 577 députés en fonction des textes qu'il déposerait.

Le risque de ce fonctionnement est l'instabilité politique. La France serait alors confrontée à un régime parlementaire dans lequel l'Assemblée et le Sénat auraient beaucoup plus de pouvoir pour bloquer des réformes.

Comme il y a 60 ans, sous la IVe République.

"La majorité de projets signifie que sur cette loi là, je fais voter En marche avec une partie des députés socialistes, sur une autre une partie des députés d'un autre groupe", a expliqué Clément Viktorovitch, docteur en science politique, lundi matin sur la chaine CNews. (....).

"Gérard Collomb envisage déjà qu'il ne pourrait pas y avoir de majorité absolue et devoir repasser à un système de la IIIe ou de la IVe République", a-t-il souligné.

Un peu oubliée, cette période de l'histoire française est synonyme de longues et paralysantes crises ministérielles.

Entre 1947 et 1958, avec une élection des députés à la proportionnelle, la France a connu 24 gouvernements sous la seule IVe République.

Voici une vidéo sur la crise ministérielle de février 1955:



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