Les arguments de Leclerc en réponse à l'amende réclamée par Bercy

Hypermarché E.Leclerc en Île-de-France, le 24 novembre 2018. Business insider France/Elisabeth Hu

Le groupe E.Leclerc a décidé de contre-attaquer après l'annonce hier de l'amende record de 117,3 millions d'euros que Bercy souhaite lui infliger pour "pratiques commerciales abusives". Dans un communiqué de presse publié hier sur son site, le distributeur annonce sa décision de saisir la Cour de justice de l'Union européenne. Sur quel fondement ? Leclerc considère qu'en lui "reprochant de s'être allié à d'autres distributeurs européens, les pouvoirs publics français contreviennent à la législation européenne qui a pour but de favoriser ces échanges et d'encourager ces partenariats".

Dans ce même communiqué, le distributeur estime également que tous les secteurs ne sont pas logés à même enseigne : "à plusieurs reprises ces derniers mois, les autorités françaises ont soutenu des rapprochements dans les domaines de la téléphonie, du multimédia, du transport, de l'automobile, de l'équipement, de le construction navale, de la banque et de l'assurance." Enfin, Leclerc précise que ces partenariats européens sont utiles pour "négocier ou acheter des produits à des grandes sociétés mondiales ou européennes qui voudraient pratiquer des tarifs différents selon les pays et les consommateurs, contrairement à l'esprit du marché unique".

'La loi française n'est pas respectée par Eurelec'

Du côté du ministère de l'Économie et des Finances, on réagit à l'annonce de la contre-attaque de Leclerc. Le directeur de cabinet de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) Loïc Tainguy a indiqué aux Echos "qu'à partir du moment où le dommage économique est en France, c'est la loi française qui s'applique". Ce dernier affirme également que "notre enquête démontre que la loi française n'est pas respectée par Eurelec et qu'un nombre croissant de fournisseurs de Leclerc sont obligés d'en passer par là, de 4 en 2017, à 14 en 2018 et 27 pour les négociations 2019."

Eurelec, la centrale d'achat commune avec l'allemand Rewe et basée en Belgique, est effectivement à l'origine du problème pour les autorités françaises. Pour rappel, Bercy a décidé d'infliger une amende record de 117,3 millions d'euros à Leclerc pour des pratiques commerciales jugées abusives. Suite à une longue enquête de la DGCCRF, le distributeur est accusé d'avoir fait pression lors des négociations 2018 sur ses fournisseurs via sa centrale d'achat Eurelec afin de tirer les prix d'achat des marchandises vers le bas. Trois autres entités chapeautées par Leclerc — Scabel, Galec, ACDLec — sont également visées par l'assignation du ministère.

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