Les autorités sri-lankaises voient "un réseau international" derrière les attentats du dimanche de Pâques

L'église St Anthony à Colombo, au Sri Lanka, le 22 avril 2019, après les attentats du dimanche de Pâques. REUTERS/Dinuka Liyanawatte

Le président du Sri Lanka va demander l'aide de la communauté internationale pour démasquer d'éventuelles complicités étrangères dans la série d'attentats commis par sept kamikazes qui ont fait 310 tués et quelque 500 blessés, selon un nouveau bilan mardi. "Les informations des services de renseignement (montrent) que des organisations terroristes sont derrière des terroristes locaux. En conséquence, le président va demander l'assistance des pays étrangers", annonce un communiqué de la présidence.

Selon un porte-parole du gouvernement, ces attentats dont la responsabilité n'a pas été pour l'instant revendiquée ont été commis grâce à la collaboration d'un réseau international. "Nous ne pensons pas que ces attaques ont été commises par un groupe de personnes cantonnées à ce pays", a déclaré Rajitha Senaratne. "Il y a un réseau international sans lequel ces attaques n'auraient pas pu réussir", a-t-il ajouté.

Les autorités ont proclamé l'état d'urgence lundi. La déclaration d'état d'urgence accorde à la police et à l'armée des pouvoirs élargis, notamment la possibilité d'arrêter et d'interroger des suspects sans autorisation préalable de la justice. Ce régime a été en vigueur pendant plusieurs périodes de la guerre contre les séparatistes tamouls. La présidence affirme qu'il n'empiétera pas sur la liberté d'expression dans le pays.

Un ressortissant syrien fait partie de la quarantaine de personnes interrogées par la police sri-lankaise dans le cadre de l'enquête sur les attentats, ont déclaré mardi à Reuters trois responsables du gouvernement et de l'armée. "L'unité antiterroriste a arrêté un ressortissant syrien pour lui poser des questions", a déclaré un des responsables. Deux autres responsables ont confirmé cette information, l'un d'eux précisant qu'il avait été interpellé "à la suite de l'interrogatoire de suspects (sri-lankais)".

Trois enfants d'un milliardaire danois tués

Les autorités sri-lankaises ont fait savoir que 32 ressortissants étrangers, britanniques, américains, turcs, indiens, chinois, danois, néerlandais et portugais, figurent parmi les victimes. Un Français a aussi été tué, ont indiqué lundi soir les autorités locales.

Trois des quatre enfants d'Anders Holch Povlsen, considéré comme l'homme le plus riche du Danemark, ont péri dans ces attentats, a annoncé lundi un porte-parole de la société de confection Povlsen. Le porte-parole n'a pas fourni de précision, la presse danoise rapportant que la famille se trouvait en vacances au Sri Lanka lors des attentats.

Anders Holch Povlsen est propriétaire de la société de confection Bestseller, qui compte des marques comme Vero Moda et Jack & Jones, est actionnaire majoritaire de la société de vente en ligne Asos et possède des parts dans Zalando. Selon le magazine Forbes, Anders Holch Povlsen détient plus de 1% des terres de l'Ecosse.

Risque de violences communautaires 

Le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a indiqué que son gouvernement avait reçu des informations laissant craindre des attaques contre des églises par un petit groupe islamiste local. Un rapport des services de renseignement daté du 11 avril mettait en garde les autorités contre un tel risque. Quatre des bombes ont explosé presque en même temps dimanche vers 08h45 tandis que les deux autres ont été déclenchées une vingtaine de minutes plus tard. Les attaques menées lors du dimanche de Pâques ont visé deux églises et quatre hôtels à Colombo et aux alentours. Une troisième église a été touchée sur la côte nord-est du pays.

Les forces de sécurité avaient mené dimanche après-midi une perquisition dans une maison de Colombo où s'est produite une explosion provoquant la mort de trois policiers. L'armé sri-lankaise, qui conduisait des opérations de sécurité à l'aéroport de Colombo avant le retour du président Sirisena, a découvert une bombe artisanale près de l'entrée des départs, a annoncé un porte-parole militaire. Les soldats ont maîtrisé l'engin. Lundi, 87 détonateurs ont été découverts dans une gare de bus de Colombo, située à mi-chemin entre les hôtels et les églises frappés par les attentats.

Ces attentats laissent craindre une reprise des violences communautaires dans le pays et la police a annoncé dimanche soir qu'une mosquée dans le nord-ouest avait prise pour cible par un jet de cocktail Molotov. Des incendies criminels ont été commis contre deux commerces appartenant à des musulmans dans l'ouest.

Le pays compte environ 22 millions de catholiques tandis que les communautés musulmane et hindoue représentent respectivement huit et douze pour cent de la population.

Le département d'Etat américain a publié un appel à la prudence à l'adresse de ses ressortissants, affirmant que des "groupes terroristes" travaillaient probablement à de nouvelles attaques. Lundi, des soldats en armes avaient été déployés devant les principaux hôtels de Colombo ainsi que devant le World Trade Centre dans le quartier des affaires. Le gouvernement a bloqué l'accès aux réseaux sociaux et sites de messagerie, comme Facebook et WhatsApp.

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