Les députés américains refusent d'offrir une rallonge à la NASA pour explorer la Lune en 2024

Représentation artistique d'astronautes en combinaison spatiale marchant à la surface de la Lune lors d'une mission Artemis. NASA

Donald Trump et son administration rêvaient d'envoyer à nouveau des astronautes américains sur la Lune dès 2024, soit quatre ans plus tôt que ce que la NASA avait initialement prévu. Alors que les nouvelles combinaisons spatiales que porteront les astronautes qui feront partie du voyage viennent d'être dévoilées, le Comité du budget de la Chambre des représentants a refusé d'accorder la rallonge demandée afin d'accélérer le programme d'exploration lunaire, rapporte le site américain Ars Technica.

L'Administration Trump avait demandé une rallonge de 1,6 milliard de dollars pour l'année fiscale 2020. Le budget 2019 de la NASA s'est élevé à 21,5 milliards de dollars, soit 19,2 milliards d'euros. Retourner sur la Lune, à l'aide d'un vaisseau américain, est devenu une priorité pour Donald Trump. Lors d'une réunion du Conseil national de l'espace, à Huntsville dans l'Alabama, en mars 2019, le vice-président américain Mike Pence avait insisté sur cet objectif en déclarant : "nous sommes aujourd'hui dans une course à l'espace comme nous l'étions dans les années 1960, mais les enjeux sont plus importants."

Jose Serrano, président du Sous-comité sur les crédits, la justice et la science de la Chambre de Commerce a déclaré : "je demeure extrêmement préoccupé par l'avancement proposé de cette mission de quatre ans. Les yeux du monde sont tournés vers nous. Nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer. Par conséquent, je crois qu'il est préférable d'utiliser le calendrier initial de la NASA de 2028 afin d'avoir une mission réussie, sûre et rentable pour le bénéfice du peuple américain et du monde."

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Voici les raisons données par les députés pour expliquer ce refus :

  • la motivation principale pour avancer le calendrier de quatre ans semble servir les intérêts politiques de Donald Trump, qui souhaite se faire réélire en 2020 : "pour beaucoup de députés, la motivation semble n'être qu'une motivation politique qui donne au président Donald Trump l'occasion de réussir un atterrissage lunaire au cours d'un éventuel second mandat, s'il est réélu", a déclaré Jose Serrano ;
  • le manque de détails concernant le coût total du programme lunaire Artemis : "à moins que nous sachions ce que cela va coûter au final, il serait irresponsable de faire ce premier pas", a estimé l'élu démocrate. Certains députés ont comparé la perspective de financer une mission à durée indéterminée comme le programme Artemis au fait d'acheter une voiture en faisant plusieurs paiements mais sans connaître le prix total ; 
  • la crainte que l'administration investisse davantage dans le programme Artemis aux dépends d'autres programmes comme le Pell Grant destiné aux étudiants issus de familles défavorisées. 

La Chambre des Représentants et le Sénat doivent désormais finaliser leurs budgets pour l'exercice fiscal 2020 et se mettre d'accord sur un montant, mais on ne sait pas vraiment comment tout ce processus va se dérouler, sachant qu'une enquête en vue d'une destitution du président Donald Trump est actuellement en cours.

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