Les banques européennes se féminisent mais on est encore loin de la parité

Bloom Productions/ Getty Images

De plus en plus de femmes parviennent à accéder aux plus hautes fonctions dans le monde de la finance. La nomination à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) de Christine Lagarde, ancienne ministre de l'Economie sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en est l'illustration. Elle est ainsi la première femme à occuper le poste de présidente de l'institution, depuis le 1er novembre 2019. De plus, elle a cédé sa place de directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) à une autre femme, la Bulgare Kristalina Gueorguieva.

Aux Etats-Unis, avant que Jerome Powell ne reprenne les rênes de la Réserve fédérale (Fed), une femme — Janet Yellen — avait également été pour la première fois présidente de la banque centrale du pays. Au sein des banques européennes, on peut aussi constater cette tendance à la féminisation des postes à responsabilités. Selon une étude de L’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises, dévoilée le mardi 5 novembre, on retrouve 168 femmes parmi les 487 membres des conseils d'administration des 35 plus grandes banques du Vieux Continent en 2018, ce qui représente 34,49% des administrateurs.  

Il y a 10 ans, lorsque le monde plongeait dans la crise financière, elles étaient moitié moins au sein des conseils d'administration, seulement 86 sur 546 membres, soit 15,75% des administrateurs. Contrairement à 2008 — à l'époque six établissements n'avaient aucune femme au sein de leur conseil, dont la banque française Natixis — toutes les banques comptent au moins une administratrice en 2018 et 25 sur 35 comptent 30% ou plus de femmes administratrices.

Seules 2 femmes présidentes, aucune directrice générale

Il y a 10 ans, 22 banques sur 35 ne comptaient en outre aucune femme dans leur comité exécutif. L'an passé, seules quatre étaient encore dans ce cas de figure, dont l'établissement néerlandais ING et le groupe bancaire italien Banco BPM. Au total, 81 femmes figurent parmi les 409 membres des comités exécutifs, soit un peu moins de 20% des effectifs, contre seulement 22 femmes présentes en leur sein en 2008 sur 304 membres (7,23%).

Capture d'écran de l'étude de l'école Skema sur la diversité dans les instances de gouvernance des banques européennes. Skema Business School

Si les femmes sont bien mieux représentées qu'auparavant dans le secteur bancaire, la parité est encore loin d'être atteinte au sein des fonctions exécutives. Et cela peut poser problème pour faire entendre leurs voix. "De nombreux travaux en sociologie et en management insistent sur la nécessité d’atteindre une taille critique de 30% pour qu'un groupe social influence une organisation", précise Michel Ferrary, professeur de management des ressources humaines et auteur de l'étude. 

En 2018, seules deux banques sur 35 — l'espagnole Santander et la norvégienne DNB —avaient une femme comme présidente. Et aucune d'entre elles n'avaient de femme au poste de directeur général.

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