Les Etats-Unis envisagent de recourir à des sociétés privées comme SpaceX pour envoyer rapidement des hommes sur la Lune

Extrait de "First Man" avec Ryan Gosling dans le rôle de Neil Armstrong. Universal Studios

Pressés par les exploits de la Chine sur la face cachée de la Lune, les Etats-Unis veulent accélérer leurs projets sur notre satellite naturel et envisagent de s'appuyer sur les sociétés privées telles que SpaceX pour le faire, si la NASA et ses sous-traitants actuels sont incapables d'être prêts à temps. Hier, mardi 26 mars 2019, le vice-président américain Mike Pence a déclaré que les Etats-Unis allaient mettre en place "tous les moyens nécessaires" pour renvoyer des astronautes sur la Lune d'ici 2024, soit quatre ans plus tôt que ce que prévoyait l'agence spatiale américaine. "Nous sommes aujourd'hui dans une course à l'espace comme nous l'étions dans les années 1960, mais les enjeux sont plus importants", a ainsi ajouté le vice-président américain lors d'une réunion du Conseil national de l'espace, à Huntsville dans l'Alabama. Le lieu est symbolique puisque c'est là où sont construites depuis les années 1960 les fusées américaines.

Dans ce discours, Mike Pence a directement mis en cause la lenteur et "l'inertie bureaucratique" de la NASA — qu'il a pourtant l'habitude de complimenter —. Il a rappelé le retard cumulé et le dépassement de budget du lanceur lourd Space Launch System (SLS), en cours de construction par Boeing pour l'agence spatiale américaine et qui ne serait pas prête à temps pour un premier vol non habité en 2020. "Nous allons demander à la NASA non seulement de changer de politique, mais d'adopter un nouvel état d'esprit. La NASA doit se transformer pour devenir une organisation plus légère, plus agile et qui rend plus de comptes. Si la NASA n'est pas capable d'envoyer des astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans, nous devons changer l'organisation, pas la mission", a affirmé Mike Pence.

Sans mentionner les noms des sociétés spatiales privées telles que SpaceX ou Blue Origin, le numéro deux américain a ajouté : 

"Si les sous-traitants actuels [ndlr: Boeing, Lockheed Martin notamment] ne peuvent atteindre cet objectif, nous en trouverons d'autres qui y parviendront. Si les fusées privées sont la seule façon de ramener des astronautes américains sur la Lune dans cinq ans, alors ce seront des fusées privées".

SpaceX, l'entreprise spatiale d'Elon Musk, est en train de développer son lanceur lourd, anciennement Big Falcon Rocket (BFR) et rebaptisé Super Heavy/Starship. Selon le calendrier d'Elon Musk, le Starship (partie supérieure habitée du vaisseau) devrait réaliser son premier vol orbital en 2020, puis envoyer un premier équipage autour de la Lune en 2023, avant un vol habité vers Mars en 2024.

Dans ce même discours, Mike Pence a rappelé les grandes ambitions sur la Lune de la Chine, qui est récemment devenue la première nation à faire atterrir un engin spatial sur l'hémisphère de notre satellite naturel non-visible depuis la Terre et qui compte y envoyer un taïkonaute et a souligné que "cela ne devrait pas nous prendre onze ans pour y retourner", alors que les Etats-Unis ont eu besoin de huit ans pour aller sur la Lune la première fois il y a cinquante ans.

En réponse au discours de Mike Pence, Jim Bridenstine, l'administrateur en chef de la NASA, a répondu sur Twitter que l'agence spatiale "est prête à relever le défi d'accélérer la mission vers la Lune, cette fois-ci pour y rester".


La Lune est de plus en plus convoitée par les Etats mais aussi par les sociétés privées pour diverses raisons, comme nous l'avait expliqué Pr. Bernard Foing, directeur du groupe international d'exploration lunaire et astrophysicien de l'Agence spatiale européenne (ESA) : "C'est souvent un mélange de raisons politiques, scientifiques, techniques et désormais économiques, avec la recherche de ressources comme l'eau, les terres rares, de volonté de coopération pacifique entre Etats, d'inspiration des citoyens et d'éducation du jeune public".

Dans le cas des Etats-Unis, "la Lune représente une étape essentielle pour apprendre et développer les techniques et l'expérience nécessaires pour envoyer l'Homme sur Mars", avait affirmé à Business Insider France Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au CNES. Cela devrait se faire dans le cadre du projet de station orbitale Lunar Orbital Platform-Gateway (LOP-G) dont le premier module devrait être lancé en 2022 et le second en 2026.

L'idée de ce programme serait d'en faire une passerelle de ravitaillement en carburant d'atterrisseurs lunaires réutilisables grâce à des vaisseaux-cargos envoyés depuis la Terre. La NASA a d'ailleurs déjà décidé que la prochaine mission lunaire habitée se poserait au pôle sud, une région qui abriterait suffisamment de glace pour permettre la synthèse de carburant sur place.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Voici pourquoi la Lune attire tant les Chinois, les Russes mais aussi Audi et Red Bull

VIDEO: Cette casquette connectée vous permet d'écouter de la musique, sans écouteurs ni enceintes