Les 7 régions qui oeuvrent le plus pour la transition écologique

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Les 7 régions qui oeuvrent le plus pour la transition écologique
Strasbourg, chef-lieu de la région Grand Est. © Guillermo Bresciano/Unsplash

À l'approche des élections régionales, dont le premier tour se déroulera dimanche 20 juin, l'Observatoire de la transition écologique des territoires a dévoilé un outil — l'EnviroScore — pour pouvoir évaluer les politiques publiques mises en oeuvre et comparer les régions entre elles. L'association, qui s'appuie sur les données fournies par les pouvoirs publics, mais aussi des organisations professionnelles ou associatives, dresse un portrait peu reluisant de la transition environnementale au niveau de nos régions.

Parmi les 13 régions françaises, notées sur 20 et sur un ensemble de sept thématiques (énergie, santé environnementale, biodiversité, transport, agriculture, bâtiment et achats publics responsables), seule une parvient à obtenir la moyenne : la région du Grand Est. Et cinq affichent un score inférieur à 7 : Auvergne-Rhône-Alpes (6,8 sur 20), Occitanie (6,6), Corse (6), Normandie (5,8) et Hauts-de-France (5,2). L'EnviScore prend en compte l'action des régions au cours du dernier mandat, de 2016 à 2021.

Elles ont un rôle important à jouer dans la transition écologique et sa mise en oeuvre opérationnelle. Leurs compétences se sont accrues en la matière depuis la loi "Notre" de 2015.

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"Le moment est venu de passer de la parole aux actes. La transition écologique est à la fois une nécessité absolue et une opportunité incroyable : elle est porteuse de création de nombreux emplois et de justice sociale", estime Victor Ferreira, ancien directeur d'Agir ici, devenu Oxfam France, à l’origine de l'EnviroScore. "Les Français connaissent maintenant les enjeux. Il revient aux femmes et hommes politiques de tous bords de sortir des discours politiques et d'agir réellement, concrètement et de façon efficace", ajoute-t-il.

Voici les 7 régions affichant les moins mauvaises notes attribuées par l'Observatoire de la transition écologique des territoires :

7. Île-de-France — 7,4 sur 20

Le quartier de la Défense, dans le prolongement de Paris, dans la région Île-de-France. Alexandre COPIN/Wikimedia Commons

L'Île-de-France obtient le meilleur score concernant le bâtiment, qui "reste le parent pauvre de l'action sur la transition écologique", estime l'association. Avec un maigre 6,2 sur 20, elle parvient tout de même à devancer les autres régions dans ce domaine, grâce à une très bonne note (15/20) pour les "constructions neuves performantes", 31% bénéficiant d'un label ou d'une certification.

C'est la dernière région dans la catégorie "biodiversité", l'artificialisation des sols étant particulièrement préoccupant en Île-de-France. Le nombre d'hectares de surfaces naturelles ou agricoles détruits chaque année y est deux fois plus élevé que la moyenne des régions.

6. Bourgogne-Franche-Comté — 7,5

Le Doubs vu de la citadelle de Besançon, siège de la région Bourgogne-Franche-Comté. Thomas Bresson/Flickr

Si elle s'affiche en troisième position sur l'énergie et la santé environnementale, la Bourgogne-Franche-Comté est dernière sur les achats publics responsables. Elle fait partie des cinq régions qui ne se sont pas engagées sur un "Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables" (Spaser), précise l'observatoire.

Or, depuis deux lois de 2014 et 2015, cet engagement est obligatoire pour toutes les collectivités dont les achats dépassent 100 millions d'euros annuels, rappelle l'association.

5. PACA — 7,6

Calanque de Port-Miou, non loin de Marseille, préfecture de la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur. Gérard Colombat/Flickr

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur arrive en tête sur l'agriculture. Elle obtient un excellent score pour la production biologique, passée de 20,1% de surface agricole utile (SAU) à 28,8% en trois ans, soit une croissance annuelle de 2,9%. C'est un niveau bien supérieur aux autres régions. Le PACA, déjà premier en 2016, semble avoir bénéficié d'un écosystème déjà en place, facilitant le développement de l'agriculture biologique.

En revanche, la région est avant-dernière sur l'énergie, la consommation d'énergie s'affichant en hausse de 0,9% par an, "alors qu'il y a urgence à réaliser une baisse annuelle régulière de 1,85 %", souligne l'observatoire. Les projets d’électricité renouvelable y sont aussi très faibles.

4. Pays de la Loire — 8,1

Nantes, ville la plus peuplée et préfecture de la région Pays de la Loire. ahtcx/Pixabay

Seulement 10e sur la biodiversité, en raison de la forte pollution des eaux de surface par les nitrates et l'importante artificialisation de ses sols, les Pays de la Loire figurent en tête pour ce qui est de la santé environnementale. Les épisodes de pollution de l'air y sont restés stables, limités à trois jours par an en moyenne. Et la région se distingue dans la baisse d'utilisation des pesticides (-4,8%), toute proche de l'objectif fixé par l'État d'une réduction annuelle de 5%.

3. Nouvelle-Aquitaine — 8,4

Le Cap Ferret, en Gironde, dans la région Aquitaine. Oliwan/Wikimedia Commons

Dernière sur le bâtiment, secteur pour lequel "tout reste à faire" dans la région, la Nouvelle-Aquitaine fait beaucoup mieux sur l'énergie : elle se hisse en deuxième position grâce à sa production d'énergie renouvelable. Elle est en outre troisième sur la biodiversité, l'agriculture et les transports.

2. Centre-Val de Loire — 8,8

Orléans, capitale de la région Centre-Val de Loire. Anthony Bourgouin/ Wikimedia Commons

La région est première dans la catégorie "transports", grâce notamment à la croissance du trafic voyageurs de ses TER, de 26% en moyenne par an, ainsi qu'à la baisse du trafic aérien (-0,2%), le Centre-Val de Loire étant la seule région où cet indicateur diminue.

Elle figure aussi en tête pour les achats publics responsables, grâce à un Spaser (Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables) "très bien détaillé" et bien structuré. La région est également deuxième sur la santé environnementale, avec une baisse significative de l'utilisation des pesticides, de 2,4 % par an en moyenne.

1. Grand Est — 10,3

Strasbourg, chef-lieu de la région Grand Est.  Miquel Fabre/Flickr

La région se trouve largement en tête sur l'énergie. Elle doit cette première place à la nette baisse de sa consommation d'énergie, de 2,3% en moyenne par an, soit un niveau supérieur à l'objectif national de 1,9%, selon l'EnviroScore. Sa consommation d'énergie fossile recule aussi de 3,3% par an, un résultat cette fois-ci inférieur à l'objectif de réduction annuelle de 5,5%, mais qui reste plus élevé que les baisses affichées par les autres régions.

À noter que le projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure, dans lequel est engagée la région, n'a pas été intégré dans le calcul de son score.

Le Grand Est se classe par ailleurs troisième dans les catégories "bâtiment" et "achats publics". Dans leur ensemble, les régions ont encore d'importants progrès à faire pour accélérer la transition écologique de la France.

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