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Les découvertes de la sonde Parker Solar de la NASA pourraient permettre de mieux protéger satellites et astronautes de violents phénomènes solaires

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Les découvertes de la sonde Parker Solar de la NASA pourraient permettre de mieux protéger satellites et astronautes de violents phénomènes solaires
© NASA

La NASA a publié mercredi 4 décembre 2019 ses premières observations issues des données récoltées par la sonde Parker Solar qui a frôlé le Soleil à trois reprises depuis son lancement en août 2018. Ces premiers résultats ont été relatés dans quatre études publiées dans la revue scientifique Nature. Les scientifiques ont appris de nouvelles informations concernant la façon dont le Soleil éjecte constamment de la matière et de l'énergie, ce qui a des conséquences sur la Terre et notre Système solaire.

"Ces premières données de Parker Solar révèlent notre étoile, le Soleil, d'une manière nouvelle et surprenante", a déclaré Thomas Zurbuchen, directeur scientifique de la NASA dans un communiqué de l'agence spatiale américaine. Et d'ajouter : "observer le Soleil de près, plutôt que de beaucoup plus loin, nous donne une vue sans précédent des phénomènes solaires importants et de la façon dont ils nous affectent sur Terre, et nous donne de nouvelles perspectives pertinentes pour la compréhension des étoiles actives dans les galaxies. Ce n'est que le début d'une période incroyablement excitante pour l'héliophysique avec Parker Solar à l'avant-garde de nouvelles découvertes."

Les données de Parker Solar suggèrent que le vent solaire et le champ magnétique du Soleil proviennent de trous froids dans la couronne solaire — la couche la plus externe de l'atmosphère solaire —, où les températures sont d'environ 1,1 million de degrés Celsius. Sur son site internet, l'Observatoire de Paris explique que "le vent solaire est un plasma, c'est-à-dire un gaz constitué principalement d'électrons et de protons mais également d'ions tels que He² et d'autres plus lourds", et qu'il existe du fait que "le Soleil émet en permanence près d'un million de tonnes de matière par seconde dans le milieu interplanétaire".

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Lorsque les particules du vent solaire sortent de ces fameux trous plus froids, elles se déplacent le long des lignes du champ magnétique solaire. Ces lignes font parfois un flip de 180 degrés, pour revenir à leur orientation d'origine en quelques secondes voire quelques heures plus tard. Ces flips libèrent beaucoup d'énergie qui agit sur le vent solaire et l'envoie dans le Système solaire.

Ces nouvelles observations donnent quelques indices aux scientifiques pour répondre à deux questions majeures concernant le Soleil : "qu'est-ce qui fait que le vent solaire accélère lorsqu'il sort dans l'espace ?" et "pourquoi la couronne solaire est-elle jusqu'à 500 fois plus chaude que ses couches intérieures ?".

De plus, "le vent solaire ne serait pas un écoulement laminaire continu, non perturbé, mais serait, en grande partie, constitué de petits jets de matières chaotiques, comme des petits orages", a expliqué Alexis Rouillard, chercheur CNRS à l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie et coauteur des recherches publiées dans Nature, rapporte FranceInfo.

Un danger potentiel pour les satellites et les astronautes

L'étude du vent solaire pourrait aider les scientifiques à mieux anticiper les conséquences des sursauts sur la Terre. En effet, les tempêtes de vent solaire peuvent perturber le fonctionnement du réseau électrique ou provoquer des pannes de satellites, en raison des particules énergétiques qu'elles comportent. "Les réseaux de communication et électrique sur Terre sont maintenant très complexes, du coup les perturbations engendrées par le Soleil pourraient être très graves", a indiqué Stuart Bale de l'université de Berkeley en Californie, coauteur des travaux.

Par ailleurs, ces particules énergétiques peuvent "mettre en danger les astronautes, en particulier ceux qui se trouvent dans l'espace lointain, en dehors de la protection du champ magnétique terrestre", d'autant plus qu'il est difficile d'éviter et d'anticiper ces particules, se déplaçant à une vitesse semblable à celle de la lumière.

Ainsi, ces découvertes pourraient aider les scientifiques à comprendre comment protéger les astronautes et le réseau électrique de la Terre contre les deux événements solaires violents et imprévisibles que sont les tempêtes solaires et les éjections de masse coronale (EMC).

Par ailleurs, les trois premières approches de Parker Solar autour du Soleil ont permis de confirmer une hypothèse émise par les scientifiques depuis longtemps : le fait que le Soleil est entouré d'une zone sans poussière cosmique. On appelle poussière cosmique les minuscules miettes de planètes et d'astéroïdes qui flottent dans l'espace et tombent sur l'orbite des étoiles. Mais cette zone n'est pas comme les scientifiques l'imaginaient.

"Ce qui a été un peu surprenant, c'est que la diminution de la poussière est très lisse. Nous ne voyons aucune diminution soudaine indiquant que certains matériaux se sont évaporés", a déclaré Russell Howard, un astrophysicien qui travaille pour la mission Parker Solar, lors d'une conférence téléphonique, rapporte Business Insider US.

Les scientifiques ont encore de nombreuses interrogations qui restent en suspens, mais heureusement, la sonde doit encore effectuer 21 tours du Soleil et à des distances de plus en plus réduites. Lors de sa dernière approche, elle devrait se situer à seulement 6,4 millions de km de la surface du Soleil.

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