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Les défaillances d'entreprises pourraient bondir de 25% en 2020

Les défaillances d'entreprises pourraient bondir de 25% en 2020
© Barcroft Media/Getty Images

Les mesures de confinement pour enrayer la propagation du Covid-19 mettent à mal l'activité économique. Selon le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, la France va connaître en 2020 sa pire année de récession depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. "Le chiffre de croissance le plus mauvais qui ait été fait par la France depuis 1945, c'est en 2009 après la grande crise financière de 2008 (...) Nous serons vraisemblablement très au-delà" cette année, a déclaré lundi 6 avril le ministre, lors d'une audition par la commission des Affaires économiques du Sénat. Bercy anticipe ainsi une récession supérieure à 2,9% en 2020.

Dans ce contexte, les défaillances d'entreprises devraient bondir, en France mais aussi ailleurs dans le monde. Elle pourraient ainsi augmenter de 25% cette année à cause de la pandémie de coronavirus, selon un baromètre publié lundi par Coface. "Le risque de crédit des entreprises sera en très forte hausse et ce, même si l'on se place dans un scénario où l'activité économique redémarrerait graduellement dès le troisième trimestre" et ne connaîtrait pas de deuxième vague épidémique, souligne l'étude de l'assureur-crédit français.

Les Etats-Unis plus touchés que la France et l'Europe

Ces défaillances devraient exploser aux Etats-Unis (+39%) et au Royaume-Uni (+33%), mais aussi progresser fortement en France (+15%), en Italie (+18%), en Espagne (+22%) et, de façon un peu moins marquée, en Allemagne (+11%). "Dans certains pays, les défaillances d'entreprise réagissent beaucoup plus rapidement et beaucoup plus fortement que dans d'autres à une même variation de l'activité économique", a relevé Julien Marcilly, le chef économiste de la Coface, lors d'une conférence de presse en ligne.

"Cela peut paraître paradoxal de voir les défaillances plus élevées aux Etats-Unis qu'en Europe alors que la récession devrait y être moins marquée", mais aux Etats-Unis, "le secteur des services a davantage de petites structures fragiles avec une profitabilité assez faible", explique-t-il. "Il y a aussi sans doute moins de stabilisateurs automatiques (prestations sociales comme les dispositifs de chômage partiel, par exemple) et de coussins de sécurité pour les entreprises que dans d'autres pays".

Une récession planétaire affectant 68 pays

Enfin, "le choc pourrait être encore plus violent dans les économies émergentes : outre la gestion de la pandémie qui s’annonce plus difficile, ils font en effet face à la chute des cours du pétrole ainsi qu’à quatre fois plus de sorties de capitaux qu'en 2008", d'après l'assureur-crédit, qui avait prévu en janvier une hausse des défaillances au niveau mondial de seulement 2% pour cette année.

Cette augmentation brutale des défaillances d'entreprises se profile sur fond de récession de l'économie mondiale, avec un produit intérieur brut (PIB) planétaire qui devrait diminuer de 1,3%, selon les prévisions de Coface. Les économies de 68 pays pourraient connaître une récession, contre 11 seulement l'an dernier.

L'assureur-crédit entrevoit aussi une contraction du commerce mondial en volume pour la deuxième année de suite, mais qui devrait être beaucoup plus forte (-4,3%) que l'an passé (-0,4%). "On est dans une situation atypique où ce ne sont pas nécessairement les économies industrialisées qui échangent le plus à l'international qui vont être les plus pénalisées, mais celles dont l'économie interne va être grippée pendant un temps très long", explique Julien Marcilly.

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Business Insider (avec AFP)
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