Les géants de la finance BlackRock et JPMorgan épinglés pour le décalage entre leurs discours et leurs actes sur l'environnement

Gian-Reto Tarnutzer/Unsplash

Les grands gérants de fonds adoptent de plus en plus un discours favorable à la protection de l'environnement. Mais dans les faits, ils sont loin de se montrer toujours vertueux et d'appuyer les décisions en faveur du climat. L'organisation américaine Majority Action pointe du doigt cette contradiction, chez deux d'entre eux notamment, BlackRock et Vanguard, dans une étude repérée par Novethic sur les votes des 25 plus grandes sociétés de gestion au monde lors des assemblées générales en 2019 des entreprises américaines des secteurs de l'énergie et "des utilities" (producteurs et distributeurs de gaz, d'électricité et d'eau).

La plateforme, qui cherche à donner aux actionnaires "les moyens d'obliger les entreprises à respecter des normes élevées en matière de gouvernance, de responsabilité sociale et de création de valeur à long terme", souligne que BlackRock n'a soutenu que cinq résolutions d'actionnaires en faveur du climat, sur les 41 recensées cette année. Vanguard, et ses plus de 5 000 milliards de dollars sous gestion, a de son côté appuyé seulement quatre résolutions climat. Et la filiale de gestion d'actifs de la banque JP Morgan moins de 15% d'entre elles. 

BlackRock s'est déjà fait épingler

Ces votes s'opposent à la rhétorique pro-environnementale déployée notamment par BlackRock. La société américaine, qui compte plus de 6 800 milliards de dollars d'encours sous gestion, a par exemple publié un rapport en avril dernier sur l'évaluation du risque climatique, dans lequel elle invite les grands investisseurs à s'engager avec les entreprises sur cette problématique. 

Larry Fink, le président de BlackRock, n'hésite pas à souligner l'importance de la crise climatique dans sa lettre annuelle aux investisseurs. "Nous faisons le pari que dans un monde où les émissions de CO2 augmentent, les entreprises qui s'y préparent le mieux, qui se concentrent sur le développement durable, seront les plus performantes financièrement sur la durée", assurait-il même dans une interview accordée aux Echos en juillet. 

BlackRock s'est déjà fait épingler récemment par un think tank américain. L'Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA) considère que le gérant de fonds n'en fait pas assez sur la finance verte et dénonce le décalage entre la parole et les actes. Dans une étude publiée début août, il estime que l'exposition aux énergies fossiles des fonds gérés par BlackRock a coûté plus de 90 milliards de dollars à ses clients. 

Voter sur les résolutions d'actionnaires, 'un outil bien plus fort'

Le gérant américain met avant ses actions tout au long de l'année pour inciter les entreprises et leurs dirigeants à faire évoluer leurs activités et réduire leurs émissions polluantes. Si le dialogue avec les entreprises est important, "voter sur la rémunération des dirigeants et sur les résolutions d'actionnaires est un outil bien plus fort pour permettre aux actionnaires de long terme de communiquer l'importance et l'urgence de leur position quand les entreprises n'alignent toujours pas leur stratégie avec des objectifs de décarbonisation ambitieux", estime de son côté Majority Action.

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A l'opposé de BlackRock, Vanguard ou JP Morgan, BNP Paribas, le fonds californien Pimco ou encore la société allemande DWS Group ont soutenu dans plus de 95% des cas les résolutions liées au climat lors des assemblées générales 2019 des entreprises américaines.

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