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Les Démocrates devraient obtenir la majorité au Sénat américain après leur victoire dans les deux élections en Géorgie

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Chuck Schumer, le leader des Démocrates au Sénat, et la vice-présidente élue Kamala Harris. © Reuters
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Le Parti démocrate devrait prendre le contrôle du Sénat des Etats-Unis suite aux résultats de deux importants seconds tours de scrutin en Géorgie, ce mardi 5 janvier. Les démocrates Jon Ossoff et Raphael Warnock se dirigent vers une victoire dans leurs scrutins respectifs contre les sénateurs républicains sortants David Perdue et Kelly Loeffler, selon les projections de Decision Desk HQ, le partenaire de Business Insider et d'autres médias web.

Les grands médias américains, dont l'agence Associated Press et les chaînes de télévision, projettent également la victoire de Raphael Warnock, mais attendent que plus de résultats soient connus pour annoncer un vainqueur dans le duel entre Jon Ossoff et David Perdue. A 10h34, heure de Paris, le Démocrate Jon Ossoff comptait presque 8000 voix d'avance, avec plus de 98% des votes comptabilisés.

L'état des dépouillements dans les deux scrutins à 10h34, heure de Paris. Decision Desk HQ

Le Sénat sera désormais composé de 50 républicains, 48 démocrates et deux indépendants qui s'allient avec le parti démocrate, ce qui place chaque camp à 50-50. Mais les démocrates contrôleront en réalité la chambre car la vice-présidente élue Kamala Harris détiendra le vote décisif pour départager les égalités.

Lors de l'élection de novembre 2020, 33 sièges du Sénat étaient en jeu et les démocrates avaient de bonnes chances de faire basculer des sièges en leur faveur en Arizona, au Colorado, dans le Maine et en Caroline du Nord. Des sièges en Géorgie, en Iowa et dans le Montana étaient également dans la ligne de mire du parti. La carte électorale était défavorable pour le Parti républicain au cours de ce cycle électoral. En effet, sur les 35 sénateurs en lice pour une réélection, 12 étaient démocrates et 23 républicains.

Comme tout le monde s'attendait à ce que le sénateur démocrate Doug Jones de l'Alabama perde son siège, les Démocrates devaient arracher quatre sièges aux Républicains pour arriver à une égalité 50-50 et cinq sièges pour obtenir une majorité.

Le chemin le plus probable pour les Démocrates vers la majorité était de regagner des sièges en Arizona, au Colorado, dans le Maine et en Caroline du Nord, et de gagner un siège supplémentaire en Géorgie, en Iowa, dans le Montana ou au Kansas pour arriver à 51-49, selon les prévisionnistes électoraux. Les Républicains devaient également défendre 10 sièges dans des scrutins serrés, tandis que les Démocrates n'ont eu à en défendre que deux.

La mobilisation des Démocrates a payé

Les Démocrates ont finalement renversé des sièges au Colorado, en Arizona et en Géorgie et ont perdu des élections très disputées en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, en Iowa, dans le Maine et dans le Montana.

Les militants démocrates, les législateurs et les collecteurs de fonds ont fait d'énormes efforts pour faire voter les électeurs de leur camp le plus tôt possible dans le contexte de la pandémie de Covid-19, et plus de personnes ont voté par courrier et en personne au cours de l'élection de 2020 qu'à tout autre moment de l'histoire récente.

Le second tour des élections en Géorgie a également connu une participation massive. Selon le US Elections Project, plus de trois millions de personnes ont voté par anticipation en personne ou par courrier avant le jour du scrutin, ce qui représente environ 39 % de tous les électeurs inscrits dans l'État.

Le message confus des Républicains

Les Républicains étaient dans une impasse, tant sur le plan politique que stratégique.

La pandémie de coronavirus a provoqué des crises sanitaires et économiques concomitantes, et le président Donald Trump et son parti n'ont pas tenu leur promesse électorale d'abroger la loi de Barack Obama sur la couverture santé (Affordable Care Act ou Obamacare), et de la remplacer par un autre plan de santé, même lorsqu'ils avaient le contrôle de la Chambre et du Sénat entre 2017 et 2018. La Maison Blanche a également promis pendant des mois de publier une proposition de loi sur la santé, mais ne l'a jamais fait.

L'accusation des Républicains selon laquelle le président élu Joe Biden mettrait en place un système de santé socialiste est tombée à plat étant donné l'opposition du candidat à l'assurance maladie pour tous et son soutien important à Obamacare, que Joe Biden a promis d'étendre avec une option publique.

Alors que Donald Trump a hérité d'une économie forte lorsqu'il a pris ses fonctions, et a connu des taux de chômage historiquement bas pendant plusieurs années, sa cote d'approbation économique a chuté avant l'élection.

Dans les semaines qui ont précédé le second tour des élections en Géorgie, Donald Trump et ses alliés ont également fait des déclarations sans fondement selon lesquelles l'élection de 2020 avait été "truquée" et "volée" et que les résultats étaient illégitimes. Pendant tout ce temps, la plupart des principaux dirigeants républicains sont restés silencieux ou ont activement soutenu les propos complotistes du président.

Des appels au boycott

En Géorgie, les avocats Lin Wood et Sidney Powell, qui soutiennent le parti républicain, ont exhorté les électeurs à boycotter les élections parce que, selon eux, les scrutins étaient déjà "truqués".

Lors d'un rassemblement "Stop the Steal" ("Arrêtez le vol") dans l'état le mois dernier, Lin Wood a dit à une foule de partisans de Donald Trump de ne pas voter pour Kelly Loeffler et David Perdue. "Ne leur donnez pas ça", a-t-il dit. "Pourquoi retourneriez-vous voter lors d'une autre élection truquée, pour l'amour de Dieu ? Réparez ça ! Vous devez réparer ça !"

"J'encourage tous les Géorgiens à faire savoir que vous ne voterez pas du tout tant que votre vote n'est pas sécurisé — et je veux dire cela quel que soit le parti", a déclaré Sidney Powell. "Nous ne pouvons pas vivre dans une république, une république libre, à moins de savoir que nos votes sont légaux et sûrs."

Les membres de l'establishment républicain se sont rapidement distancés de Sidney Powell et Lin Wood et ont dit aux électeurs de les ignorer. Mais ce ne sont pas seulement ces acteurs marginaux qui ont suscité la controverse pour le parti.

Ronna McDaniel, la présidente du Comité national républicain, a semblé être confrontée à une crise qu'elle a elle-même provoquée le mois dernier lorsque, après avoir soutenu pendant des semaines les revendications du président, elle s'est efforcée de persuader les électeurs de Géorgie qui pensaient que l'élection était truquée de participer au second tour des élections au Sénat.

Lorsqu'un partisan de Trump s'est fait l'écho de l'allégation sans fondement du président selon laquelle les machines de vote avaient été trafiquées et avaient illégalement fait passer les votes de Trump à Biden, Ronna McDaniel a répondu : "Nous n'avons pas vu cela dans l'audit, donc nous devons juste ... Nous n'avons pas vu cette preuve, donc nous devrons attendre et voir".

A un autre moment, un électeur a demandé pourquoi ils devraient mettre "plus d'argent et de travail" dans ces élections alors que les deux scrutins étaient "déjà décidés".

Version originale : Sonam Sheth, Eliza Relman, et Grace Panetta/Business Insider

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