Les jeunes encore rattachés au foyer fiscal de leurs parents disposent depuis peu d'un nouveau placement. Ils peuvent investir leurs deniers dans un Plan d'épargne en actions (PEA) Jeunes. Un décret, paru au Journal officiel le 24 août 2019, permet à ce nouveau dispositif prévu dans la loi Pacte d'être opérationnel. Son fonctionnement est calqué sur celui du PEA "classique" : les gains retirés au bout de cinq ans sont ainsi exonérés d'impôts. Ils restent toutefois soumis des prélèvements sociaux (CSG, CRDS), qui s'élèvent à 17,2% de leur montant. 

Le PEA Jeunes ouvre une nouvelle possibilité aux 18-21 ans et aux étudiants de moins de 25 ans encore rattachés fiscalement. Jusqu'à présent, ils n'avaient pas d'autres choix que de souscrire à un compte-titre pour investir dans des actions, une solution plus lourde sur le plan fiscal, sans exonération passé cinq ans. A moyen terme, le PEA Jeunes est même plus intéressant fiscalement que l'assurance vie, puisque cette dernière n'offre une exonération sur les gains qu'au bout de huit ans seulement.

Pour l'un comme pour l'autre, l'épargnant a dans tous les cas intérêt à placer tôt son argent pour "prendre date fiscalement", c'est-à-dire ne pas repousser le moment auquel il pourra profiter d'une fiscalité avantageuse.

Un placement potentiellement plus rémunérateur

Comme un PEA "classique", réservé aux seuls contribuables, le PEA Jeunes permet d'investir dans des actions d'entreprises en direct, mais aussi via des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) et des sociétés d'investissement à capital variable (Sicav). Pour ses promoteurs, il représente "un outil pédagogique permettant d'inculquer une culture financière et de favoriser l'investissement productif", rappelle le journal Les Echos

En revanche, le PEA Jeunes est plafonné à 20 000 euros, contre 150 000 pour un PEA "classique". Mais à la fin du rattachement fiscal, ce plafond est relevé aussi à 150 000 euros.

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"Le PEA Jeunes peut offrir des rendements plus intéressants que le Livret A, le Livret jeune ou le fonds en euros de l'assurance vie", souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne, contacté par Business Insider France. Alors que les taux sont au plus bas depuis des mois — et pourraient bien le rester encore longtemps — investir dans des actions peut offrir une rémunération potentiellement plus élevée.

Mais le PEA présente un risque de pertes

Mais le PEA est aussi un placement risqué, sans garantie pour le capital investi, contrairement à l'argent placé dans un fonds en euros de l'assurance vie par exemple. Il est donc possible de perdre une partie du capital investi au départ. Si les cours de Bourse évoluent à la baisse, tant qu'aucun retrait n'est effectué sur les sommes placées, les moins-values potentielles au sein de son PEA ne se transformeront toutefois pas en pertes réelles. Dans ce cas, il vaut mieux attendre que les actions repartent à la hausse.

"Il n'est pas inutile de se renseigner avant d'en ouvrir un PEA, en lisant la presse économique par exemple", conseille Philippe Crevel. Le jeune épargnant pourra ainsi mieux maîtriser comment peuvent évoluer les titres qu'il possède dans la cadre de son placement, comme les actions. Et ainsi mieux comprendre son conseiller bancaire, "voire le contredire le cas échéant", ajoute l'économiste un sourire dans la voix. 

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