Les coronavirus de chauves-souris pourraient infecter plus de 400 000 personnes par an, selon une étude

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Les coronavirus de chauves-souris pourraient infecter plus de 400 000 personnes par an, selon une étude
Une équipe de chercheurs installe un filet pour attraper des chauves-souris dans la grotte de Khao Chong Pran, le 12 septembre 2020 à Ratchaburi, en Thaïlande, lors d'une mission visant à comprendre les origines du coronavirus. © Lauren DeCicca/Getty Images

Selon une nouvelle étude, des virus similaires à celui qui cause le Covid-19 et qui sont transportés par les chauves-souris infectent des centaines de milliers de personnes chaque année. L'étude, menée par des scientifiques de l'organisation américaine à but non lucratif EcoAlliance, estime qu'en moyenne 407 422 personnes sont infectées chaque année par des coronavirus liés au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-r-CoV) provenant de chauves-souris.

Ces personnes pourraient même se compter en millions, ont indiqué les auteurs de l'étude dans un document publié mardi 14 septembre, mais tous ces virus ne sont pas susceptibles de provoquer une maladie ou de se propager chez l'homme, ont-ils précisé. Les résultats de l'étude pourraient être utilisés pour cibler les zones à surveiller, ce qui permettrait d'identifier plus rapidement et plus précisément les virus susceptibles de provoquer la prochaine épidémie humaine, ont-ils ajouté.

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Peter Daszak, président d'EcoAlliance et auteur principal de l'étude, a déclaré que "si l'on peut arrêter le phénomène au niveau des infections individuelles, on a beaucoup plus de chances d'arrêter la prochaine pandémie", selon Bloomberg.

Environ 478 millions de personnes vivent dans des régions où se trouvent les chauves-souris, principalement dans le sud de la Chine, l'est du Myanmar et le nord du Laos, selon les auteurs de l'étude. "Il s'agit de trouver des communautés à l'intérieur des pays qui sont à risque et d'essayer de les empêcher d'être infectées, d'aider les gens dans ces communautés à réduire les menaces pour la santé publique", a expliqué Peter Daszak. Il a participé à l'enquête conjointe sur l'origine de la pandémie de l'Organisation mondiale de la santé et la Chine.

Les chercheurs ont reçu un financement de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, qui fait partie des Instituts nationaux de la santé des États-Unis, un organisme fédéral.

Edward Holmes, professeur de biologie à l'université de Sydney, qui n'a pas participé à la recherche, a déclaré à Bloomberg que cette étude était "probablement la première tentative d'estimer la fréquence à laquelle les personnes sont infectées par des coronavirus liés au SRAS provenant de chauves-souris". "Si les circonstances sont favorables, l'une d'entre elles pourrait éventuellement conduire à une épidémie", a-t-il ajouté.

Les chercheurs ont d'abord identifié 23 espèces de chauves-souris connues pour être porteuses de virus liés au SRAS, puis ont cartographié une zone de 4,5 millions de kilomètres où vivaient ces chauves-souris. Ils ont ensuite pris en compte le nombre de personnes vivant dans la zone, la probabilité d'entrer en contact avec une chauve-souris infectée, le comportement des gens et leur immunité antérieure.

D'autres animaux sont également porteurs de virus

La chauve-souris fer à cheval intermédiaire, R. affinis, avait l'habitat le plus vaste, comprenant environ 1,9 million de kilomètres, une zone où vivent environ 132 millions de personnes, ont indiqué les chercheurs. Les méthodes de l'étude n'ont pas été formellement examinées par des experts dans le cadre d'un examen par les pairs.

L'étude s'est concentrée exclusivement sur les virus liés au SRAS chez les chauves-souris. Mais les virus ne passent pas toujours directement de la chauve-souris à l'homme — il peut y avoir un animal intermédiaire comme les civettes, les chiens viverrins ou les visons, qui sont couramment échangés comme nourriture ou élevés pour leur fourrure dans la région, ont indiqué les chercheurs. Selon Edward Holmes, le risque d'infection par un virus lié au SRAS pourrait être "encore plus élevé si l'on tient compte de toutes les espèces animales 'intermédiaires' possibles."

Version originale : Dr. Catherine Schuster-Bruce/Insider

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