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Les 1 % les plus riches polluent 66 fois plus que les 10 % les plus pauvres par leurs placements financiers

Les 1 % les plus riches polluent 66 fois plus que les 10 % les plus pauvres par leurs placements financiers
Les placements dans des entreprises polluantes contribuent à générer d'importantes émissions de gaz à effet de serre. © Pixource/Pixabay

Les très riches polluent beaucoup plus que les pauvres. Ce n'est pas nouveau. Mais au-delà de leur consommation abondante, les actifs financiers qu'ils détiennent, tels que des actions d'entreprises, peuvent aussi être associés à des émissions polluantes. Surtout lorsqu'il s'agit d'actions de sociétés pétrolières ou minières. C'est pourquoi GreenPeace a décidé d'accoler une composante carbone au patrimoine financier des plus riches. L'ONG suggère ainsi d'instaurer un "ISF climatique" qui s'appliquerait aux ménages dont le patrimoine s'élève à plus de 1,3 million d'euros, à l'image du seuil en vigueur pour taxer les plus aisés dans le cadre de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé en 2018 par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Cette nouvelle forme de l'ISF rapporterait à l'Etat "environ 4,3 milliards d'euros", assure-t-elle dans un rapport publié mardi 13 octobre. GreenPeace la justifie par le fait que le patrimoine financier des 1% les plus riches représente une empreinte carbone "66 fois supérieure à celle des 10% les plus pauvres". Ses calculs ont été réalisés avec le cabinet spécialisé Carbon 4, en associant les données de l'Insee et de la Banque de France sur la composition du patrimoine financier des ménages aux facteurs d'émissions.

Résultat, les 1% les plus riches affichent une empreinte carbone pour leurs placements financiers de 189 tonnes de CO2 équivalent carbone par an (tCO2eq/an), contre seulement 2,9 tCO2eq/an pour les 10% aux plus faibles revenus.

Une taxation plus juste pour financer la transition écologique

"La mobilisation des Gilets jaunes contre la taxe carbone a démontré que la question de l’acceptabilité sociale constituait un élément clé de la transition écologique. Il est contre-productif de décréter l'urgence climatique sans l'articuler à l'impératif de justice sociale : il faut que l'effort contributif des un(e)s et des autres soit proportionnel à leurs moyens et à leurs responsabilités dans cette crise sans précédent", insiste Clément Sénéchal, chargé de campagne pour Greenpeace France.

Le patrimoine financier des ménages assujettis à l'ISF en 2017 était associé à l'émission annuelle de 97 millions de tCO2eq, précise encore le rapport. Au prix de la taxe carbone actuelle, fixé à 44,6 euros par tonne de CO2 et dont le montant n'a pas augmenté depuis 2018 suite à la mobilisation des Gilets jaunes, GreenPeace estime ainsi les recettes de l'ISF climatique à 4,3 milliards d'euros par an.

Cet argent pourrait notamment aider à financer la transition écologique, qui souffre d'un déficit annuel d'investissements publics au regard des objectifs climatiques de la France, estimé entre 7 et 9 milliards d'euros par l'institut de recherche I4CE en octobre 2019.

Plus globalement, une étude de l'ONG Oxfam, publiée le 21 septembre 2020, affirme que les 1 % les plus riches de la planète seraient responsables de deux fois plus d’émissions de CO2 que la moitié la plus pauvre de l'humanité.

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