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Les consommateurs victimes de fraude seraient de moins en moins remboursés par leur banque

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Les consommateurs victimes de fraude seraient de moins en moins remboursés par leur banque
© Rupixen/Pixabay

Près d'un tiers des victimes de fraudes n'ont pas été remboursées par leur établissement bancaire sur les douze derniers mois, un chiffre en augmentation malgré une réglementation plus protectrice pour les consommateurs, a alerté jeudi 22 octobre l'association UFC-Que Choisir. Au total, 30% des victimes de fraudes n'ont pas été remboursées cette année, montre une enquête réalisée par l'association de défense des consommateurs, contre 26% l'année précédente ou 20% selon un chiffre du ministère de l'Intérieur diffusé à l'époque.

Cette enquête a été réalisée entre le 2 et le 9 septembre auprès de 1 535 consommateurs victimes de fraude au cours des douze derniers mois et abonnés à la newsletter de l'UFC-Que Choisir. Pour Matthieu Robin, chargé de mission secteur financier pour UFC-Que Choisir, interrogé par l'AFP, cette diminution des remboursements est d'autant plus préoccupante "sachant que le cadre juridique est largement amélioré pour les consommateurs qui sont victimes de fraudes aujourd'hui".

Les banques 'en retard' pour la sécurisation des transactions en ligne

Depuis le 14 septembre 2019, le recours aux codes à usage unique comme moyen d'authentification sur internet n'est en effet plus jugé suffisant et la victime ne peut plus être accusée de négligence, seul motif permettant aux banques d'être exonérées du remboursement de la fraude. Dorénavant, un mot de passe ou un système de reconnaissance digitale doivent être utilisés. Mais selon UFC-Que Choisir, seuls 46% des consommateurs sont équipés d'un "dispositif d'authentification forte".

"Les banques sont en retard pour la sécurisation des transactions à distance", a pointé l'association dans un communiqué, qui dénonce "des manoeuvres pour échapper à leur obligation de rembourser les sommes dues aux victimes".

L'essor du sans contact facilite la fraude

Sollicitée par l'AFP, la Fédération bancaire française a balayé les accusations en expliquant qu'une fois la fraude révélée par le client, "chaque banque s'organise ensuite pour apprécier la situation, selon les circonstances et le type de fraude, et assurer le traitement".

Ces fraudes, qui concernent principalement les paiements sans contact et les paiements en ligne, pourraient augmenter de 20% cette année et atteindre 600 millions d'euros, portés par le confinement qui a engendré une utilisation accrue de ces moyens de paiement.

D'autant plus que le plafond du paiement sans contact a été relevé à 50 euros et que même l'opposition de la carte ne permet pas de bloquer ce système de paiement, tant que le plafond n'est pas atteint, c'est-à-dire jusqu'à 150 euros cumulés ou cinq transactions.

À lire aussi — Société Générale et les autres banques chutent en Bourse après les révélations des 'FinCEN Files'

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