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Les 4 scénarios possibles concernant l'évolution de l'épidémie selon le Conseil scientifique

Les 4 scénarios possibles concernant l'évolution de l'épidémie selon le Conseil scientifique
Une bannière sous forme de masque de protection avec des mots "Stop Covid" est accroché sur un balcon à côté d'un drapeau français à Saint-Mandé, le 4 mai 2020. © Stephane Cardinale/Corbis/Corbis via Getty Images

Le Conseil scientifique, chargé de guider le gouvernement français dans la gestion de la crise sanitaire due au coronavirus, a publié son septième avis datant du 2 juin 2020 concernant l'évolution de l'épidémie pour les mois à venir. Sous-titré "Anticiper pour mieux protéger", cet avis doit permettre de "préparer et d'anticiper les mesures à mettre en place selon les différents scénarios" afin "d'éviter une reprise brutale de l’épidémie nécessitant un nouveau confinement." En effet, les scientifiques affirment dans leur avis "qu'un nouveau confinement généralisé n'est pas souhaitable ni probablement acceptable considérant les enjeux sanitaires, sociaux et économiques. Il est donc essentiel de tout faire pour éviter une telle situation d'échec."

Les experts ont souligné que "les mesures doivent être élaborées dès maintenant pour être opérationnelles lorsque cela sera nécessaire". Le Conseil scientifique a anticipé quatre scénarios possibles, du plus favorable, c'est-à-dire d'une "épidémie sous contrôle", au plus critique, c'est-à-dire d'une "dégradation critique des indicateurs" qui "traduirait une perte du contrôle de l’épidémie". Voici les quatre scénarios possibles anticipés par le Conseil scientifique, du plus favorable au plus critique :

  • Le scénario le plus favorable, soit une épidémie sous contrôle : l'épidémie serait sous contrôle en raison de la stabilisation des différents marqueurs à savoir "l'existence d'un nombre limité de clusters à criticité faible car contrôlés", ainsi que des indicateurs (nombre de passages aux urgences pour Covid-19, nombre de nouveaux patients hospitalisés, taux de test positif inférieur à environ 2-3%...) montrant "que le nombre de cas de Covid-19 est faible et stabilisé ou en train de diminuer." Les experts précisent toutefois que même dans ce scénario le plus favorable, le virus sera toujours présent, ce qui nécessite de maintenir des mesures de lutte contre l'épidémie (mesures barrière et de distanciation physique comme le port du masque obligatoire dans tous les lieux confinés).
  • Le deuxième scénario plus défavorable imagine l'apparition "de clusters critiques" : ce scénario indique "une circulation active mais localisée du virus", qui pourrait entraîner "une perte de contrôle des chaînes de contamination, et donc du contrôle de l’'épidémie elle-même". Ainsi, "ce scénario exigerait des mesures strictes, précoces et localisées, afin d'éviter une perte de contrôle plus large de l'épidémie", préviennent les experts. Parmi ces mesures, on retrouve l'identification des clusters critiques, le renforcement des gestes barrières combiné à une stratégie massive de "tester, tracer, isoler". Le Conseil scientifique estime qu'il s'agit d'un scénario "probable dans les semaines qui viennent compte tenu de ce qui a été constaté en Allemagne et dans certains pays d’Asie."
  • Le troisième scénario d'"une reprise diffuse et à bas bruit de l'épidémie" : dans ce scénario, "des indicateurs se dégraderaient sans que les chaînes de contamination puissent être identifiées, ni a fortiori contrôlées". Selon les experts, "cette reprise de l'épidémie traduit plutôt un relâchement des mesures de contrôle de la circulation du virus par la population permettant une reprise active de la transmission du virus et de façon diffuse. A cette situation de départ, vient s'ajouter la reprise progressive des déplacements inter-régionaux favorisant la dissémination du virus." Dans cette situation, des mesures strictes devront être prises à une échelle régionale ou au niveau national afin d'enrayer la progression de l'épidémie. Cette situation nécessite d’être identifiée suffisamment tôt pour arriver à enrayer la progression de l’épidémie.
  • Le dernier scénario le plus critique est celui de "l'épidémie atteint un stade critique" : cette situation pourrait survenir si "les efforts pour stopper la reprise de l'épidémie (scénario 3) ont échoué". Ainsi, le nombre de cas de Covid-19 continue à augmenter avec une dégradation critique des indicateurs, ce qui traduirait une perte du contrôle de l'épidémie. A ce moment-là, "toutes les autres approches ayant échoué, les autorités doivent décider si elles souhaitent instaurer un deuxième confinement pour éviter le débordement des services de réanimation". Cette situation "exigerait des décisions difficiles, conduisant à choisir entre un confinement national généralisé, permettant de minimiser la mortalité directe, et d'autres objectifs collectifs, économiques et sociaux, s'accompagnant alors d’une importante mortalité directe", prédisent les experts, tout en rappelant que "ce scénario 4 doit absolument être évité mais il ne peut être éliminé d'où l'importance d'anticiper."

Le Conseil scientifique insiste sur la nécessite d'élaborer dès maintenant "avec les acteurs notamment territoriaux, un plan de Prévention et de Protection rapprochées, le P2R-Covid, permettant d'activer le plus rapidement possible les mesures appropriées", tout en limitant l'impact social et économique de l'épidémie. Ce plan inclut notamment "le renforcement des mesures barrière et de distanciation physique, la mise en œuvre renforcée de la stratégie 'tester, tracer, isoler', un plan de protection des EHPAD, une protection renforcée par confinement volontaire des personnes les plus vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé, un plan destiné aux personnes les plus précaires, ainsi qu'un ensemble de mesures à mettre en œuvre dans les métropoles, qui sont particulièrement exposées, notamment en Ile-de-France."

Au micro de France Inter ce vendredi matin, le Pr Jean-François Delfraissy a déclaré que "le virus continue à circuler, en particulier dans certaines régions […] mais il circule à une petite vitesse. Là où on avait à peu près plusieurs dizaines de milliers de cas, autour de 80 000 nouveaux cas par jour début mars avant le confinement, on estime qu'on est maintenant autour de 1 000 cas à peu près." Et d'ajouter : "cela montre bien qu'il y a une réduction importante. Et puis surtout, on a tous les outils pour dépister ces nouveaux cas. On a les tests, on a tout un système ensuite d'isolement et de contact des contacts, qui permet d'éviter évidemment l'extension."

Selon le dernier bilan communiqué par la Direction générale de la santé datant de ce jeudi, au soir, en France, 29 065 personnes sont décédées du Covid-19 depuis le début de l'épidémie. Ce bilan ne comprend pas les décès dans les établissements sociaux et médico-sociaux au cours des dernières 24 heures.

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Business Insider
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