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Les extrémistes auraient plus de mal à effectuer des tâches mentales complexes, selon une étude

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Les extrémistes auraient plus de mal à effectuer des tâches mentales complexes, selon une étude
Des manifestants d'extrême-droite à Charlottesville, aux Etats-Unis, le 12 août 2017. © Anthony Crider/Flickr

Les sociologues abondent en littérature sur les chemins qui mènent des individus à embrasser des opinions radicales. L'éducation, le milieu social, l'âge ou le genre concourent sans doute à la fabrication de nos idées. Mais en partie seulement : les positions idéologiques auraient aussi une explication cognitive, selon une étude de l'Université de Cambridge, relayée par The Guardian. Les scientifiques ont constaté que les personnes aux convictions extrémistes ont tendance à être peu performantes dans des tâches mentales complexes.

L'étude cherchait à évaluer le rôle des dispositions cognitives dans la fabrique des croyances politiques, nationalistes et dogmatiques. Les scientifiques ont ainsi soumis 330 Américains, âgés de 22 à 63 ans, à 37 tâches neuropsychologiques et 22 enquêtes de personnalité pendant deux semaines. Les tâches — mémorisation de formes visuelles, exercices de rapidité, traitement mental complexe et stratégique — étaient conçues pour être neutres, et non émotionnelles ou politiques, explique le quotidien britannique. Résultat : les extrémistes ont tendance à penser le monde en noir et blanc, selon l'autrice principale, Dr Leor Zmigrod.

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Dans leurs conclusions — publiées dans la revue Philosophical Transactions of the Royal Society B — les chercheurs établissent le lien entre les positions idéologiques et la prise de décision cognitive. "Les individus ou les cerveaux qui luttent pour traiter et planifier des séquences d'actions complexes peuvent être plus attirés par des idéologies extrêmes, ou des idéologies autoritaires qui simplifient le monde", constate Leor Zmigrod.

Les dispositions cognitives pourraient supplanter les facteurs démographiques pour expliquer l'adoption d'une idéologie radicale

Les participants sujets au dogmatisme — qui par définition rejettent le doute et la critique — souffriraient carrément d'une perception et d'un traitement des preuves défaillants : "Par exemple, lorsqu'on leur demande de déterminer si des points [dans le cadre d'une tâche neuropsychologique] se déplacent vers la gauche ou vers la droite, il leur faut simplement plus de temps pour traiter cette information et prendre une décision", développe Leor Zmigrod, relayée par The Guardian.

De quoi balayer l'importance des facteurs démographiques dans l'adoption d'une idéologie radicale par un individu ? Pas tout à fait, mais tout de même : "Ce que nous avons découvert, c'est que la démographie n'explique pas grand-chose ; elle n'explique qu'environ 8 % de l'écart (entre deux opinions idéologiques, ndlr)", relève Leor Zmigrod. "Lorsque nous incorporons ces évaluations cognitives et de personnalité, notre capacité à expliquer la variance des visions idéologiques du monde passe soudainement à 30 ou 40 %".

Les chercheurs ont étudié 16 orientations idéologiques différentes. Outre les difficultés cognitives qui mènent à l'extrémisme, ils relèvent une différence de traitement de l'information entre les conservateurs, qui tendent à adopter une stratégie lente et prudente, et les libéraux, plus rapides et moins précis. "C'est fascinant, car le conservatisme est presque synonyme de prudence", observe Leor Zmigrod. "Nous constatons qu'au niveau neuropsychologique le plus élémentaire, les individus politiquement conservateurs... traitent simplement avec prudence tous les stimuli qu'ils rencontrent".

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