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Les dépenses hors-Covid de l'État ont augmenté en 2020 et ça inquiète la Cour des comptes

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Les dépenses hors-Covid de l'État ont augmenté en 2020 et ça inquiète la Cour des comptes
Les dépenses non imputables à la crise ont progressé de 6,7 milliards d'euros en 2020. © Fred Romero/Flickr/CC

L'année 2020 a été hors norme pour les finances publiques, avec une explosion du déficit et de la dette, et pas moins de quatre budgets rectificatifs. La crise sanitaire a coûté près de 93 milliards d'euros au budget de l'État en 2020 (hors périmètre de la sécurité sociale et des collectivités), selon l'évaluation réalisée par la Cour des comptes et publiée dans son rapport annuel sur l’exécution du budget de l'État, publié mardi 13 avril.

"Même si ce chiffre est entouré d’une marge d’incertitude, il rend compte de l’ampleur du coût de la crise et des mesures prises par l’État pour y répondre", souligne la juridiction financière. Les dépenses supplémentaires liées à la crise ont représenté 49,7 milliards d'euros, tandis que les pertes de recettes ont atteint 37,3 milliards d'euros, dont 32,3 milliards de recettes fiscales en moins. Il faut encore y ajouter 5,7 milliards d'euros liés au déficit des comptes spéciaux (comptes d'affectation spéciale, comme celui de gestion des participations de l'État, etc.).

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Mais outre l'effet de l'épidémie de Covid-19, la Cour note que les dépenses non imputables à la crise ont elles aussi progressé de 6,7 milliards d'euros en 2020, "soit une dynamique de croissance proche de celle de 2019 (+7,3 milliards) et bien supérieure à celle de 2018 (+1,5 milliards)".

Cela traduit "une hausse structurelle des dépenses", souligne l'institution, qui s'inquiète, "d'un risque d'effet cliquet" qui ferait que les dépenses de l'État se maintiendraient "à un niveau durablement plus élevé qu’avant-crise, pesant ainsi sur la trajectoire de solde et de dette publics".

Alors que le produit intérieur brut (PIB) a plongé de 8,2% l'an dernier, la dette (115,7% du PIB) et le déficit public (9,2%) ont atteint des records en 2020.

La Cour avance des incertitudes encore fortes pour 2021, sur la durée des mesures de soutien aux ménages et aux entreprises, et d'éventuelles nouvelles dépenses, par exemple si l'État doit mobiliser sa garantie accordée sur certains prêts.

Bercy assure être d'une 'grand vigilance'

Face à ces inquiétudes, le ministère de l'Économie assure qu'il sera d'une "grande vigilance" pour que "ces dépenses de crise ne soient pas pérennisées, d'une part, en ciblant les dispositifs de soutien et, d'autre part, en s'assurant du caractère temporaire de ces mesures", écrit-il dans sa réponse à la Cour jointe au rapport.

Il a d'ailleurs annoncé la semaine dernière des "efforts importants" à venir sur les dépenses publiques, afin de ramener le déficit public sous les 3% en 2027.

Son objectif est de ramener la hausse des dépenses à +0,7% par an en moyenne à cet horizon, contre en moyenne 1% par an entre 2017 et 2019, et +1,4% par an durant la décennie 2010.

Cette trajectoire pourrait faire l'objet d'une évaluation prochaine par la Cour des comptes qui, à la demande du Premier ministre, doit rendre début mai un rapport sur les perspectives des finances publiques.

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