Les déclarations les plus marquantes du 3e débat de la primaire de la gauche

De g. à dr: François de Rugy, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Sylvia Pinel, Benoit Hamon, Vincent Peillon et Jean-Luc Bennahmias à Paris, pour le dernier débat de la primaire de gauche, le 19 janvier 2017. REUTERS/Eric Feferberg

Les candidats à l'investiture présidentielle de la gauche se sont affrontés jeudi soir pour le troisième et dernier débat de la primaire. 

Le premier tour de scrutin est prévu dimanche 22 janvier. 

Sylvia Pinel, Manuel Valls, Vincent Peillon, Jean-Luc Bennahmias, Arnaud Montebourg, François de Rugy et Benoît Hamon ont été interrogés sur la santé, la dette, le protectionnisme, la sécurité, l'international et Emmanuel Macron.

En milieu de débat, ils ont eu droit chacun à une minute de "carte blanche" pour évoquer le sujet de leur choix. 

Nous avons réuni les déclarations les plus marquantes ci-dessous.

La sécurité sociale: tout le monde cotise, mais il y a des personnes qui n'arrivent pas à obtenir le fruit de leurs efforts. Ma proposition est de rendre universel l'accès à la mutuelle complémentaire. — Arnaud Montebourg

Il faut revenir sur les baisses systématiques d'effectifs, en donnant les moyens aux médecins de mieux travailler. — Vincent Peillon

Il faut conforter l'hôpital public, développer les maisons de santé, en finir avec le numerus clausus et supprimer le ticket modérateur. La médecine libérale ne joue plus son rôle dans certains territoires. — Manuel Valls

Les médicaments innovants sont mis sur le marché à des prix exorbitants. Il faudra utiliser la licence d'office et rendre générique immédiatement une médicament dont nous jugeons qu'il est indispensable. — Benoît Hamon

Il faut qu'on passe au peigne fin tous les produits chimiques utilisés dans l'agriculture mais pas que. La France doit mener la bagarre au niveau européen. — François de Rugy

Manuel Valls (g.) et Arnaud Montebourg (dr.) lors du dernier débat de la primaire de gauche, le 19 janvier 2017. REUTERS/Eric Feferberg

Il est impossible de laisser filer le déficit. Il ne faut pas s'engager sur un revenu universel qui demain pèserait sur le budget de l'Etat. — Manuel Valls

Trente ans d'engagement à gauche me fait craindre la gauche qui fait des promesses et finalement déçoit le lendemain. La dette ou le déficit ne sont pas bons pour nous-mêmes. On peut être européen et de gauche et économe. — Vincent Peillon 

Le plus important, c'est la baisse du chômage et l'augmentation de la croissance. Après ça, la dette chute, le déficit aussi. La dette et le chômage, ça monte en même temps et ça descend en même temps. — Arnaud Montebourg

Je suis pour le sérieux budgétaire avec un soutien déterminé et appuyé aux entreprises pour qu'elles puissent créer des emplois. Je propose une réforme structurelle de l'impôt sur les sociétés, et de le passer de 33% à 20%. Il faut revenir à un système juste et progressif. — Sylvia Pinel 

Jean-Luc Bennahmias pendant le troisième débat de la primaire de la gauche. France 2

L'Union européenne que je défends, c'est celle qui aura des protections européennes. Il n'y a pas de raisons que nous n'ayons pas des frontières protégées. Dans le monde dans lequel nous vivons, il faut passer par là. — Jean-Luc Bennahmias 

Faire croire que la relance va être franco-française, c'est une erreur. Attention au protectionnisme: si on se replie, comment va-t-on gagner des marchés à l'étranger? — Vincent Peillon

Il n'y a que l'Europe aujourd'hui qui ne fixe pas ce qu'elle veut protéger. Il faut des écluses aux frontières du marché européen. — Benoît Hamon

Les 100 milliards de commandes publiques, nous allons les flécher vers les PME. Nous allons faire une banque d'encouragement au risque. Et quand c'est nécessaire, je veux que l'on propose une nationalisation. — Arnaud Montebourg

Il faut davantage nous protéger: je veux parler de l'Europe. Je veux affirmer un modèle social européen avec la convergence des normes sociales. — Manuel Valls 

Si l'Europe ne réagit pas, ce n'est pas la France toute seule qui se défendra. — Sylvia Pinel

Sylvia Pinel pendant le troisième débat de la primaire de la gauche. France 2

Nous n'arrivons plus aujourd'hui à 27 à faire avancer l'Europe. Pour que nous ayons du rapport de force, il faut qu'un certain nombre de pays dise comment maintenant nous voyons l'Europe. — Jean-Luc Bennahmias

Je propose un service civique obligatoire de six mois pour les jeunes hommes et jeunes femmes pour s'engager, pour donner, pour faire montre de générosité. — Manuel Valls

Je souhaite que dans le prochain mandat le gouvernement soumette au parlement un projet de loi qui légalise l'euthanasie, l'aide active à mourir, pour ceux qui souffrent de maladie. — François de Rugy

Je souhaite que le droit à mourir dans la dignité soit étendu aux gens atteints de maladies incurables. Je proposerai au parlement de légiférer pour créer ce droit à l'euthanasie. — Benoît Hamon

Je propose de créer un service public des maisons de retraite. Je propose que la transmission des patrimoines soit transformée. — Vincent Peillon

Je voudrai aux quartiers populaires de faire du made in France et qu'il y ait des clauses d'embauche pour faire de la lutte contre les discriminations une cause nationale. — Arnaud Montebourg

Je voudrai lancer un nouveau plan pour l'autisme. — Sylvia Pinel

Benoît Hamon pendant le troisième débat de la primaire de la gauche. France 2

La prison fabrique des délinquants. — Benoît Hamon

Je veux ni impunité pour la délinquance d'en bas, ni impunité pour la délinquance d'en haut. — François de Rugy 

Le vrai problème c'est que le budget de la justice française est 50% inférieur à la moyenne européenne. Il faut créer des postes. J'augmenterai le budget de la justice de 5% par an, soit au total 2 milliards d'euros. — Vincent Peillon

Je propose un congé parental pour le deuxième parent avant la naissance. — François de Rugy 

Il faut lutter contre les stéréotypes et les clichés qui durent depuis l'enfance. Il faut ouvrir la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes sans condition. Sur l'égalité salariale, la loi n'est jamais appliquée. Il faut passer par un système plus coercitif. — Sylvia Pinel

Nous sommes un vieux pays de machos. Ne comptez pas sur les hommes pour faire de la place. La loi est là, appliquons-là. — Jean-Luc Bennahmias 

Arnaud Montebourg avant le troisième débat de la primaire de la gauche, le 19 janvier 2017. REUTERS/Eric Feferberg</>

Bachar el Assad a une responsabilité considérable dans le martyre de son peuple. Il aura à répondre de ses actes devant la justice internationale. — Arnaud Montebourg

C'est à l'Europe à continuer à s'investir dans cette région car c'est aussi notre avenir qui se joue. — Manuel Valls

Cette guerre est aussi une guerre par puissances interposées [l'Arabie saoudite et l'Iran ndlr].  — Vincent Peillon

Ce qui se passe en Syrie, c'est le laboratoire de la politique expansionniste de Vladimir Poutine. — François de Rugy

A force de ne pas prendre au sérieux les mots de Vladimir Poutine, et aujourd'hui de Donald Trump, l'Europe s'est affaiblie. — Manuel Valls

Vincent Peillon lors du troisième débat de la primaire de la gauche, le 19 janvier 2017. REUTERS/Eric Feferberg

[Emmanuel Macron] mène une aventure, franchement tout à fait respectable. A un moment il va sortir de l’ambiguïté. Sa grande famille l'accueillera, l'enfant prodigue. — Vincent Peillon

Il y a quelque chose de confus dans la candidature d'Emmanuel Macron. J'ai besoin de comprendre son programme, quel est-il ? Quand c'est flou, il y a un loup. — Arnaud Montebourg

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