Les Etats-Unis interdisent les tablettes et les ordinateurs portables sur les vols en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord

Emirates a confirmé être concernée par les nouvelles restrictions. Facebook/Emirates

L'administration Trump a confirmé mardi qu'elle imposait de nouvelles restrictions sur les appareils électroniques que peuvent prendre en cabine des passagers se rendant aux Etats-Unis au départ de 10 aéroports situés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, disant ainsi réagir à des menaces terroristes non spécifiées.

Le département de la Securité intérieure exigera désormais de voyageurs arrivant aux Etats-Unis en étant partis d'aéroports en Jordanie, en Egypte, en Turquie, en Arabie saoudite, aux Emirats Arabes Unis, au Koweït, au Maroc et au Qatar de mettre dans les bagages en soute des appareils électroniques plus gros que des téléphones portables, comme des tablettes, des lecteurs DVD portatifs, des ordinateurs portables et des caméras.

Les aéroports spécifiquement concernés sont ceux d'Amman, du Caire, de Koweït City, de Doha, de Dubaï, d'Istanbul, d'Abou Dhabi, de Casablanca, de Ryad et de Djeddah.

Les responsables de la sécurité ont précisé que cette disposition n'était pas liée à la volonté du président américain Donald Trump d'imposer un gel de l'immigration en provenance de six pays d'Afrique et du Proche-Orient à majorité musulmane.

Une porte-parole du département de la Sécurité intérieure a précisé que le gouvernement ne visait pas de "pays en particulier", ajoutant qu'il s'était fondé sur des "renseignements examinés pour déterminer quels aéroports étaient affectés".

Le 6 mars, Donald Trump a signé une nouvelle version de son décret suspendant temporairement l'entrée sur le territoire des Etats-Unis des ressortissants de six pays musulmans d'Afrique et du Moyen-Orient au lieu de sept précédemment, l'Irak ne figurant plus sur la liste.

Un juge fédéral de Hawaï a mis un coup d'arrêt mercredi dernier à ce décret, à la veille de son entrée en vigueur. Le gouvernement américain a fait appel de cette décision et Donald Trump n'a pas exclu un recours à la Cour suprême pour obtenir gain de cause.

Neuf compagnies aériennes exploitent en tout une cinquantaine de vols par jour vers les Etats-Unis au départ des aéroports concernés: Royal Jordanian Airlines, Egypt Air, Turkish Airlines, Saudi Arabian Airlines, Kuwait Airways , Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways.

Les transporteurs ont jusqu'à vendredi pour se conformer aux nouvelles dispositions, qui resteront en vigueur pour une période indéfinie.

Aucune compagnie aérienne américaine n'est concernée parce qu'aucune n'a de vol direct vers les Etats-Unis au départ des aéroports concernés, ont dit des responsables de la sécurité.

Mais la nouvelle réglementation s'imposera à tout citoyen américain empruntant un vol direct vers les Etats-Unis au départ de l'un des 10 aéroports. En revanche, les membres d'équipage des compagnies affectées sont exemptés.

Les responsables de la sécurité n'ont pas dit pourquoi les restrictions s'appliquaient uniquement à des voyageurs arrivant aux Etats-Unis et pas pour les mêmes vols lorsqu'ils quittent le sol américain.

Le département de la Sécurité intérieure autorisera les passagers à utiliser de gros appareils médicaux lorsque leur état de santé le justifie, ajoutant que les procédures "resteront en place jusqu'à ce que la menace change" et qu'il n'excluait pas de les étendre à d'autres aéroports en fonction des circonstances.

La compagnie Emirates a confirmé être concernée par les nouvelles restrictions, ajoutant cependant qu'elles seront levées le 14 octobre.

Lors d'une conférence téléphonique, des responsables ont dit que les limitations avaient été mises au point à la suite de rapports disant que des groupes terroristes voulaient dissimuler des explosifs dans des appareils électroniques.

Dans un communiqué, le gouvernement se dit "préoccupé par l'intérêt constant porté par des terroristes à viser l'aviation commerciale, y compris des plate-formes de transport, au cours des deux dernières années".

Le gouvernement redoute de voir des groupes terroristes tenter de placer une bombe sur un avion de ligne mais un des responsables a refusé à plusieurs reprises de donner plus de détails au sujet de la menace à l'origine des nouvelles mesures.

Reuters a rapporté lundi que ces dernières étaient envisagées depuis que Washington a eu vent de cette menace il y a quelques semaines.

Des responsables ont précisé que des données recueillies à la suite d'un raid d'un commando américain en janvier au Yemen visant Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) comprenaient des techniques de fabrication d'une bombe.

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