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Les femmes effectuent des tâches domestiques non rémunérées pesant trois fois le secteur de la tech dans le monde

Les femmes effectuent des tâches domestiques non rémunérées pesant trois fois le secteur de la tech dans le monde
© Pixabay/SZappi

Les inégalités entre les plus riches de ce monde et les pauvres sont bien loin de se résorber. C'est le constat dressé par Oxfam dans son rapport annuel sur les inégalités, publié lundi 20 janvier. Selon l'ONG, les milliardaires de la planète, au nombre de 2 153, se partageaient en 2019 plus de richesses que 4,6 milliards de personnes. Les 22 hommes les plus fortunés possédaient à eux seuls plus que l'ensemble de la population féminine d'Afrique. En outre, les 1% les plus riches possédaient plus du double des richesses cumulées de 6,9 milliards de personnes, soit 92% de la population mondiale.

"Ce clivage profond s'appuie sur un système économique sexiste et injuste qui valorise davantage la richesse d'une minorité privilégiée, constituée d’hommes principalement, plutôt que les milliards d'heures de travail de soin — non rémunéré ou peu rémunéré — des femmes et des filles dans le monde", estime Oxfam. L'organisation pointe toute une batterie de tâches "essentielles au bien-être des sociétés" et à l'économie, mais qui restent bien souvent non rémunérées.

12,5 Mds d'heures de travail de soin non rémunéré

Les femmes, notamment dans les pays du Sud, s'occupent généralement de la cuisine, du nettoyage, des soins à apporter aux autres ou encore d'aller chercher de l'eau et du bois de chauffage. "La valeur monétaire du travail de soin non rémunéré assuré par les femmes âgées de 15 ans ou plus est d'au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, soit trois fois la valeur du secteur des technologies à l'échelle mondiale", précise Oxfam. Pour établir ce parallèle, l'ONG s'appuie sur les données de la société Forrester, spécialisée dans les études de marché sur le secteur de la tech et qui évaluait à 3 200 milliards de dollars le marché des technologies en 2018.

Au total, les filles et les femmes assumeraient chaque jour l'équivalent de 12,5 milliards d'heures de travail de soin non rémunéré, "et bien d'avantage encore pour des salaires de misère". Autant de temps qu'elles ne peuvent consacrer à d'autres occupations en dehors de leur foyer et pour aller à l'école.

La crise climatique aggrave la situation

Sur les quelques 67 millions de travailleurs domestiques dans le monde, 80% seraient des femmes, souvent "issues de groupes marginalisés, confrontées à des discriminations fondées sur le genre, la couleur de peau, l'origine ethnique". Parmi elles, beaucoup sont contraintes au travail domestique dans des pays plus riches du fait de leur pauvreté et de l'exclusion subies dans leur propre pays.

En outre, seulement 10% de la main-d'oeuvre domestique serait couverte par le droit du travail et plus de la moitié ne bénéficierait pas d'un salaire minimum, ni de limite d'heures de travail.

Oxfam souligne par ailleurs les risques liés au réchauffement climatique, qui devrait encore aggraver la situation et creuser le fossé entre les femmes et les hommes. Jusqu'à 2,4 milliards de personnes pourraient vivre dans des zones où les réserves d'eau sont insuffisantes à l'horizon 2025. Les distances parcourues à pied pour aller chercher de l'eau risquent donc de s'allonger.

Business Insider
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