Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Les 'cocaïne hippos' de Pablo Escobar sont certes envahissants, mais ils sont aussi bénéfiques selon les scientifiques

Les 'cocaïne hippos' de Pablo Escobar sont certes envahissants, mais ils sont aussi bénéfiques selon les scientifiques
© REUTERS/Daniel Munoz

Le baron de la drogue Pablo Escobar était épris des quatre hippopotames qu'il gardait au zoo illégal de sa luxueuse propriété colombienne. Lorsqu'il a été abattu en 1993, les hippopotames ont été livrés à eux-mêmes. Et, jusqu'à présent, ils ont prospéré. Il y a maintenant jusqu'à 100 "cocaïne hippos" dans la principale rivière du pays, la Magdalena, a déclaré Jonathan Shurin, un biologiste de l'université de Californie, au National Geographic. "D'ici une vingtaine d'années, ils pourraient être des milliers", a-t-il ajouté.

Les animaux — comme Escobar lui-même — ont causé quelques problèmes au gouvernement colombien. Ils sont considérés comme une espèce envahissante, et pourraient éventuellement déplacer d'autres animaux, comme les loutres et les lamantins. Ils ont également tendance à défendre leur territoire et sont parfois agressifs. Ils n'ont toutefois jamais blessé sérieusement quelqu'un.

Les hippopotames, originaires d'Afrique, ont également un impact sur le paysage. Ils se nourrissent sur la terre et excrètent dans l'eau, ce qui modifie sa composition chimique, rapporte le National Geographic. De plus, ils sont si grands que leurs mouvements peuvent modifier la structure des sols humides. Il est coûteux et dangereux de les déplacer ou de les castrer et, lorsqu'un hippopotame a été tué en 2009, le public a été indigné. L'abattage n'est donc pas vraiment une option.

Pour un projet de recherche financé par la National Geographic Society, Jonathan Shurin a fait équipe avec Nelson Aranguren-Riaño, de l'Universidad Pedagógica y Tecnológica de Colombia. Les scientifiques ont comparé des lacs artificiels, avec et sans hippopotames. Ils ont trouvé de légères différences, rapporte National Geographic. "Les lacs où vivent les hippopotames ont une composition chimique et biologique différentes de celles des lacs où ils ne vivent pas", a déclaré M. Shurin à propos des recherches publiées en janvier.

Mais, s'ils causent des problèmes, certains scientifiques regardent le bon côté de l'introduction dans la région des animaux bien-aimés du baron de la drogue.

REUTERS/Albeiro Lopera

Dans une lettre publiée en 2017 dans la revue Perspectives in Ecology and Conservation, Jens-Christian Svenning, un biologiste de l'université d'Aarhus, au Danemark, a fait valoir que les hippopotames pourraient contribuer aux "services écosystémiques". L'Amérique du Sud a perdu des dizaines d'espèces d'herbivores géants au cours des 20 000 dernières années, et la réintroduction des hippopotames pourrait rétablir les services qu'ils fournissaient autrefois, comme l'acheminement des nutriments de la terre vers l'eau et la conservation des plantes herbacées en les mangeant.

AFP

"Les hippopotames pourraient probablement contribuer à une restauration partielle de ces effets, ce qui bénéficierait probablement à la biodiversité indigène dans son ensemble", a déclaré Jens-Christian Svenning au National Geographic. Outre ce qu'ils peuvent apporter à la biodiversité, leur simple survie est un exploit en soi, a déclaré au magazine Arian Wallach, une écologiste de l'Université de technologie de Sydney. "Le fait qu'il y ait des hippopotames sauvages en Amérique du Sud est une merveilleuse histoire de survie, de pionnier."

Version originale : Business Insider/ Haven Orecchio-Egresitz

Business Insider
Découvrir plus d'articles sur :