Les 15 villes françaises championnes de la mobilité

Les 15 villes françaises championnes de la mobilité

Le projet Rouen Normandy Autonomous Lab, réunit huit partenaires: Transdev, Renault, la Caisse des Dépôts, Matmut et deux collectivités — la métropole Rouen Normandie et la région Normandie.. Il devrait être opérationnel en 2020. Transdev

Vélos partagés, navettes autonomes, bornes de recharge électriques, bus zéro émission... les grandes villes françaises présentent un profil très inégal en matière de mobilité. Pour la première fois cette année, une étude portant sur les 75 villes françaises les plus peuplées a été menée par le think tank Les Clés de la Mobilité, en collaboration avec la société de location longue durée Athlon. Alors qu'avec près d'un an de retard, le projet de loi d'orientation sur les mobilités (LOM) est enfin arrivé au Parlement, le constat est clair : si de nombreux progrès ont été réalisés ces dernières années, la marge de progression est encore importante. La LOM doit notamment aider les élus à faciliter les déplacements et intégrer les nouveaux modèles apportés par la révolution numérique comme la voiture autonome et le covoiturage.

Les experts du groupe de réflexion des Clés de la Mobilité ont défini l'attractivité des villes sur le plan de la mobilité en prenant en compte la diversité des transports proposés, la créativité pour faciliter la mobilité au sein de l'agglomération et de ses alentours, l'attractivité de l'offre tarifaire et les objectifs de réduction des rejets dans l'atmosphère. 

L'enquête "Villes Françaises & Mobilité" a porté sur les 75 communes les plus peuplées de France métropolitaine (+ 65 000 habitants). Elle s'appuie sur les réponses à un questionnaire envoyé aux villes concernées par mail entre octobre et novembre 2018 et sur l'étude de toutes les sources publiques disponibles pour vérifier les réponses des villes. Les auteurs de l'enquête ont ensuite défini un barème pour établir le classement des 50 villes qui sont d'ors et déjà les plus attractives mais qui sont aussi les plus mobilisées pour le futur. 

Il en ressort principalement que le classement n'est pas corrélé au nombre d'habitants. "Les villes de toute taille peuvent arriver à des résultats équivalents en termes de diversité et d'accessibilité des offres de transport et mobilité", écrivent les experts. Ainsi, Bourges, classée cinquième, est presque quatre fois moins peuplée que Lille, classée septième. Autre constat, plus d'une ville sur deux (52%) interdit certains types de véhicules de circuler en cas de pics de pollution en s'appuyant sur des systèmes comme les vignettes Crit'Air.

Une grande marge d'amélioration

En revanche, si la plupart des villes mise sur le développement des véhicules électriques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les systèmes d'incitation à l'achat, eux, sont presque absents de leur stratégie. Seules trois villes — Paris, Marseille et Grenoble — subventionnent l'achat d’une voiture électrique tandis que le vélo électrique a un peu plus la cote, 38% des villes classées subventionnent son achat (entre 200 et 400 euros). Toujours concernant les véhicules électriques, l'un des freins à son développement concerne les bornes de recharge mises à disposition. Seules quatre villes du panel — Reims, Tourcoing, Saint-Etienne et Paris — subventionnent l'installation d'une borne de recharge et 38% des villes classées en compte moins de 15 sur leur territoire, même si 86% prévoient d'en installer à des horizons variables. 

Concernant les transports en commun, il apparaît que la part des motorisations thermiques est encore belle. 62% des villes du classement font circuler encore plus de 80% de leurs bus en diesel ou essence, tandis que seules six d'entre elles ont réussi à se passer de ces motorisations : Dunkerque, Tourcoing, Metz, Lille, Nancy et Roubaix.

Globalement, les politiques municipales en matière de mobilité s'adressent essentiellement aux particuliers, alors que les entreprises sont les "grandes oubliées", notent les auteurs de l'enquête. "Une ville classée sur trois ne propose aucune solution de conseil ni d'accompagnement aux entreprises basées sur leur territoire."

Voici le classement des 15 villes de France métropolitaine ayant obtenu un score supérieur à 300 points dans cette étude 2019 "Villes Françaises & Mobilité" et leurs dernières actions marquantes sur le thème de la mobilité :

15. Grenoble — Mise en place de zone de circulation restreinte pour les marchandises, développement du réseau vélo, limitation de la vitesse à 30 km/h presque partout dans la métropole, ambition de supprimer les véhicules diesels d'ici 2025.

Toyota I road en train de charger à Grenoble. Wikimedia commons/Milky

14. Toulouse — Fruit d'une startup américaine, la première piste d'essai du projet Hyperloop de Toulouse sera opérationnelle en avril.

Hyperlopp TT

13. Issy-les-Moulineaux — La ville a été récompensée par le 'Trophées 2018 de la mobilité en Île-de-France' dans la catégorie 'Solutions innovantes pour le transport de voyageurs', notamment pour son concept de parking en open data.

Station de tramway Issy Val de Seine, à Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine. Wikimedia commons/ Greenski

12. Pau — La ville mise sur la mobilité hydrogène, huit bus fonctionnant avec une pile à hydrogène sont attendus d'ici fin 2019 pour 72 millions d'euros.

Les futurs bus à hydrogène de la ville de Pau, dans les Pyrénées-Atlantique, s'appelleront "Fébus". Ville de Pau.

11. Nantes — La ville renouvelle son tramway avec 61 nouvelles rames commandées, qui seront entièrement accessibles aux personnes à mobilité réduite et entreront en service en 2022. 

Tramway de Nantes, Loire-Atlantique. Wikimedia commons/Marc Ryckaert

10. Marseille — Lancement d'un 'Pass Intégral' donnant accès à tous les transports en commun de la métropole.

Marseille, Bouches-du-Rhône. Facebook/Kiwi.com

9. Caen — Lancement d'un service de location moyenne durée de vélos et de vélos en libre service.

Caen, Calvados. Flickr/Patrick Nouhailler

8. Vitry-sur-Seine — Projet de plusieurs nouvelles stations de métro et de deux lignes de tramway.

Hôtel de ville de Vitry-sur-Seine, Val-de-Marne. Wikimedia commons/Sokoljan

7. Lille — Projet de bonus pour les automobilistes qui accepteront de décaler leurs trajets domicile-travail en dehors des heures de pointe.

Lille, Hauts-de-France. Pixabay

6. Saint-Denis — Triplement du nombre de stations Vélib' (de 5 à 15) et lancement du réaménagement de la gare de Saint-Denis après une concertation citoyenne.

Hôtel de ville de Saint-Denis, Seine-Saint-Denis. Wikimediac ommons/Pierre Poschadel

5. Bourges — Très impliquée dans la protection de l'environnement, la ville est l'une des rares à systématiquement permettre le téléchargement de ses rapports.

Train touristique de la ville de Bourges, Cher. Wikimedia commons/Anthony Levrot

4. Bordeaux — Déblocage de 780 millions d'euros pour résoudre les problèmes de congestion automobile.

Rame de tramway de la ligne B, place des Quinconces, à Bordeaux, France. Wikimedia commons/Pline

3. Rouen — Mise en circulation de véhicules autonomes au technopôle du Madrillet, seul projet européen sur route ouverte.

Le projet Rouen Normandy Autonomous Lab, réunit huit partenaires: Transdev, Renault, la Caisse des Dépôts, Matmut et deux collectivités — la métropole Rouen Normandie et la région Normandie.. Il devrait être opérationnel en 2020. Transdev

2. Paris — Refonte du réseau de bus avec 5 nouvelles lignes, 250 points d’arrêt et 100 bus supplémentaires prévus et abandon de la délégation de service public Autolib au profit de sociétés privés d'autopartage.

Véhicules Free2Move présentés au salon de l'auto à Paris, le 3 octobre 2018. Business Insider France/Elisabeth Hu

1. Lyon — Co-organisation en 2018 d'un salon grand public de la mobilité électrique et lancement de navettes autonomes entre le nouveau stade et le tramway, grande variété de solutions de transport, compromis attractif entre la qualité des transports et leurs tarifs, expérimentation diversifiées de nouvelles mobilités, voies solaires, véhicules autonomes. La ville a mis également en place des plans de déplacement inter-entreprise où elle aide à la mise en place de covoiturage. 

Depuis 2015, le Twizy électrique de Renault a rejoint le service d'autopartage Bluely à Lyon. Image Bolloré communications


Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Vous pourriez un jour relier Toulouse à Paris en 40 minutes avec Hyperloop. Les premiers essais de cette technologie vont débuter à Toulouse

VIDEO: Ce casque permet de lire dans vos pensées — voici comment il fonctionne

Contenu Sponsorisé

3 questions aux vainqueurs du concours d'innovation L’Oréal Brandstorm 2019

  1. Ce classement dénote deux choses chez leurs auteurs : l'obsession de la nouveauté, comme si elle était vertueuse en soi, et la valorisation de l'accumulation des moyens de se déplacer avec des modes motorisés. C'est-à-dire la même politique que celle menée depuis les années 50.

    Or, la seule piste pour s'en sortir est de réduire drastiquement la quantité de kilomètres à parcourir chaque jour pour réussir à répondre à tous ses besoins et envies. Et cela n'est pas mesuré ici.

    Seule Lille veut proposer une solution visant à avoir moins d'embouteillage, les autres métropoles et villes étant embarquées dans une fuite en avant au toujours plus de déplacements. Sauf que la loi sur les mobilités vient de reculer, et l'expérimentation est au point mort...

  2. Mat busnel

    j'aimerais connaître la méthodo de cette étude car pour le coup, voir Marseille dans ce classement et y vivre me fait juste rire super jaune.
    Si une ville ne devrait pas être associé u terme de mobilité, c'est bien celle-ci . : rien pour le vélo, rien pour les transports, tout pour la voiture . Elle a 50 ans de retard sur des villes comme rennes, Lyon, Nantes.

Laisser un commentaire