737 Max : des actionnaires de Boeing poursuivent le conseil d'administration, dénonçant une gestion 'négligente'

Le capteur d'angle d'attaque, situé en bas au centre, sur un 737 Max à l'usine Boeing de Renton, à Washington, aux États-Unis, le 27 mars 2019. REUTERS/Lindsey Wasson/File Photo

Une nouvelle poursuite intentée par des actionnaires accuse les membres du conseil d'administration de Boeing d'avoir ignoré les signaux d'alarme répétés lors de l'élaboration du 737 Max. La plainte, déposée par Kirby Family Partnership LP — qui affirme détenir des actions de Boeing depuis 2018 — soutient également que le conseil d'administration de Boeing n'a pas enquêté correctement sur le rôle du système anti-décrochage de l'avion,  appelé MCAS, après le premier crash du Lion Air Flight 610 en Indonésie en octobre 2018, selon un article de Bloomberg. Le deuxième crash — le vol 302 d'Ethiopian Airlines — s'est produit cinq mois plus tard.

La plainte soutient que Boeing s'est empressé de mettre l'avion sur le marché, omettant ainsi de tester l'appareil ou de former correctement les pilotes. Boeing a annoncé le programme 737 Max — une nouvelle génération remotorisée du 737 déjà existant — en 2011 après avoir initialement envisagé de concevoir un nouvel avion. Toutefois, après l'annonce de la sortie du nouvel A320neo d'Airbus en 2010, qui a conduit American Airlines, un ancien client exclusif de Boeing, à commander ce nouvel avion, Boeing se serait empressé de concevoir le 737 Max afin d'éviter de perdre davantage de potentielles commandes.

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En plus de l'immobilisation au sol de la flotte mondiale de 737 Max depuis le deuxième crash — qui a déjà conduit Boeing à provisionner près de 5 milliards de dollars — les actions du conseil ont nui à Boeing "par la perte de crédibilité sur le marché, une mauvaise réputation et des milliards en coûts et responsabilités potentiels des entreprises", affirme la plainte. 

Les rapports préliminaires sur les deux crashs qui ont mené à l'immobilisation — le vol 610 de Lion Air et le vol 302 d'Ethiopian Airlines — indiquent qu'un système automatisé s'est enclenché par erreur et a forcé les avions à pointer le nez vers le bas, à cause d'un problème dans la conception du logiciel du système. Les pilotes n'ont pas été en mesure de reprendre le contrôle de l'appareil.

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Le système s'est enclenché car il pouvait être activé par une seule lecture du capteur — dans les deux collisions, on soupçonne les capteurs d'avoir échoué, et d'avoir envoyé des données erronées à l'ordinateur de vol et, sans vérification en place, d'avoir déclenché le système automatique.

Le système automatisé, le MCAS (Système d'Augmentation des Caractéristiques de Manoeuvre) a été conçu pour compenser le fait que le 737 Max possède des moteurs plus gros que les générations précédentes de 737. Ces moteurs plus gros pourraient positionner le nez de l'avion vers le haut, ce qui entraînerait un décrochage — dans une telle situation, le MCAS pourrait automatiquement pointer le nez vers le bas pour annuler l'effet de la taille du moteur.

Version originale : David Slotnick/Business Insider

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